Jiva Hill Resort

IMG_5911.JPG

Le mois de mai, je suis partie sur l’île de Madère où j’ai rencontré la chicissime Stéphanie de Paris qui se reconnaîtra, j’ai repris l’avion pour m’envoler à Göteborg et suis rentrée pour apprendre que Lui me réservait une surprise… et quelle surprise !

A vrai dire, j’étais dans une période où je n’avais envie de rien sauf de me pelotonner dans mon duvet et de me gaver de noix libanaises devant Game of Thrones, saison 6 et Vikings, saison 4. Je voulais juste disparaître du monde et me vider la tête, ne plus réfléchir et m’abrutir seule dans mon coin, fatiguée par cette impression constante de zapper ma vie depuis que maman n’est plus là.

IMG_5918

Lui a parfaitement anticipé mes besoins en m’invitant à me ressourcer au Jiva Hill Resort, un hôtel de luxe relais et châteaux situé à Crozet en France à 10 minutes à peine de l’aéroport de Genève. Il avait hésité à choisir une destination plus lointaine mais a estimé à juste titre que j’avais déjà assez pris l’avion ! :o)

IMG_5902IMG_5893IMG_5895

Comment décrire le plaisir que j’ai eu, d’abord olfactif à la réception de l’hôtel, de découvrir la chambre immense dotée d’un double balcon d’angle et d’une salle de bain somptueuse, le joli bouquet printanier que Lui avait pris soin de commander avant notre arrivée, les petites douceurs composées de macarons, de pâtes de fruits et de caramels au beurre salé (miam) et la vue imprenable sur les collines jurassiennes et la chaîne du Mont Blanc au loin ?

IMG_5891.JPG

Nous sommes restés silencieux à contempler cet environnement paisible au soleil en écoutant le crépitement des criquets et les stridulations des sauterelles.

IMG_5892

Puis, nous avons enfilé des chaussons et une robe de chambre et sommes descendus au Spa pour un massage relaxant qui m’a amenée dans cet état de semi-conscience entre la veille et le sommeil.

IMG_5899IMG_5931

Un apéritif au bar plus tard – un Martini Spritz pour Lui et un cocktail Have a Break pour moi – et nous voilà attablés au restaurant Shamwari où nous avons dégusté le menu « Cinq Sens » du Chef Vincent Betton avec une mise-en-bouche, une entrée, deux plats et un dessert.

IMG_5938IMG_6065BT.pngIMG_5934

Le plaisir n’est pas que gustatif mais aussi visuel. J’ai beaucoup aimé la cloche à beurre posée sur une ardoise rustique. Quant au pain, j’ai choisi de la baguette française et j’ai tout dit, tant la baguette en France est supérieure à la baguette helvétique (si vous avez une bonne adresse en Suisse, je suis preneuse, merci beaucoup !).

AR.pngMise-en-bouche

Une variation autour de l’artichaut en barigoule et en purée croustillante.

L’œuf de poulet « parfait », asperges vertes et son Cappuccino, morilles au Noilly Prat

L’association des asperges et des morilles est toujours une excellente idée et l’oeuf parfait est une spécialité apparemment tendance car on le trouve depuis quelque temps sur la carte de nombreux restaurants gastronomiques.

Sinon, je suis une blogueuse à la noix, j’ai oublié de photographier ce plat !

IMG_5932Pavé de turbot cuit au beurre d’algues, embeurrée de pak choi, couteaux à l’ail, jus brun citronné

L’embeurrée de pak choi était délicieuse comme le couteau à l’ail. Inutile de préciser que le turbot était parfaitement nacré à cœur.

IMG_5933Pigeon Miéral rôti sur son coffre, cuisses braisées en ballotine, mousseline de céleri fumé et noisettes, jus perlé

Nous avons commandé le pigeon saignant comme il se doit, même si au final je l’aurais préféré moins bleu. J’ai adoré les cuisses en ballotine ainsi que le craquant des noisettes qui apportaient un goût et une texture supplémentaires au plat mais ai laissé de côté le cromesquis d’abats après l’avoir goûté. Il était irréprochable mais les abats et moi, nous ne sommes pas vraiment copains.

IMG_6058.jpgPré-dessert

Une mousse au chocolat onctueuse apportée dans un mignon bocal en verre.

IMG_5900Grand cru Caraïbes

Je n’ai jamais été friande des desserts tout chocolat, surtout après un tel repas, mais le visuel était à tomber, la glace légère et le gâteau aérien.

IMG_6080IMG_5953

Il n’y a pas que la cuisine très soignée du restaurant du Jiva Hill Resort qui m’a séduite. J’ai adoré le design intérieur avec le mariage franchement réussi du bois brut et du mobilier contemporain ainsi que la sobriété élégante et classique de notre chambre. Je compte d’ailleurs m’inspirer de tous ces éléments pour la rénovation du chalet !

