A défaut d’être maître de l’Univers, je veux être maître de mon univers. J’ai réalisé il y a une semaine que je voulais sérieusement m’installer chez moi à Montreux et pas juste poser mes valises en provoquant les changements comme je me suis employée à le faire pendant ces deux dernières années.

Cette prise de conscience est arrivée sans fracas et à petits pas : en écoutant mon amie A. me parler de son appartement comme de son cocon, en admirant les couchers de soleil somptueux tous les jours devant mes fenêtres (je sors parfois sous la pluie pour contempler la vue époustouflante depuis mon nid d’aigle), en prenant du plaisir à nettoyer le plan de travail de ma cuisine après avoir refermé mon laptop sur une dure journée de travail, en regardant Kumba et Mizar se promener nonchalamment, tels des fauves miniatures, le long des 10 mètres de mon corridor.

Ce fameux samedi quand je me suis réveillée la tête dans les nuages, j’ai regardé distraitement le temps qu’il faisait à travers la fenêtre en attendant que le lait chauffe pour mon latte et j’ai réalisé tout à coup que non seulement ce moment était parfait mais aussi que je pouvais le reproduire à l’infini car tout était à moi : la cuillère en argent, le mug en verre, la casserole blanche, la plaque de cuisson en vitrocéramique, le bar dans la cuisine, le canapé dans le salon, le balcon, ses bacs à lavandes et ses arbustes chétifs, le paysage dominant le lac et le château de Chillon, tout ! Je possédais vraiment un petit bout de Montreux !

Signer le contrat chez le notaire était une bonne chose mais je n’ai pas éprouvé de joie particulière à acquérir mon appartement : tout s’est passé trop vite (15 jours entre la visite et la vente), je ne savais pas ce que j’achetais réellement à part que c’était un excellent investissement (j’en étais à demander à l’ancienne propriétaire s’il y avait un lave-vaisselle parce que je ne l’avais pas vu :o)) et j’étais dans l’expectative de savoir si Montreux allait me plaire après avoir grandi et vécu à Lausanne et ses environs toute ma vie, exceptées mes 5 premières années à Séoul.

Même si j’adore passer des moments avec mes amis et mes proches, je me suis rendu compte que je pouvais aussi être à l’aise et sereine quand je suis seule et mon appartement y est pour beaucoup ! Chaque jour, c’est un bonheur de vivre dans un intérieur baigné de lumière où le soleil est si chaud que j’allume à peine le chauffage (seulement 3 radiateurs sur 7 fonctionnent en plein hiver même quand les températures sont négatives). J’étire mes jambes, bien calée dans les coussins sur le canapé, m’enroule dans un plaid pour un supplément de confort, écoute les ronrons de Mizar qui vient dormir sur mes genoux et soupire de satisfaction en me disant que je pourrais passer toute ma vie comme ça.

Mon chez moi n’est pas une question d’immobilier, ni de mobilier de designers ou d’Ikea, ni de nombre de pièces ni de surfaces calculées en m2, ni de lit placé la tête au nord et les pieds au sud. Il est constitué de toutes les heures nécessaires qu’il a fallu pour que je prenne possession des lieux, établisse des routines et automatise mes gestes (Qu’est-ce que cet interrupteur allume ? Où se trouve les prises pour charger mon téléphone ? A quoi sert ce bouton ?), repère ses défauts (les fourmis à l’intérieur, ce n’est plus possible, ma sonnette d’entrée ne fonctionne plus, je dois changer le nom sur ma boîte à lettres et la poignée de la fenêtre de la chambre qui est cassée) et constate que je ne suis pas obligée de faire tous les travaux en une fois pour me sentir bien.

Mon chez moi est en fait mon univers, le reflet intangible de ce que je suis et de ce que je veux bien y mettre, l’atmosphère que je veux créer qui enrobe le tout et qui est, paradoxalement, cet endroit immatériel où je peux me reposer et me détendre et je l’ai enfin trouvé (en plus du chalet, bien entendu ;o)) !

Publié par :KoyangiBacalhau

Un commentaire sur “Etre maître de mon univers

  1. Bonjour Koyangi, comme une plante (et belle ! lol) qu’on rempoterait ailleurs, tu sembles te plaire dans ton chez toi au point d’y créer de nouvelles racines, ce sentiment qu’on est ici, maintenant et demain, quelle douce sensation, j’imagine. Je n’ai jamais ressenti cela car j’ai énormément bougé, et d’ailleurs lorsque me demande où j’habite, j’ai tendance à répondre là où il y a mes affaires, je ne m’imprègne jamais des lieux, je pense que ça remonte à très longtemps où j’ai du partir d’un pays et qu’aujourd’hui encore la douleur de ce temps qui n’existera plus me fait tellement souffrir que je ne m’attache nul part. Ca ressemble à un gros chagrin d’amour, où pour se protéger on ne s’investirait plus autant…. En tout cas bravo, si tu as envie de t’approprier les lieux, ils t’appartiennent, fais en ton univers, où tu y seras la miss 😉 Bisous

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