Une action minimaliste par semaine

Le minimalisme, la simplicité volontaire, l’art de l’essentiel, de la simplicité, des listes, de la frugalité et de la volupté © Dominique Loreau, le Zero Waste Home © Béa Johnson, la vie sans impact © Colin Beavan, etc. n’ont plus autant d’attrait pour moi que par le passé. Non pas parce que je fais tout le contraire, bien entendu, mais parce que je n’ai plus envie d’appartenir à une mouvance quelconque dirigée par un « gourou » qui m’explique comment vivre.

Pratiquer la pleine conscience, créer un bel environnement partout où je suis, accomplir des choses qui m’apportent de la joie et qui me rendent meilleure, explorer le monde et ouvrir mon esprit, me nourrir d’aliments qui me font plaisir (graines germées, tofu, chips au paprika ou côte de bœuf, même combat), prendre soin de mon corps et l’aimer, découvrir de charmantes adresses où je me sens bien (cafés, librairies, épiceries, boutiques…), continuer à m’éduquer et à mettre en place des structures pour m’amener à la réussite, voilà ce qui m’importe vraiment aujourd’hui.

Pourquoi y a-t-il autant de variétés de formes, de couleurs et d’espèces d’animaux, d’oiseaux, de poissons, d’insectes, de plantes, de fruits et de légumes dans le monde pour se contenter d’un seul ? La nature, elle-même est abondante, généreuse, riche et variée. L’ascétisme est tout son contraire et je n’ai aucune envie de réprimer mon plaisir et de passer à côté de toutes ces merveilles.

On pourrait arguer du fait que la planète va mal, que l’homme est un loup pour l’homme, que c’était mieux « avant » (avant quoi ou plutôt quand ? La 1ère et la 2ème Guerre Mondiale ? La guerre froide ? L’apartheid ?), que nous courrons tous à notre perte, que le sol est acide, que l’air est pollué, que l’eau est gaspillée, que les abeilles meurent, que Monsanto est un fléau, etc., mais je pense que nous avons le choix de nos actions, du moins dans les pays qui ne sont pas soumis à un régime totalitaire. Chaque jour, nous décidons de lire les atrocités dans la presse de caniveau qui relèvent du fait divers et non de l’information, de remplir le frigidaire de malbouffe, de suivre les diktats de la mode et de la beauté physique, de suivre des diètes fantaisistes, de relayer des images de tortures infligées aux humains et aux animaux, de se complaire dans une attitude négative, de s’endetter. Ou pas.

Par défaut, je continue à intituler cette série d’articles « Une action minimaliste par semaine » même si je ne souhaite pas être confinée dans un mouvement précis avec des règles strictes que je suis incapable d’observer, comme expliqué plus haut.

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Conduire moins, marcher plus

Cela fait un moment que j’effectue plus de 10’000 pas par jour en moyenne même si, une fois de plus, on lit tout et son contraire sur le Net. Il est évident que ce chiffre de 10’000 est symbolique et je ne crois pas qu’une étude était nécessaire pour le démontrer. Cependant, cette recommandation aux origines nébuleuses m’a donné l’impulsion pour délaisser ma voiture au profit de la marche et de mes horribles chaussures thérapeutiques MBT et Kyboot. Je marche pratiquement en toute saison et par n’importe quel temps, sauf quand la chaussée est verglacée (Lausanne est située sur 3 collines, les routes sont donc escarpées. On dit d’ailleurs que les Lausannoises ont les plus belles jambes du pays, ce qui reste encore à prouver ;o)) et me fixe des objectifs pour me motiver : « monter en ville » pour chercher un hamburger ou un produit de beauté (aujourd’hui, c’était du démaquillant H20 Bioderma à la Pharmacie Plus du Flon) pendant la pause de midi, acheter des cerises au marché de Lausanne ou du jus d’orange pressé chez Manor le samedi, photographier les rues et les bâtiments de la ville, aller au travail à pied, rentrer à la maison en longeant le bord du lac, réfléchir à une question qui me turlupine, etc.

Le plus, c’est qu’il s’agit d’une activité gratuite que tout le monde ou presque peut pratiquer.

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Bacon Avocado Beef chez Holy Cow. Boeuf 100 % suisse, bacon, avocado mash, ketchup, confit d’oignons rouges, salade batavia

Consulter des spécialistes et faire fi des idées reçues

A en croire les naturopathes et les fitness gourous, il faudrait bannir à vie le lait, le gluten, le sucre, la caféine, l’alcool, la viande, etc., de son alimentation (il n’y a plus grand-chose à se mettre sous la dent, dis-donc) pour être en pleine forme et plein d’énergie. Afin d’en avoir le cœur net et ne souhaitant pas faire n’importe quoi avec ma santé, j’ai consulté mon médecin spécialisé en nutrition (et pas un/e diététicien/ne) qui, après plusieurs tests et analyses, m’a confirmé que je ne souffrais d’aucune allergie et que je pouvais consommer ce que je voulais sans que cela ne me porte préjudice. J’ai ainsi recommencé à manger des hamburgers que j’évitais bêtement,  influencée que j’étais par les campagnes de lutte contre l’obésité qui sont loin de me concerner. En revanche, je n’ai toujours pas réussi à boire du Coca-Cola normal.

