Nirvana Villa

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Le Cocktal Mai Tai de bienvenue à la Nirvana Villa à base de Cointreau, sucre, citron vert et sirop d’orgeat. Exquis !

Je vous expliquais dans mon article post-minimalisme que j’ai vécu une illumination, au sens propre et figuré, dans la sublime Nirvana Villa à Koh Samui en Thaïlande en début d’année. Sans doute en raison de l’effet « kiss cool » de l’alcool des statues de Bouddha disséminées un peu partout dans la villa ;o)

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Certaines personnes se retirent dans la solitude et dans le silence d’un monastère ou se mettent à arpenter le Pacific Crest Trail pour donner un sens à leur existence, moi, c’est dans un endroit paradisiaque que je l’ai trouvé ou plus exactement commencé à le trouver car il me faudra bien toute une vie pour y parvenir. Ou pas, mais ce n’est pas grave.

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J’ai eu la chance de séjourner dans bien des établissements luxueux, comme The Ritz Carlton à Singapour, l’Aquapura dans la Vallée du Douro, The Shilla à Séoul ou encore The St Regis à Doha, mais je n’ai jamais ressenti un sentiment de bien-être et de paix avec moi-même aussi intense que dans la belle villa de DJ Igor B. (j’ai l’habitude de mettre des pseudos sur mon blog mais j’ai bien conscience que dans ce cas, c’est comme si j’écrivais la villa de DJ David G. ou de DJ Bob S. ;o) Je compte sur le Polonais pour voir avec DJ Igor B. sous quel nom il préfère que je le mentionne), perchée au sommet d’une jungle luxuriante sur l’île de Koh Samui.

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Boire un cocktail avec une paille en plastique, tu n’as pas honte, Koyangi ? Pense à l’environnement et à l’air que tu ingères en sirotant ton verre ! Cela m’est égal, je pollue beaucoup plus en écrivant sur mon blog qu’en utilisant 1’000’0000 de pailles en plastique, cela n’excuse rien mais c’est quelque chose que je tolère très bien à présent d’autant plus quand cela reste exceptionnel

Au départ, je ne voulais pas retourner en Thaïlande. J’ai aimé le premier voyage avec Lui à Phuket, adoré nos vacances avec Lobo et Moumoune à Cha-Am et détesté la troisième visite à Hua-Hin, où la grippe aviaire contractée à Hong-Kong ne m’avait pas aidée à apprécier cette station balnéaire à sa juste valeur. La quatrième fois à Koh Samui m’a réconciliée avec le Pays du Sourire et m’a permis de me libérer de certains principes absurdes érigés en dogmes par les Maîtres des prêts-à-porter de la pensée (Dominique Loreau, Bea Johnson, Inès de la Fressange, Colin Beavan, Kimberly Snyder, Nina Garcia, etc.) que je m’étais appropriés et que je suivais – plus ou moins à la lettre car je ne suis pas parfaite – sans arriver à m’en détacher :

  • Boire du Coca-Cola, c’est mal
  • Utiliser des pailles en plastique, c’est mal
  • Posséder plus d’un seul sac à main et deux paires de jeans, c’est mal
  • Avoir deux parapluies, c’est mal
  • Manger des Snickers, c’est mal
  • Respirer, c’est mal
  • Etc., c’est mal

Attention, je ne dis pas que tous ces auteurs écrivent des inepties, n’est-ce pas ? Certains conseils sont bons à prendre mais pas tous, surtout quand ils ne sont pas adaptés à notre façon de voir les choses.

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Cette assiette que May m’avait préparée pour mon déjeuner alors que j’avais décidé de rester seule à la Villa est symbolique : J’étais en train de verser quelques larmes en lisant les articles sur l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo tout en mangeant (c’est mal ;o)) quand May, inquiète, est venue me demander si elle avait mis trop de piment ;o) Les attentats à Paris m’ont soudain paru très lointains devant tant de bienveillance !

