Voir un film de Sofia Coppola

J’ai bien peur que mes articles soient un tantinet décousus cet automne, faute de ligne éditoriale, mais un article vaut mieux que rien du tout, n’est-ce pas ? ;o) Je suis passée en mode bulldozer et tête dans le guidon, je n’ai plus la notion du temps ni ne me préoccupe de savoir si je suis en week-end ou pas, si j’ai dépassé mes 42 heures de travail hebdomadaire (largement !) ou non et si c’est vraiment ça, la vie que je veux mener.

Pour tenir le coup, je me bourre de café chocolat froid et chaud (je bois rarement voire jamais de café, par goût) et m’accorde çà et là quelques moments de détente comme cette séance au cinéma où j’ai été voir « The Beguiled » de Sofia Coppola qui filme l’ennui comme personne, au sens propre et non figuré ;o). Je ne connaissais pas l’histoire de ce soldat nordiste blessé pendant la Guerre de Sécession, secouru et caché par 7 femmes rougissantes et froufroutantes qui n’ont pas ou prou vu le loup (vu l’âge de certaines, je l’espère bien !) dans leur vaste demeure à hautes colonnades mystérieusement intacte. De la guerre, on ne saura rien, à part quelques bruits de fusillade dans le lointain et la jambe salement amochée du Corporal Colin Farrell. En gros, c’est un peu Blanche Neige et les 7 nains sauf que les rôles sont inversés et que c’est toujours les femmes qui font la popote, le ménage et le repassage.

La photographie et les actrices sont aussi jolies et lumineuses que leurs robes aux teintes pastel et les images tirées du film permettent d’illustrer mon post du jour sans grand effort mais que c’est loooooooonnnng, doux Jésus ! J’avais parfois l’impression de voir un compte Instagram @southerngirlsinlove abusant des hashtags : #braidedhair #braidstyle #intothewoods #whatisthat #colinfarrell #handsomeman #handsomeface #injured #nursing #wow #hihihi #love #fallinlove #lovemyboy #loveislove #kiss #laundry #beautifuldress #dresstagram #jealousy #wtf #stairs #shithappens #dinner #mushrooms #nomnomnom #lovemushrooms.

Ce n’est qu’en sortant du cinéma et en lisant le résumé du film que je me suis rendu compte que j’avais vu un thriller et non un remake des Quatre filles du Dr March revisité à l’eau de toilette Daisy de Marc Jacobs. Alors, oui, après 1 heure où il ne se passe pas grand chose à part quelques regards et gloussements, épaules chastement dénudées, longue-vue, colliers de perle, chants, veillées de prière, re-longue-vue (pour voir quoi, on ne sait pas), claquements de bottines lacées sur le plancher et clé que l’on tourne dans la serrure, il y a bien un moment où Colin Farrell s’énerve (on le comprend, note) et pète les plombs en jetant rageusement une petite tortue au sol ! A part ce moment dramatique, surtout pour la tortue qui ne dit pas merci, on doit bien frôler le 2 de tension artérielle.

Dommage car je pense qu’il y avait mieux à faire que cette guimauve lisse, précieuse et hygiéniste et j’ai souvent pensé au huis clos du « Festin de Babette » du Danois Gabriel Axel, qui, malgré un synopsis minimaliste tenant sur quelques lignes, a réussi à me captiver jusqu’à la dernière seconde. Sans aller jusqu’aux scènes de confrontations brillantes et outrancières de Quentin Tarantino car ce n’est pas son style, Sofia Coppola aurait pu tenter quelques jupons sales, de la dentelle défraîchie et mal repassée, voire, audace suprême, des aisselles moites qui sentent un peu et des chaussettes raccommodées qui puent les pieds. 

All photos (c) Internet.

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Voir un film de Sofia Coppola

Se réjouir du retour de l’automne

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Un dîner réconfortant : Souris d’agneau confite et la meilleure polenta de Suisse voire du monde au restaurant d’alpage La Cergniaulaz à Orgevaux

Et si on disait que pour fêter la rentrée et le retour de l’automne, je posterais un article par semaine sur mon blog ? Allez, chiche !

L’automne est toujours une saison professionnellement chargée pour moi, ponctuée d’assemblées générales et de réunions internationales majeures. Je préfère toutefois avoir la tête dans le guidon que bayer aux corneilles en attendant que le temps passe.

J’ai heureusement une vie en dehors de mon travail et si je m’ennuie, j’ai de quoi  bien occuper mes journées ;o) D’ailleurs, ce serait le moment que je me mette à illustrer les 90 points de ma liste qui constituent des sujets d’articles tout trouvés.

L’automne sera plutôt hygge sur mon blog avec des plats de saison et des boissons chaudes, les vêtements achetés en janvier à Lisbonne qui ont rejoint ma garde-robe, une reconstruction de chalet à la montagne situé à l’orée de la plus belle forêt de mélèzes d’Europe sans oublier la suite de mes aventures japonaises.

