Il s’est passé trois mois depuis mon déménagement et mon aménagement dans mon nouvel appartement à Lausanne. J’ai toujours des ampoules au plafond pour m’éclairer, le plâtre n’ayant pas tenu quand l’électricien est venu percer des trous pour fixer les lampes, je vois les oreilles marrons de Kumba qui dépassent du transat dans le jardin, j’ai fini mes semaines de travail intense à mon grand soulagement et je suis paisible devant mon écran de laptop en train de grignoter quelques cubes d’ananas.

Je vais très bien ! Je ne savais pas si j’allais supporter la solitude, surtout que je suis toujours en télétravail depuis mi-mars en raison de la pandémie. J’apprécie réellement cette vie au ralenti, d’avoir tout le temps pour moi et pour me poser sans avoir à courir frénétiquement après des objectifs à atteindre ou des rêves à réaliser pour assouvir mes envies ou pour combler mes manques.

Je ne fais rien de fou. Je découvre plein d’activités dignes d’une ménagère des années 50 que je considérais comme des corvées : faire les courses, prendre soin de mon intérieur (j’aime que tout soit propre et à sa place. Quant au repassage, je n’aime toujours pas ça et j’amène mes vêtements à la… euh… blanchisserie ? Comment on traduit pressing en français ?), cuisiner des plats roboratifs comme le pot-au-feu que je fais mijoter dans ma magnifique cocotte blanche Holly Le Creuset, apprendre à plier les serviettes en tissu de maman, tricoter un sac filet, une écharpe sur le modèle de Billy de I love Mr Mittens et le châle « Slipstravaganza » du styliste américain Stephen West en regardant des séries sur Netflix (Ratched, Emily in Paris, The Crown, Barbaren, Shingeki no Kyojin, Rebecca).

J’apprends aussi à me nourrir. J’ai six mois avant de retourner chez mon médecin nutritionniste pour manger plus gras, plus sucré et plus salé et je m’emploie à composer des repas avec du chocolat, du fromage, des noix, de la viande, du lait, des œufs, du poisson, du beurre, de l’huile d’olive et de colza HOLL et pas que des fruits et des légumes, qui sont très bons pour la santé mais qui n’amènent pas tous les nutriments dont mon petit corps a besoin.

Je crois que, sans le savoir, je pratique le samu qui n’est pas le service d’aide médicale d’urgence mais l’art de se concentrer avec un esprit serein sur ce qu’il faut faire en se consacrant totalement à l’action qu’on est en train d’accomplir, comme par exemple régler les tâches administratives, couper les légumes à la cuisine, ratisser les feuilles mortes dans le jardin, nettoyer la salle de bain, faire son lit le matin, etc. Tout est samu.

Je m’exerce aussi à savourer pleinement l’instant présent et à ne pas me préoccuper du futur. Je me surprends souvent à penser que cela m’est égal de savoir ce que je vais devenir. J’éprouve plus de joie à penser au délicieux pot de beurre de cacahuètes américain que je vais acheter chez Globus qu’à mon portefeuille d’actions qui a pris un méchant coup cette année mais qui remonte gentiment grâce aux bonnes nouvelles que sont l’élection de Joe Biden à la Présidence des USA, la reprise de l’économie chinoise et l’imminence du vaccin contre cette saleté de Covid-19.

A ce programme plan-plan, j’ai décidé d’ajouter une balade de 30 minutes minimum tous les jours et par tous les temps pour me forcer à sortir et à sentir l’effet du froid mordant sur la peau et les gouttes de pluie qui ruissellent dans la nuque (brrrr) mais qui apporte aussi le plaisir de voir la nature se transformer, de vider son esprit et d’être simplement en mouvement.

Pour le reste, je verrai bien.

Publié par :KoyangiBacalhau

6 commentaires sur “Se poser

  1. Un plaisir de lire de tes nouvelles. Je vais justement ressortir la cocotte jeudi soir pour préparer un civet bien hivernal. Et c’est fou comme le quotidien des uns et des autres se ressemblent en ces temps de pandémie.

    Continuons à savourer ces moments qui sont agréables si on les regarde bien. Et comme tu dis si bien, pour le reste, on verra bien.

    1. Miam, un civet ! Je crois que je n’ose pas cuisiner de la chasse à cause du sang, pourtant, c’est bien d’utiliser tout l’animal une fois qu’il est mort et j’aime le civet. Oui, continuons à vivre, autrement, mais continuons à rendre les moments les plus agréables possibles !

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