J’ai des grands objectifs dans la vie : être maître de l’univ… euh, non, de mon univers comme je l’ai expliqué dans mon article précédent et être maître de mes finances, deux aspects de ma vie sur lesquels j’ai un minimum de pouvoir contrôle :o)

Comme je l’ai expliqué dans plusieurs de mes posts traitant de « confiture de pognon », de « boule de neige » et de « cigale et de fourmi » (il ne s’agit pas de haute finance ;o)), j’ai la chance de posséder plus mais aussi moins que beaucoup de personnes, ça dépend où on fixe le curseur.

Mon but n’a jamais été d’être riche, d’avoir des toilettes et des robinets en or fin ni de me nourrir exclusivement de champagne, de truffes et de caviar (bof, à part les truffes) mais de posséder suffisamment pour me faire une belle vie sans avoir à me soucier du lendemain.

Pour y arriver, il n’y a pas de miracle, il faut avoir une source de revenu qui sera plus ou moins importante en fonction du mari des études que l’on aura faites – un diplômé de l’IMD recevra un salaire plus conséquent qu’un Doctorant universitaire dont le sujet de thèse est « Obélix pourrait-il s’intoxiquer ? Ou les maladies transmissibles du sanglier à l’homme » (je n’invente rien) et investir intelligemment (non, les souliers et les sacs à main ne sont pas des investissements mais une carte Magic Gathering Black Lotus de la série Alpha, oui).

Pour investir, il faut économiser, là non plus il n’y a pas 36’000 moyens ou alors il faut faire des trucs chelous comme l’Arnaqueur de Tinder, Anna S., Christophe R. ou Bernie M. (lui, c’est le Boss ultime de fin de niveau) mais souvent on passe par la carte prison comme au Monopoly et on n’a plus d’amis parce qu’on les a volés, ce qui est mal.

A la suite d’une Story sur Instagram, on m’a parlé du mouvement américain FIRE de l’acronyme « Financial Independence Retire Early », qui d’après ce que j’ai lu, consiste plus ou moins à sacrifier sa jeunesse en se privant de tout (sorties, voyages, restaurants, loisirs, voire de relation amoureuse et d’une famille pour les plus extrêmes qui vivent chez papa-maman pour épargner un loyer) pour continuer à vivre avec parcimonie jusqu’à la fin de sa vie, le but étant de prendre sa retraite à 40 ans.

En Suisse, Postfinance estime qu’il faut CHF 2 millions de capital à 40 ans pour être FIRE, hors crash boursier et catastrophes majeures entraînant une récession mondiale, en prenant en compte que le coût de la vie est le plus cher du monde (classement de 2020) et que l’espérance de vie est de 80 ans environ (85,1 ans pour les femmes et 81 pour les hommes). Papa disait avec raison qu’en Suisse, être millionnaire ne signifie pas forcément être riche.

Tout n’est cependant pas à jeter dans les conseils donnés par les adeptes FIRE et je pense qu’il y a matière à puiser çà et là quelques bons conseils… ou pas.  