IMG_6048IMG_6044IMG_6046

Le buffet du petit-déjeuner, quant à lui, présentait un choix limité de produits français de très bonne qualité : beurre Bordier, yoghurts de la Savoie, confitures Alain Milliat et des œufs brouillés maintenus au chaud dans d’adorables petites cocottes Staub ! Seul ombre au tableau, le jus d’orange qui ressemblait plus à du Granini qu’à du jus fraîchement pressé mais dans l’ensemble nous nous sommes régalés !

Jiva Hill Resort / Route d’Harée / 01170 Crozet / France

Jiva Hill Resort

Update

Vider un logement qui n’est pas le sien est une expérience détestable, d’autant plus quand il s’agit de celui de papa et de maman. C’est déménager en pire.

Je me suis coupée de mes émotions. Une manière de me protéger sans doute.

Maman était une très belle femme, très fière et entière.

Les affaires de nos parents que nous avons conservées tiennent dans 3 cartons à amener au chalet plus 3 caisses pleines de bouteilles de vin et de whisky. On fera la fête avec les cousins.

En temps qu’enfant adoptée, je savais ce que ça signifiait de perdre sa maman et son papa. J’avais 5 ans la première fois et je m’en suis remise. Il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas à présent que je suis adulte !

J’ai la chance de m’entendre à merveille avec mon Frangin. Hormis une brève discussion sur le sort du « petit homme en bois », une statue terriblement moche de papa que mon Frangin voulait garder alors qu’il l’effrayait quand il était petit (et aussi la Puce par-dessus le marché…), nous ne rencontrons aucun problème lié à la succession ni au partage de l’héritage.

Le « petit homme en bois » a fini à la décharge.

Je suis partie sur l’île de Madère au Portugal, à Göteborg en Suède et au Jiva Hill Resort en France près de la frontière helvétique et suis heureuse de rester un peu de temps en Suisse avant de m’envoler pour Rio de Janeiro en août.

Mon Frangin s’est octroyé le gilet en laine d’alpaga tout doux de papa que maman lui avait tricoté et qu’il portait au chalet. Une prise non-négociable. Pirate ! :o)

J’ai accepté que la mort fasse partie de la vie. Quelques heures avant son décès, j’ai donné à maman la « permission » de mourir. Elle était consciente quand je l’ai remerciée pour tout et lui ai dit qu’on l’aimait, qu’elle pouvait s’en aller, que mon Frangin et moi, on serait fort et qu’on tiendrait le coup et qu’elle ne devait pas avoir peur.

Mon cocktail préféré du moment est le Pimm’s suivi de près par la Caïpirinha au maracuja.

J’ai eu un pincement au cœur quand il a fallu se séparer de la vaisselle de tous les jours de maman dans laquelle nous avions mangé tant de fois et du vieux piano de concert de papa, sur lequel j’ai appris à jouer, qui connaîtra une deuxième vie au Conservatoire avec des pianistes professionnels.

De papa et maman, il reste une boîte de souvenirs que je vais préparer en y mettant le voile de mariage de maman, leurs alliances, la pipe de papa, quelques photos et documents officiels et leurs lettres d’amour.

Papa était un homme incroyablement bon et gentil.

J’ai continué à voir du monde et ne compte plus les dîners au restaurant. J’ai découvert de nouvelles adresses : le Thaï au Lac avec la Danoise, le restaurant du Léman à Lutry avec les Brendjij, le Gambatte avec Cousine Véro, le Mirabeau avec ma tante, etc.

Certaines personnes me demandent comment je fais pour être aussi forte. Je ne le suis pas. Face à l’inconnu, je pense qu’on réagit tous comme on peut et d’une manière différente. Je sais juste que si je tais toute agitation en moi pour me concentrer sur l’aide morale que je peux apporter à l’être mourant devant moi, je vis son départ avec plus de calme et de sérénité. C’est un état intérieur difficile à expliquer et il n’y a aucun jugement de valeur à porter.

Je regarde la saison 6 lente et laborieuse de Game of Thrones et la saison 4 de Vikings, je vois des daubes au cinéma (Warcraft) et je joue à Cooking Mama 4 et à Story of Seasons reçus pour mon anniversaire sur ma New 3DS.

Maman n’était pas un cordon bleu mais réussissait comme personne les tomates au four, les tomates farcies, le gratin de pommes de terre, les boulettes de viande et la sauce à salade. J’adorais aussi ses carottes en sauce, sa blanquette de veau et son jarret de boeuf.

Je ne sais toujours pas à quoi sert la vie mais cela m’est égal. Je n’ai plus envie de me prendre la tête. Puis tant qu’on y est, autant en profiter, n’est-ce pas ? :o)

IMG_5941
Alphonse de Lamartine ; La Sagesse, Méditation LII (1823)
Update