Je dois à la gentillesse de May et du personnel thaïlandais, toujours souriants, prévenants et attentionnés avec nous, ainsi qu’à la beauté lumineuse de la Villa, d’avoir compris que j’étais parfaitement à ma place là où j’étais, qu’il s’agissait moins de « faire » des efforts pour m’améliorer selon la sacro-sainte devise : « Refuse, Reduce, Reuse, Recycle, Rot and only in that order » (Chef, oui, Chef !) de Madame Béa que d’ « être » tout simplement, que je préférais ressentir des émotions plutôt que d’avoir des objectifs ou des chiffres à atteindre, qu’il était en mon pouvoir de décider du monde dans lequel je souhaitais vivre et qu’il m’appartenait de le créer selon mes aspirations.

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Et croyez-moi que j’étais très satisfaite du monde tel que je le voyais à la Nirvana Villa et que je n’aurais pas voulu l’échanger contre l’intérieur froid et aseptisé de Madame Béa plus proche d’une clinique que d’une maison !

Chaque jour, ce n’était que luxe, calme et volupté :

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De solides brunches le matin composés de toasts chauds beurrés, de fruits frais, de saucisses et de bacon grillés, de légumes savamment découpés, de pancakes à la banane (Aaaah, les pancakes de May, miam !) et de congee, la soupe de riz dont je raffole et que May préparait spécialement pour moi à ma demande. Cette femme est fantastique ! Je me rappellerais toujours comme elle m’a serrée avec tendresse dans ses bras au moment des adieux en nous disant que nous étions comme de la famille pour elle et pour le personnel.

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Des massages, des soins esthétiques, des baignades dans le jacuzzi ou dans la piscine à débordement donnant sur une vue imprenable, de la lecture, du farniente au soleil sur les transats et sur les « sunbeds », des jus de fruits frais précédant le déjeuner que l’on sautait le plus souvent pour grignoter des club-sandwiches ou des brochettes de poulet satay en buvant des cocktails et des bières locales dans l’après-midi, quand on ne partait pas se balader.

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De délicieux dîners très élaborés comprenant entrée, plats de résistance et dessert que nous prenions en contemplant le vol des chauve-souris géantes qui zébraient le ciel de leurs ailes de Batman (ou est-ce l’inverse ? ;o)) au son des tokay des geckos et des sifflements des lézards.

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Quelques pas de danse la nuit avec Lui au bord de la piscine sur les super compilations d’albums remixés par DJ Igor B, des parties de billard, des films dans la salle de cinéma vautrés avec les amis sur les matelas des canapés qui rappelaient le monde de l’enfance, tellement nous étions petits dans cet espace immense.

La Nirvana Villa m’a ouvert les yeux sur qui j’étais, sur ce que je souhaitais devenir et sur ce qui était vraiment important pour moi. J’ai découvert que je voulais une vie riche remplie de joie, de beauté et de non essentiel et que j’avais déjà tout ce qu’il faut pour me construire et m’épanouir au plus près de mes valeurs et de mes envies.

Nirvana Villa / Au sommet de la colline près de la Snake Farm / Koh Samui / Thaïlande

Nirvana Villa

Un achat par semaine 15 à 18

A part les produits consommables (nourriture, cosmétiques, produits de soins et d’hygiène), je suis auto-interdite de shopping comme « punition » pour n’avoir pas su me modérer à Lisbonne et pour avoir déjà acheté plus d’une vingtaine d’objets alors que je n’en ai droit qu’à 52 par année, voire 46, si je compte les semaines de Carême où je ne devais rien dépenser.

J’aime bien me compliquer la vie, oui, mais c’est ma manière à moi de réfléchir – ou d’essayer de réfléchir parce que je fais aussi des erreurs d’achats – à ce que je souhaite vraiment acquérir, même si en tant que personne privilégiée et plus que gâtée, rien n’est vraiment indispensable (non, je ne culpabilise pas même si ce n’est pas toujours évident). Par ailleurs, j’attache moins d’importance à la valeur de l’objet qu’à ce qu’il représente pour moi, ce qui explique que je peux aussi bien m’enthousiasmer pour une boîte à repas en métal bon marché que pour un sac Céline hors de prix.