Attention, ce régime alimentaire n’est valable que pour moi et avec l’accord de mon médecin. Je ne fais pas l’apologie de la junkfood mais d’une alimentation équilibrée en fonction de son organisme et de son métabolisme. Ce qui est valable pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres !

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Blue Jean et Blue Lagoon sur les pieds et Popcorn sur les mains – Vernis Akyado, Suisse

Virer tous mes vernis et confier mes ongles à une manucure professionnelle

Disons-le tout de suite, je n’ai jamais été une NPA (Nail Polish Addict) ni une collectionneuse de vernis. Je n’aime pas non plus changer de couleur tous les jours ni passer des heures à appliquer (très mal) un base coat, 2 à 3 couches de vernis et un top coat toutes les semaines, voire deux fois par semaine. Dominique Loreau est bien gentille de conseiller de faire tout par soi-même mais je doute qu’elle soit une experte en manucure quand elle écrit d’appliquer la laque directement sur l’ongle, sans aucune couche protectrice.

Avant que la déferlante NPA débarque sur les blogs beauté, j’allais déjà chez Jessica d’Ongle Attitude pour la manucure au gel qui, après expérience personnelle, n’abime pas plus l’ongle qu’une manucure classique où quantité de produits pas toujours très nets à base de dissolvant et de sèche vite sont utilisés. Quand j’ai arrêté le gel, j’ai simplement attendu la repousse complète de mes ongles qui ont retrouvé leur qualité d’origine et qui n’ont jamais été mous ni cassants.

Après, on peut aimer ou pas la manucure au gel, c’est selon, mais ce que j’apprécie, c’est que mes ongles sont renforcés (ils n’ont jamais été aussi longs et solides que maintenant), que leur forme est parfaite et que la tenue de 4-5 semaines environ est idéale pour mes nombreux déplacements privés et professionnels. Last but not least, j’adore papoter de tout et de rien avec Jessica qui a toujours le sourire. Puis, à l’exception de la crème Dior à l’abricot pour les cuticules, je me suis débarrassée de tout mon kit de manucure (deux vernis OPI, un base coat, un top coat, un repousse cuticules, un stylo correcteur, un dotting tool, une bouteille de dissolvant…) que je ne pouvais plus voir en peinture ! Une bonne chose en moins.

Ongle Attitude / Avenue Villamont 17 / 1005 Lausanne / Suisse

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Me préparer un petit-déjeuner royal

Avec tout ce que j’aime. Des scones tout frais de chez Cuppin’s, une grosse cuillère de crème double de Gruyères pour remplacer le beurre et de la confiture de fraise de la ferme des Borboën à Denges. Rien que du local, du bio, du fait maison, de la qualité et de la gourmandise et pas un gramme de culpabilité !

Une action minimaliste par semaine

De retour

IMG_1053Je reviens sur mon blog après une période de deuil due à la disparition d’un pilier important de ma famille. J’ai vécu un épisode douloureux de ma vie, certes, mais qui a été atténué par le soulagement d’avoir pu dire adieu à la personne aimée et de l’avoir vue relativement en bonne forme avant son départ rapide et sans souffrance selon le médecin qui a assisté, impuissant, à ses derniers instants.

Il y a plusieurs façons de surmonter son chagrin. Certains écrivent leurs sentiments dans leur journal intime ou sur une lettre qu’ils brûlent ensuite, trouvent un réconfort dans la méditation et la prière, appellent les amis ou la famille pour leur demander du soutien ou consultent un thérapeute s’ils se sentent couler. Quant à moi, j’ai accepté que la mort fasse partie intégrante du miracle de la vie au même titre que la naissance (on ne sait pas d’où on vient ni où on va et même s’il n’y a rien, ce n’est pas grave car on ne s’en rendra pas compte), compris que l’on est plus attristé pour soi-même que pour la personne décédée qui n’apprécierait sans doute pas que l’on se mette dans un tel état pour elle (en tout cas, c’est ce que j’éprouverais) et pensé que cela aurait été nettement plus chouette pour tout le monde s’il y avait des téléphones portables au paradis (Dis, Steve Jobs, tu passes tes journées à faire quoi là-bas ?) !