Pour l’heure, je vais fêter le 1er jour de l’automne au Tawan-Thaï à Cossonay, un restaurant thaïlandais que je vais découvrir ce soir avec ma copine Madame qui vient me chercher à la sortie du bureau. Je porte une robe d’été à dentelle et à pois que j’ai réchauffée avec des collants noirs opaques, un sweater gris Maison Standards et une veste matelassée noire Trussardi et comme accessoires, j’ai des Dicker Boots Isabel Marant beiges et mon nouveau sac de rentrée Gucci vert en cuir et soie brodée de fleurs.

Il me reste à laver mon gros verre à eau et mon mug que j’ai rempli d’Ovomaltine, une boisson suisse typique à base d’extrait de malt d’orge (écrit comme ça, ça ne donne pas très envie ;o)), à ranger mes affaires, à mettre un peu de baume à lèvres Akyado à la fraise et je serais prête pour le week-end ! Au programme, j’ai prévu de dormir (je vais me coucher entre minuit et 2 heures du matin en semaine, c’est mal), de profiter d’être en ville pour acheter des collants et boire un chocolat viennois chez Lucien Moutarlier, d’aller peut-être au cinéma voir The Beguiled, Mother !, Petit Paysan, American Assassin, Barry Seal ou Bigfoot Junior ;o), préparer une tarte aux pruneaux, choisir entre le Costa Rica où l’Afrique du Sud pour les vacances de cet hiver, et, si j’en ai le courage, ranger la partie épicerie de la cuisine et rentrer les fils de mon écharpe tricotée l’hiver passé (ouh, la paresseuse).

Bonne et heureuse fin de semaine à tous !

Se réjouir du retour de l’automne

Célébrer la rentrée

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Une rizière dans l’Alentejo, Portugal

J’ai quitté l’école depuis belle lurette mais j’ai toujours apprécié cette période particulière de la rentrée après les longues vacances d’été. Je me réjouissais alors de retrouver mes camarades d’école, de découvrir les nouveaux professeurs, de choisir la doublure de mes livres et de mes cahiers et de prendre connaissance du programme de la nouvelle année. J’aimais également sauter dans les flaques, sentir l’air plus froid et regarder les rues se couvrir des bogues des marrons et des premières feuilles de l’automne.

Après deux mois d’absence sur mon blog et deux semaines de vacances, je retrouve un peu de cette ambiance cette année. J’ai un nouveau laptop, une nouvelle assistante, un nouveau « cartable » (sac à main) et bientôt un nouveau bureau. J’ai profité de mon éloignement momentané des réseaux sociaux pour me changer les idées, lâcher du lest et laisser les choses venir à moi. J’ai compris que je n’avais pas besoin d’anticiper des problèmes que je n’avais pas (vous savez, la fameuse phrase qui gâche tout et qui commence par : « oui, mais, et si… ? ») et de vivre selon des préceptes qui n’étaient pas « moi » même si je suis toujours fan de Dominique Loreau, du Hygge, du Lykke, du Lagom, de la Saudade, du Spleen et de tout ce que vous voudrez ;o)

A propos du Hygge, ma Danoise m’a dit qu’il était impossible de vivre hyggelig en Suisse, tellement nous manquons de spontanéité et que nous flippons quand les choses ne sont pas organisées à l’avance.

Mes changements sont imperceptibles. J’éprouve simplement plus de satisfaction dans l’accomplissement d’activités banales dont je garde une trace en les notant avec le plus de détails possibles comme :

  • Manger une tranche de tarte aux pruneaux du jardin de David.
  • Prendre un après-midi de congé en pleine semaine.
  • Savourer, seule, une petite salade russe servie dans une grande assiette creuse et une théière fumante de thé Chai en regardant tomber la pluie.
  • Trouver dans une armoire du chalet la veste multicolore en tricot que maman m’avait faite quand j’avais 10 ans, qui était un manteau pour moi à l’époque, et une vaisselle complète en porcelaine blanche à liseré or dans les combles.
  • Laver les cheveux avec le shampooing Redken au malt, germes de blé et zestes d’orange.
  • Ranger une étagère de la cuisine et noter de ne plus acheter de riz ni de pâtes tant qu’on n’aura pas vidé le stock.
  • Déterrer les bulbes de tulipes et de jonquilles au chalet et constater qu’ils sont tous pourris :o(
  • Préparer une salade de haricots verts avec une sauce bien relevée qui me rappelle les soirs de théâtre quand maman nous préparait un jambon beurre et une salade de haricot (toujours le même dîner), avant de nous quitter, belle et parfumée, dans sa robe de soirée.

Surtout, je ne m’impose plus rien. Je dors si je ressens le besoin de dormir, m’active si j’en ai envie, mange quand j’ai faim, par ennui ou par gourmandise, procrastine sans culpabiliser, paresse avec volupté, agis sans (trop) me préoccuper de l’opinion d’autrui, m’habille comme je l’entends même si Inès de la Fressange et Cristina Cordula ne sont pas d’accord. Je crois que ça s’appelle vivre en accord avec soi-même.

Célébrer la rentrée