Pas « d’achats » donc (hum hum) pour les semaines 9 à 14 consacrées à Carême, passons donc directement à la semaine 15.

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Achat de la semaine 15. Leaf Tie Cable Organisers Lufdesign*

Lufdesign est une marque créée en 2002 par le designer coréen Tsunho Wang que j’avais repérée à la librairie Kyobo l’année passée à Séoul. Ayant largement dépassé mon quota de nouveaux objets dans ma ville d’origine, je n’avais rien acheté chez eux, me disant que je me rattraperai lors d’un prochain voyage en Corée du Sud pour voir ma famille.

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Alors que je déambulais avec ma copine Madame dans les jolies rues de la ville de Vevey, je suis tombée par hasard sur ces attaches câbles Lufdesign en forme de feuilles à la boutique Balthazar spécialisée dans les gadgets inventifs, la décoration, les cartes postales et les cadeaux. Je ne sais pas pour vous mais à la maison, on est envahi par les câbles électriques pour la télévision, l’ordinateur, l’imprimante, les chargeurs pour iPhone, le Wifi, la machine à café, la console de jeux, etc., rarement esthétiques. Ces liens poétiques, rappelant la nature, permettent de mettre un peu de discipline et d’organisation dans tout ce fatras technologique. On peut s’en servir également pour marquer les bagages ou pour fixer les plantes grimpantes aux tiges de support, ce qui est bien pratique.

Balthazar / rue du Lac 32 / 1800 Vevey / Suisse

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Achat de la semaine 16. Cali Mini Dress Marciano*

Je ne reviendrai pas sur mon manque de goût dont je m’étais expliquée ici. Je comprends toutefois qu’on puisse s’interroger sur ma garde-robe composée de pièces qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, contrairement à ce qui est préconisé dans les ouvrages consacrés à la mode et au style qui conseillent de s’habiller selon une méthode fonctionnelle ou garde-robe capsule, selon sa morphologie (en X, en H, en O, en V ou en W, J, Z pour ce que je m’y connais), selon l’âge du capitaine et son signe astrologique, ou encore selon Cristina Cordula que j’ai de plus en plus de mal à supporter. « Ma chérie, ma chériiiie, ça ne va pas dou tout dou tout, tou fais n’importe quoi ! »

Si cela ne tenait qu’à moi, je vivrais toute l’année avec un T-shirt XXL et des KyBoots aux pieds, c’est dire combien le sujet m’intéresse. Il se trouve cependant que j’habite en milieu urbain sous un climat changeant avec des saisons bien marquées, que j’exerce une profession qui n’a pas de « dress code » particulier hormis une sobriété certaine et l’obligation de « se déguiser en pingouin » pour les réunions et les réceptions importantes (dans ce cas précis, j’enfile ce que j’appelle « mon uniforme »), que je ne m’habille pas de la même manière pour passer un weekend au chalet, pour manger des Ferrero Rocher chez Son Excellence l’Ambassadeur qui ne m’en a jamais offerts (so bad) ou pour dîner dans un restaurant chic avec les femmes canons des amis de Lui, toutes juchées sur des stilettos vertigineux de créateurs et féminines jusqu’au bout des ongles parfaitement manucurés.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il me manquait quelques robes sexy – ou vulgaires, c’est selon – pour parader, telle la cagole de base, sur mes talons de 12 cm. Parfois, je pousse même la provocation à prendre rendez-vous chez Danijela au salon Red Room pour une coiffure éphémère de soirée, c’est dire comme je me la pète ! ;o)

Centre Colombo / Av. Lusiada / 1500-392 Lisbonne / Portugal

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Achat de la semaine 17. Viivi Ankle Boots Marciano

Lui est ma meilleure copine de shopping ! Il a l’œil pour dénicher ce qui me va à coup sûr et fait preuve d’une patience infinie dans les magasins, ce qui est suffisamment rare chez un homme pour être souligné. Nous avons passé deux heures chez Marciano/Guess au centre Colombo de Lisbonne, moi, enfermée dans la cabine d’essayage, tandis que Lui et la  super vendeuse qui s’occupait de moi s’affairaient à choisir ce qui pourrait potentiellement m’aller. J’ai rarement connu un service pareil ! Toutes les vendeuses étaient adorables et l’une d’elles est venue échanger quelques mots en français avec moi, se réjouissant de retrouver sa famille établie dans le Sud-Ouest de la France pendant les vacances.

