Cela fait une semaine tout juste que j’ai fait des offres pour deux appartements avec une demande de réduction de CHF 50’000.- pour l’un et CHF 20’000.- pour l’autre qui ont été acceptées, ce qui ne m’a pas aidée à prendre une décision :o)

Depuis, les événements se sont enchaînés à coups de téléphone et de courriels avec les courtiers, les banques (j’ai contacté trois banques dont une seule a réussi à me faire une offre ferme en 5 jours ouvrables dans un laps de temps aussi court ;o)) et le notaire chez qui je vais signer l’acte de vente jeudi prochain !

Ce ne sera pas mon premier bien immobilier puisque je possède déjà de la parcelle constructible ainsi que le chalet de grand-papa Louis en Valais, une résidence secondaire qui a été entièrement démolie (impossible de garder les fondations) et reconstruite en retrait de 8 mètres de la route selon les directives communales.

Cette fois, j’ajoute une résidence principale à mon patrimoine, un endroit où je vivrai la majeure partie de mon temps, quoique je peux faire ce que je veux et vivre où je veux, en fait, maintenant que j’y pense ! :o)

Les démarches pour acheter mon appartement ont été très rapides et je m’en étonne moi-même : L’idée d’acquérir ma résidence principale a trotté dans ma tête en décembre quand je suis montée un mois au chalet. J’étais tellement bien là-haut auprès de mes cousins, la vue était si belle, le paysage féerique et je soupirais à l’idée de retourner à Lausanne dans la grisaille hivernale ! Pour quoi faire, d’ailleurs ? J’étais en télétravail depuis le 13 mars, je n’avais plus aucune attache à Lausanne depuis la mort de mes parents à part ma tante que je voyais une fois par mois et je payais un loyer mensuel de CHF 1’850.- pour un 2,5 pièces de 60 m2 avec un jardin qui ne m’appartenait pas. Le choix d’habiter à Lausanne était celui de mes parents, pas le mien, et la pandémie a transformé durablement ma façon de travailler.

Le 1er janvier, j’ai donc décidé que l’année 2021 serait consacrée à l’achat d’un logement et que je prendrais le temps nécessaire pour éplucher les annonces ou plutôt pour surfer sur les sites spécialisés. Le mois de janvier a été bousculé par l’arrivée de Kaly, sa maladie et sa mort foudroyante (pauvre petite Kalypuce :o(). Le temps de me remettre de sa perte et le mois de février était passé ! Entretemps, j’ai reçu le dossier d’un bien avec un jardin sur plan au Mont-sur-Lausanne que j’ai refusé après avoir vu le lieu où le bâtiment devait être construit (il y a le joli Mont-sur-Lausanne et le moins joli Mont-sur-Lausanne à cheval avec les quartiers du haut de Lausanne).

Puis, il y a eu les deux annonces d’appartements à vendre dans deux lieux différents dont l’un parlait à ma raison et l’autre à mon cœur. J’ai passé quelques nuits sans sommeil (pas trop, puisque ça fait juste 8 jours tout ça ;o)) jusqu’à l’appel de mon banquier ce lundi qui a tout changé : je faisais une affaire en or en achetant le bien pour lequel j’avais eu un coup de cœur.

La raison rejoignant le cœur, il n’y avait plus aucune raison de douter !

Ecrit comme cela, ça a l’air très facile d’acheter un bien immobilier en Suisse mais c’est loin d’être le cas ! La Suisse est un peuple de locataires avec l’Espagne et la Lettonie en Europe : 9 habitants sur 10 sont locataires à Genève et à Lausanne. La faute à la rareté des logements à vendre dans ces deux villes où les prix flambent mais aussi aux restrictions à la propriété : Les acheteurs doivent disposer de fonds propres (= argent cash) à hauteur de 20 % du prix d’achat, ce qui devient compliqué pour les ménages de la classe moyenne.

Prenons par exemple l’achat d’une maison à CHF 1’000’000.-, un bien quasi illusoire à trouver à ce prix à Genève, à Lausanne ou à Zürich, les trois villes les plus chères de Suisse, sans prévoir de gros travaux de transformation/rénovation !

L’acheteur doit apporter 20 % de fonds propres, soit CHF 200’000.-, dont 10 % minimum de sa poche (= CHF 100’000.-) et CHF 100’000.- du 2ème pilier (assurance vieillesse) et prévoir du cash supplémentaire pour payer les frais de notaire qui s’élèvent à 5 % du prix d’achat environ, soit CHF 50’000.-.

Pour un bien de CHF 1’000’000.-, l’acheteur doit donc prévoir un budget de CHF 260’000.- cash minimum, si on compte les impôts qu’il devra payer sur le retrait des CHF 100’000.- de son assurance vieillesse, soit CHF 10’000.- (10 % environ).

Il reste ensuite à trouver une assurance ou une banque qui sera d’accord de faire une hypothèque pour CHF 800’000.-. L’acheteur sera alors confronté à une autre difficulté : son salaire qui doit respecter la règle d’or selon laquelle le coût du logement ne doit pas dépasser un tiers des revenus, le calcul devant être réalisé sur un taux élevé. Ainsi :

  • Taux bas de 1 % : CHF 8’000.- = CHF 666.- (le chiffre du diable ;o)) par mois + frais d’entretien de la maison à prévoir + amortissement ou pas selon les conditions.
  • Taux élevé de 5 % : CHF 40’000.- = CHF 3’333.- par mois + frais d’entretien de la maison + amortissement ou pas, ce qui signifie que l’acheteur doit gagner un salaire minimum de CHF 10’000.-/mois.

Le salaire moyen d’un Suisse étant de CHF 5669.- (EUR 5113.-), il est impossible pour un salarié suisse de la classe moyenne d’acheter un bien à CHF 1’000’000.- sauf s’il vit en couple, que les deux personnes travaillent et sont co-débiteurs, s’il apporte plus que 20 % de fonds propres et/ou s’il gagne plus de CHF 10’000.-/mois.

Dans mon cas, j’achète seule et j’ai la chance d’avoir les fonds propres et le salaire nécessaires pour pouvoir payer mon appartement ET le chalet si les taux hypothécaires devaient monter à 5 %. C’est pour ça qu’il n’y a aucune raison que les choses traînent si toutes les conditions sont réunies !

L’achat d’un logement est un acte raisonné qui répond à des calculs très précis : on peut ou on ne peut pas. Ce n’est certainement pas en « demandant à l’Univers », en « émettant des ondes positives » ou en « attendant que toutes les planètes soient alignées » ou je ne sais pas quelle théorie New Age qu’on va y arriver.

En tout cas, moi, je n’ai rien demandé, j’ai trouvé et je vais signer ! :o)

Publié par :KoyangiBacalhau

4 commentaires sur “Devenir propriétaire en Suisse

    1. Je ne connais pas les tâches administratives en France quand on veut être propriétaire mais on m’a dit que c’était compliqué. Je te souhaite plein de courage et de trouver le logement de tes rêves ! Bonne chance !

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