J’ai aussi :

  • Laissé les larmes couler, qui survenaient la plupart du temps quand j’étais seule et au moment où je m’y attendais le moins (pendant mes 10’000 pas quotidiens, derrière mon écran d’ordinateur au travail, à la piscine de l’EPIC SANA Algarve Hotel, lors d’un footing, sur le chemin de retour à la maison), sans les retenir
  • Fait face au deuil en réglant un maximum de tracas administratifs pour la cérémonie d’adieu, bien aidée il est vrai par l’employé des Pompes Funèbres : les fleurs, le faire-part de décès dans les journaux, la réception après la messe, les cartes de remerciement…
  • Gardé ma routine quotidienne même si le moral n’était pas toujours au beau fixe. Je suis ainsi allée travailler le lendemain de la terrible nouvelle. Je me réfugie toujours dans le travail en cas de problème ou de malheur, cela me permet d’oublier ma tristesse en m’occupant l’esprit
  • Marché le plus longtemps possible pour prendre du recul par rapport à la situation
  • Pris l’avion pour partir en vacances en Algarve, à Lisbonne et à Paço dos Arcos au Portugal. Changer d’endroit et de contexte est au final ce qu’il y avait de mieux pour moi
  • Pleuré encore et encore
  • Passé un weekend à Paris
  • Pris soin de ma santé en consultant mon médecin généraliste spécialiste en nutrition qui, après plusieurs tests et analyses, m’a conseillé d’intégrer plein de choses dans mon alimentation – déconseillées d’habitude mais nous avons tous un organisme et un métabolisme différents – que j’évitais comme la peste : le sel et la caféine, y compris le Coca-Cola normal que je peux boire sans conséquence pour mon poids, pour remonter ma toute petite pression et même un hamburger avec des frites si je veux ! ;o)
  • Prêté plus d’attention que d’habitude à la beauté autour de moi : la plage de São Rafael, les falaises de Ponta da Piedade, les forêts de pins parasol, les quartiers animés de Lisbonne, les rues de Paris, la très belle décoration d’intérieur de l’hôtel Thoumieux du Chef Jean-François Piège, les rayons du Bon Marché Rive Gauche, les roses d’Agave Fleurs à Lausanne, etc.
  • Eté entourée de personnes positives : mon Frangin qui m’a fait découvrir le Monaco (bière et sirop de grenadine) aux Brasseurs pendant le carnaval de Lausanne alors que nous venions de sortir, chamboulés, de la chambre funéraire, ma famille et mes amis avec une mention spéciale à Lobo qui a rédigé une très belle lettre pour nous qui étions dans la peine, mes collègues qui se sont montrés fantastiques avec moi avec une carte, une orchidée et un gâteau au chocolat maison, les belles et exquises Mélodie pour un déjeuner chez Paprika et Caroline pour un Odessa Pop au Café Odessa à Paris, Gwendy pour un hamburger chez Crazy Wolf à Fribourg, Cécile que je ne connais pas dans la vie réelle mais qui m’a envoyé une carte et à qui j’ai répondu hier et même ma prof de maths de mon école privée des bonnes soeurs qui est venue à l’enterrement !
  • Dormi de longues heures
  • Pleuré jusqu’à ce que je n’aie plus de larmes. Ca fait du bien !
  • Eté bonne avec moi-même et essayé d’être le plus souvent polie et aimable avec les autres qui me l’ont bien rendu : la gentille dame qui a placé sa valise entre les portes du métro à Paris pour me laisser entrer, le chauffeur de taxi qui s’est levé de son siège pour m’ouvrir la porte à Montparnasse, l’inconnu qui voulait me faire entrer gratuitement dans le métro, les vendeurs extrêmement attentifs et professionnels du Bon Marché et le serveur du Montreux Jazz Café à la Gare de Lyon
  • Eté fière de ne pas m’effondrer même s’il n’y avait aucun mal à ça. Je sais maintenant que je suis une vraie « barbare des steppes » ;o) et que je peux compter sur moi
  • Découvert que, loin du détachement prôné par le bouddhisme, je voulais plus que tout m’attacher aux êtres et aux choses, aimer avec fureur et passion même si ça doit faire mal
  • Pris le temps nécessaire pour me retrouver avant mon retour sur mon blog

La leçon que j’ai retenue de ce mois intense en émotions, c’est que mes jours sont comptés (un cliché que tout le monde connaît mais qu’on oublie trop vite jusqu’à ce que la mort d’un être cher agisse comme une piqûre de rappel et relègue toutes les préoccupations au second plan) et que je souhaite consacrer du temps pour définir qui je suis et ce qui est important pour moi, quitte à déplaire, pour aligner mon existence en fonction de ces deux interrogations. Sans oublier d’ajouter des éléments non-essentiels à ma vie de tous les jours, cela va de soi !

Miss you. Love ❤

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