Pour l’anecdote, Lui a remarqué ces bottines quand il a vu « une bonnasse », selon ses termes, entrer dans la boutique et repartir avec… Chassez le mâle et il revient au galop ! Incorrigible, tss, tss ! ;o) Quant à « la bonnasse » en question, on l’a revue le lendemain au petit-déjeuner de notre hôtel, l’EPIC SANA Lisboa. Le monde est petit…

Centre Colombo / Av. Lusiada / 1500-392 Lisbonne / Portugal

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Achat de la semaine 18. Pochette en cuir JEBEL Inaden Design 

J’ai profité d’être au superbe Musée du Quai Branly à Paris pour l’exposition temporaire « Tatoueurs, Tatoués » (jusqu’au 18 octobre 2015) qui m’a plus intéressée par son contenu que par sa scénographie trop classique à mon goût, pour faire un tour à la librairie du Musée où je me suis attardée longuement sur cette pochette disponible en plusieurs couleurs et des plats tressés en fil de téléphone d’Afrique du Sud.

Ne sachant pas sur le moment quel usage je pouvais faire des plats tressés (zut, ils auraient pu servir de panière. On n’en a plus à la maison), j’ai opté pour cette très belle pochette réalisée à la main dans un atelier familial des hauts plateaux abyssins d’Ethiopie. J’ai été séduite par sa forme simple et épurée ainsi que par la souplesse et la douceur du cuir et je compte l’utiliser pour y mettre mes indispensables de voyage : petit porte-monnaie de Nanjing, carte de crédit, baume pour les lèvres, bonbons Ricola Bergminze (menthe des montagnes) « de la Suisse, naturellement » ;o), etc.

J’aime également beaucoup l’idée de soutenir des produits « made in Africa » et regrette qu’ils soient aussi rares chez nous.

Musée du Quai Branly / Librairie / 37, Quai Branly / Paris / France

*Copyright (c) photos : Lufdesign, Marciano/Guess

Un achat par semaine 15 à 18

Post-minimalisme

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Minimalist Architecture by (c) Christopher Domakis

Le fait d’avoir sciemment raté mon Carême 2015 a été non seulement libérateur mais également révélateur pour moi. Le fait de débuter l’année dans la sublime Nirvana Villa à Koh Samui en Thaïlande aussi. D’ailleurs, il faut que je vous en parle très vite.

Cela a commencé par plein de prises de conscience : la beauté des chambres de la Villa richement décorées, pleines de vie et de couleurs ; les délicieux cocktails que May nous préparaient et que je sirotais en pensant à Madame Béa qui aurait exigé qu’elle retire sur le champ la paille en plastique et l’ombrelle en papier ; l’éloignement géographique et médiatique des attentats de Charlie Hebdo qui n’avaient pas plus de répercussion en Thaïlande que leur crise politique chez nous.

Le concept de Zero Waste Home est super mais il faut mettre les choses en perspective quand on sait que : « L’envoi d’un simple e-mail assorti d’une petite pièce jointe consomme autant d’énergie qu’une ampoule économique de forte puissance allumée pendant une heure, soit environ 24 watts/heure. Or, des e-mails, il s’en échange 50 milliards chaque heure à travers le monde. Ce qui signifie que, chaque heure, le simple trafic de courrier électronique, qui semble pourtant être le mode de communication le plus écologique qui soit, consomme l’équivalent de la production de 15 centrales nucléaires, ou de 400 allers-retours Paris-New York en avion ! Quant à Google, son utilisation équivaut en permanence à la consommation d’une ville de la taille de Bordeaux » (texte tiré d’un article consacré à une émission de France 5 sur la réalité d’Internet). Et je ne parle pas de l’envoi des textos ni de la maintenance des blogs comme le mien qui réclame une quantité astronomique de serveurs qui tournent 24h/24 et 7j/7 pour que Madame Béa, vous et moi puissions y avoir accès afin de parler de minimalisme, de simplicité et d’environnement…

J’ai repensé au mouvement minimaliste, qui pour certains consiste à vivre avec 2 slips et 1 paire de chaussettes ou à compter les objets en se promettant de ne pas dépasser le chiffre fatidique de 33, de 99 ou de 100. Je caricature mais je compte aussi mes affaires ;o) et je suis toujours grosso modo les préceptes de Dominique Loreau.

Minimalism is not defined by what is not there but the rightness of what is and the richness with which it is experienced – John Pawson

Bien entendu, ne pas surconsommer et se débarrasser du superflu est une bonne chose mais je pense qu’il est fondamental d’apprécier la vie telle qu’elle est sans se prendre la tête ni s’encombrer de cette fichue culpabilité judéo-chrétienne qui imprègne notre culture occidentale qu’on le veuille ou non. On va tous mourir au bout du compte, alors pourquoi se figer dans un mode de fonctionnement impossible à tenir (que se passera-t-il le jour où Madame Béa achètera un beau tube de rouge à lèvres, ce que je lui souhaite, ou un sachet de chips ?), pourquoi suivre aveuglément des tendances de pays riches – le minimalisme en est une et s’est même transformé en business – qui ne savent bientôt plus quoi inventer pour compliquer le quotidien ? Quelle est la finalité d’avoir une garde-robe parfaite, une maison parfaite, une alimentation parfaite, une peau parfaite, une silhouette parfaite ? Quelles peurs se cachent derrière ce besoin de tout contrôler ?

J’ai toujours été minimaliste. Quand je suis partie de chez mes parents, j’ai vécu 6 mois avec un matelas par terre et une ampoule au plafond avant que maman, effrayée, décide avec papa de m’envoyer de l’argent pour me meubler alors que je n’en avais pas besoin. Je me suis aussi incrustée dans la vie de Lui (au sens propre, car j’avais résilié mon appartement et qu’il n’a pas vraiment eu le choix ;o)) en débarquant chez lui avec Kimchi le chat et deux valises sous les bras en tout et pour tout.

Cependant, contrairement à celles et à ceux qui réfléchissent au contenu de leur armoire à grand renfort de schémas et de fichiers Excel, je préfère une approche plus spontanée où la notion de plaisir est présente. Le minimalisme n’est en effet pour moi qu’un moyen de faire de l’ordre dans ma vie et non un credo.

Il faut savoir, parfois, dépasser ses propres limites pour retrouver une certaine légèreté, poser un regard bienveillant sur le monde, faire de la place à ce qui est important pour soi, quitte à déplaire, commettre des erreurs et s’autoriser quelques folies. Résolument.

Sinon, ça ne reste que du vide.

Post-minimalisme

Pierre Sang in Oberkampf à Paris

La télévision, souvent décriée, à tort à mon avis, étant donné que rien ne nous oblige à la regarder, a ceci de bien qu’elle permet de connaître des personnalités ou des adresses que l’on n’aurait pas connues autrement. Grâce à Fred Chesneau, alias le Globe-Cooker, j’ai goûté aux meilleurs raviolis du monde chez Din Tai Fung à Kuala Lumpur et si j’ai réservé une table chez Pierre Sang in Oberkampf en mars et au Thoumieux du Chef Jean-François Piège en juin, c’est à M6 et à son émission Top Chef que je le dois.

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Il n’y a évidemment pas de Tour Eiffel ni de bateaux mouches à Oberkampf mais Paris ne serait pas Paris sans la vieille Dame de Fer

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En 2011, Pierre Sang Boyer avait retenu toute mon attention et celle de mes parents suisses en tant que « modèle d’exportation », comme j’aime à le dire pour expliquer que nous avons été adoptés ;o) A part nos origines coréennes et la langue française que nous avons en commun, la comparaison s’arrête là car si je sais préparer des soupes et des salades ainsi que quelques plats asiatiques dont les « Prawns Vanilla Sauce », le plat signature du Chef Alain Nguyen de l’hôtel Anantara à Mui-Ne au Vietnam (ça a l’air pointu comme ça mais il n’y a aucun mystère, j’ai suivi un cours de cuisine avec lui), cela représente bien peu de choses par rapport à notre star des fourneaux.

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Oberkampf, c’est plutôt comme ça mais ça ne parle pas à grand monde en Suisse…

J’ai profité d’une mission professionnelle à Paris pour déjeuner chez Pierre Sang où j’ai été accueillie chaleureusement par une équipe efficace et très sympathique. A ce propos, je ne sais pas si je faisais pitié avec mon air de « touriste japonaise esseulée sans son groupe » ;o) mais je tiens à souligner que les Parisiens que j’ai rencontrés tout au long du weekend ont été charmants avec moi, ce qui ne correspond pas tout à fait à l’image que l’on se fait, à tort ou à raison, en Helvétie.

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Le comptoir de Pierre Sang in Oberkampf

A peine arrivée, on m’a proposé de m’installer au bar pour regarder les Chefs à l’œuvre ou dans une salle plus classique au sous-sol. J’ai choisi le comptoir, même si Pierre Sang était absent, ayant préféré passer son dimanche en famille ce qui est compréhensible. Il va de soi que je n’étais pas venue que pour lui mais aussi pour sa cuisine et j’ai eu le plaisir de faire la connaissance du Chef coréen Lee/Yi/I/Rhi (? Le Chef m’a écrit son nom en Hangeul, alphabet coréen, qui peut être retranscrit de différentes manières) No-Son qui le remplaçait avantageusement.

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Chef Lee No-Son en plein travail. Je n’ai malheureusement pas retenu le nom de la deuxième Cheffe coréenne :o(

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Il n’y a aucune carte chez Pierre Sang, on choisit un menu de 2 à 6 plats, on indique ses allergies ou ses aversions alimentaires et on s’abandonne aux bons vouloirs du Chef. Une formule efficace et astucieuse qui permet sans doute de valoriser les produits frais du jour.

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Dans l’ensemble, je dirais que la cuisine du Chef Sang est plus française que coréenne. La panière, le beurre, les services et le dressage esthétique des assiettes sont là pour rappeler qu’on est à Paris et non dans un « sikdang » (= restaurant en coréen) à Séoul. Par ailleurs, les saveurs d’une très grande subtilité, parfois excessive quand il manque juste un peu d’assaisonnement, tempèrent les ardeurs contrastées de la cuisine coréenne. Ce qu’il faut retenir cependant, c’est l’extrême fraîcheur des ingrédients utilisés. On a affaire ici à des assiettes élégantes et sophistiquées qui tranchent avec le côté « roots » des ardoises, des verres à eau de cantine et des serviettes en papier.

J’ai opté pour la formule freestyle à 5 plats à 35 EUR, un prix imbattable du point de vue rapport qualité-prix en Suisse, où l’on vous facture même l’eau du robinet !

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AMUSE-BOUCHE. Crabe à l’estragon, chou rouge, salicorne et jus de griotte. Comme il n’y a pas de carte, j’ai noté à l’arrache ce que le Chef Lee me décrivait (en anglais) chaque fois que je finissais mon assiette. Une association terre-mer intéressante combinant le goût affirmé du chou rouge croquant à la finesse de la chair de crabe fondante.

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ENTREE. Saint-Jacques rôtie, saladine, raisins secs, pesto, sauce au sésame et sauce aux anchois. La noix de Saint-Jacques était nacrée à la perfection et j’ai apprécié les raisins secs de la garniture même si je n’en suis pas très fan en temps normal. J’ai été impressionnée par la rapidité d’exécution du Chef Lee. Un aller-retour dans la poêle et on envoie !

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PLAT PRINCIPAL. Filet mignon de porc, purée de pommes de terre, maïs, raisin frais, petits pois, poireaux, jus de viande corsé, ssamjang. Ce plat est celui qui m’a le plus enthousiasmée ! La première bouchée de viande m’a expédiée directement en Corée avec son goût de sauce soja et d’huile de sésame si caractéristique. Il faut être un vrai équilibriste pour marier sur le fil du rasoir de la purée de pomme de terre à la pâte de piment coréenne, du filet mignon d’inspiration asiatique à un jus de viande bien bourgeois.

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FROMAGE. Cantal, confit de yuzu, pamplemousse et miel. Pourquoi en faire des tonnes quand on a un excellent fromage ? Je suis pour ce parti pris carré et radical qui va à l’essentiel.

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DESSERT. Dés d’ananas, éclats de sablé breton, glace au yuzu pamplemousse, noisettes caramélisées, jus de griotte. J’ai souri en dégustant mon dessert car j’avais l’impression d’entendre tout ce que le Jury de Top Chef exige des candidats quand ils notent les plats, à savoir du « croquant, du fondant, de la texture, de la couleur, de l’acidité pour apporter du peps, etc. » Contrat largement rempli donc ;o)

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Sur les étagères, des bouteilles d’alcool européen et de bokbunja ju, un vin coréen traditionnel fabriqué à base de framboises noires. Les toilettes (= hwajangsil) sont écrites en Hangeul ;o)

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J’ai été emballée par le restaurant du Chef Pierre Sang où je me suis sentie comme à la maison quand on invite du monde et qu’on discute à la cuisine autour d’une casserole sur le feu. Loin du comportement dédaigneux des serveurs qui jettent littéralement les assiettes à la figure des clients dans certains établissements pour touristes de la capitale française, le personnel est aux petits soins et prend le temps de discuter dans une atmosphère conviviale.

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Le boulevard périphérique vers la Porte d’Orléans. A bientôt, Paris !

Je ne sais plus qui a dit que « la cuisine, c’est de faire plaisir aux gens » (Xavier Koenig, vainqueur de Top Chef 2015 ? ;o)) mais en sortant de Pierre Sang in Oberkampf, j’avais la chanson « Sous le ciel de Paris » d’Edith Piaf qui tournait en boucle dans ma tête. Et c’était bien. Merci Chef !

Pierre Sang in Oberkampf / 55 Rue Oberkampf / 75011 Paris / France

Pierre Sang in Oberkampf à Paris

Bling Bling Fashion

J’ai été récemment questionnée sur Facebook sur mes achats à la boutique Marciano à Lisbonne, Marciano/Guess étant considéré comme « voyant, bling bling, parfois vulgaire et de très mauvaise qualité » alors que je suis supposée « détester la Fast Fashion, aimer les jolies choses et les marques de luxe ».

En préambule, je tiens à préciser que je n’ai pas (trop) mal pris cette réflexion. Je ne peux pas plaire à tout le monde et c’est okay. Cependant, je crois avoir suffisamment répété sur mon blog que je n’étais pas une référence ni un modèle à suivre et que chacun est libre de faire ce qu’il veut et/ou peut de sa vie, pour que l’on ne me prête pas des intentions qui ne sont pas les miennes.

Ceci étant dit, j’assume sans rougir tous mes achats chez Marciano pour les raisons suivantes :

Marciano/Guess, c’est voyant, bling bling et vulgaire. Tous les goûts sont dans la nature ! Je ne peux guère me prononcer sur le sujet étant donné que je n’ai pas pour principe ni pour métier de juger les gens sur leur apparence physique ou sur leurs éventuels « fashion faux pas ». Par ailleurs, si je concède volontiers que mes MBT, mes Birkenstock et mes KyBoots sont d’une laideur remarquable, je revendique le droit de sortir en panoplie intégrale de cagole si je le souhaite. Quant aux marques de luxe, elles ne sont pas toujours synonymes de « bon goût » ni « de chic absolu », Céline, qui est une marque que j’adore, a commis d’étranges escarpins en fourrure pour le printemps 2013 ou encore des ballerines à talon pour cet été qui me laissent perplexe, mais c’est mon avis. Il y a du bon et du mauvais partout ! Guess peut même faire dans la sobriété, c’est dingue, non ? Okay, il faut chercher longtemps ;o)

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Céline SS2013 (c) Internet. Je me demande combien d’escarpins en fourrure ils ont vendu cette année-là
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Photo (c) Internet. On ne peut pas reprocher à Céline le manque d’originalité ! ;o)

Marciano/Guess, c’est de la très mauvaise qualité. J’ai passé en revue les robes que j’ai achetées chez Marciano et n’ai rien vu qui pourrait confirmer cet avis d’une manière empirique : les étoffes sont finement doublées pour la plupart, les étiquettes sont cousues avec soin et pas simplement prises dans l’ourlet avec un zigzag simple, les fermetures éclair sont surmontées d’un petit rivet discret aux encolures, etc. Quant aux Viivi Ankle Boots Marciano, même si la chaussure est étroite et le talon aiguille très haut, elles sont incroyablement plus confortables que mes Louboutin. Attention, je n’affirme pas que toute la production de Marciano/Guess est de qualité ni que les marques de luxe sont exemptées de défaut de fabrication : après un mois, un ami a pu dire adieu à sa ceinture (B*berry ou Louis V., je ne m’en rappelle plus mais je lui demanderai et éditerai mon article en fonction de sa réponse), d’où l’importance de vérifier la qualité par soi-même et ne pas se fier à une « réputation » bonne ou mauvaise.

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Mes bottines vulgaires de cagole : Viivi Ankle Boots Marciano (c) Internet

Je déteste la Fast Fashion. Il ne me semble pas avoir écrit un jour que je haïssais la Fast Fashion mais que j’évitais certaines chaînes de vêtements low cost pour plusieurs raisons, les principales étant qu’on trouve les mêmes enseignes partout dans le monde (quel intérêt d’acheter en Malaisie ce que je peux acheter en Suisse ?) et surtout parce que j’ai été bouleversée par les +/- 1’135 personnes qui ont perdu la vie et les +/- 2’000 blessés dans l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013, en majorité des femmes et des enfants qui se trouvaient dans la garderie de cet immeuble de confection textile. Si en début d’année, « nous étions tous Charlie » et écoeurés, avec raison, par le lâche assassinat de 12 personnes et de 11 autres blessées pour des dessins de presse, je peine à comprendre comment on peut accepter aussi facilement qu’un millier de personnes puissent mourir pour des vêtements et continuer à consommer comme si de rien n’était. La situation semble cependant avoir évolué avec la création d’un fonds pour venir en aide aux victimes et à l’exception de Benetton, Auchan et Carrefour qui refusent toujours d’y participer, je n’exclus pas d’acheter désormais des vêtements chez H&M/Cos et Inditex/Zara même si ce n’est pas prévu dans l’immédiat car j’ai d’autres priorités. Bien sûr, la situation est plus complexe que cela et je vous invite à consulter le site Clean Clothes Campaign pour obtenir des renseignements supplémentaires. Pour en revenir à Marciano/Guess, même si ses fondateurs ont des « goûts de ch*otte » ;o), ils n’en sont pas moins altruistes puisqu’ils ont créé la Fondation Guess en 1994 pour soutenir aussi bien la cause environnementale qu’humanitaire. Ils aident financièrement plusieurs associations comme Best Friends Animal Society, Environmental Media Association, Make-a-Wish, Feed the Children, Susan G. Komen Breast Cancer Foundation ou encore l’association Peace Over Violence pour Denim Day aux USA et bientôt en Europe qui encourage la population à porter un jean un jour dans l’année pour protester contre toutes formes de violence et d’abus sexuels. Rien que pour ça, j’irai acheter un jean chez Guess (un sobre, promis ! ;o)).

Pour finir, Marciano, Guess ou pas Guess, je me sens à l’aise avec mon statut de « bobo bourgeoise vulgaire » (ça en fait des qualificatifs ;o)) et continuerai probablement à faire plein de fautes de goût pour mon plus grand bonheur ! Pour le reste, ce n’est pas important, après tout, ce ne sont que des vêtements…

Bling Bling Fashion