  • Cuisiner, cesser d’aller au restaurant et de se faire livrer la nourriture chez soi. C’est vrai qu’à l’époque de mes grands-parents, on cuisinait beaucoup et on allait au restaurant pour fêter quelque chose de spécial. On n’y allait pas par flemme de se préparer à manger. Je n’ai pas d’avis sur le sujet. Maman et papa aimaient découvrir les tables des grands Chefs de la région et on allait goûter dans un salon de thé chaque fois qu’on faisait les courses en ville avec maman, un rituel que je perpétue d’ailleurs.
  • Se payer en premier, mettre de côté tout l’argent qu’on reçoit en plus chaque année. C’est vrai que si je compare mon salaire actuel à celui que je gagnais au tout début de ma carrière professionnelle, ça fait peur tout l’argent que j’ai dépensé ! Pour les frugalistes, c’est plus facile de continuer à vivre avec ce que l’on possède à 20 ans sans jamais vouloir autre chose plutôt que de goûter à mieux et de renoncer à plus : plus d’espace d’habitation, plus de confort, plus de qualité, plus de services, etc. En cela, ils n’ont pas tort mais ça fait du bien aussi de se lâcher et de faire des folies, surtout quand on est jeune ! Je ne suis pas partisane du fait de tout remettre à plus tard : « Quand j’aurai 40 ans », « Quand je serai à la retraite », « Quand je serai mariée », « Quand j’aurai des enfants » car si ça se trouve, on n’en aura plus l’envie ni l’énergie quand le moment sera venu et je pense que c’est important d’expérimenter, de se tromper, de se relever, de recommencer, bref, de vivre !
  • Faire un budget, régler ses dettes et acheter en espèces quand on a l’argent. Ne pas avoir de dettes devrait être LA base. Quant à acheter tout en espèces, certaines choses ne peuvent se commander qu’avec une carte de crédit comme les billets d’avion, la réservation d’hôt… Suis-je donc bête, un frugaliste ne voyage pas ou si, dans son pays et chez des gens qui l’hébergent !
  • Profiter des activités gratuites. Se balader, pique-niquer, marcher dans la forêt, en montagne, sur la plage, donner des rendez-vous dans la nature plutôt que dans un bar. Très bonne idée ! J’adore mes balades avec ma cousine Mumu en Valais et j’ai un super souvenir de la fondue cet hiver au soleil au bas des pistes de ski de Verbier.
  • Avoir un objectif à atteindre comme acheter une maison à la campagne avec un jardin et des animaux. Je ne peux pas dire le contraire. Posséder son propre logement devrait être une priorité dans la vie. Il faut cependant avouer qu’en Suisse, l’accès à la propriété est un rêve quasi inaccessible pour la majorité des gens.
  • Vivre en colocation ou chez ses parents jusqu’à 40 ans. Faire la Tanguy pour mettre de l’argent de côté ? Même pas en rêve !
  • Garder les sacs en plastique et les emballages que l’on nous donne pour les réutiliser. Je ne suis pas adepte de garder les choses « qui peuvent servir un jour ». On les oublie et ils s’entassent souvent dans un coin, créant du désordre. Autant les refuser ou s’en débarrasser tout de suite.
  • Habiter en ville, utiliser les transports publics et se passer de voiture. C’est un choix mais je ne pourrai pas me passer de voiture. C’est bien trop compliqué d’amener Kumba et Mizar au chalet en transport public (taxi, 2-3 trains et car postal) mais on n’est pas obligé d’avoir une résidence secondaire ni des chats d’ailleurs :o) Si j’étais frugaliste, je n’aurais pas d’animaux car ça coûte cher en nourriture et en frais de vétérinaire ces petites bêtes.
  • Acheter des vêtements en seconde main. Je n’ai pas encore franchi ce pas même si je trouve louable de lutter contre la pollution produite par l’industrie textile. C’est psychologique mais l’idée de mettre des chaussures déjà portées me dégoûte. J’aime aussi aller dans une belle boutique et en ressortir avec un emballage préparé avec soin. Ce n’est pas qu’un vêtement que j’achète mais un service, une architecture d’intérieur, un éclairage, une présentation, soit un moment qui flatte tous les sens. Tout le contraire de la Fast Fashion.
  • Remplacer les produits de nettoyage, de beauté et de soins quand ils sont vides. Tout à fait d’accord, je ne stocke rien parce que je déteste être envahie d’objets.
  • Réduire son budget alimentaire et acheter moins cher chez les Hard Discounters. Manger pour EUR 10 par semaine en achetant 2 bananes, 3 champignons et 1 carotte quand on a les moyens est inutile et pas souhaitable. Les vitamines, c’est important. Par ailleurs, je ne sais pas ce qu’on obtient comme qualité de produit avec EUR 10 par semaine et je veux éviter à tout prix tout ce qui est issu de l’élevage intensif et en batterie qui est interdit en Suisse.
  • Supprimer tous les abonnements et comparer les offres de téléphone et d’assurances. Je n’ai pas la patience de comparer chaque année les tarifs des opérateurs de téléphonie. Je ne me préoccupe pas non plus de mon assurance maladie car elle est prise en charge par mon travail. J’ai un abonnement à Netflix que je compte garder même si je vais passer en version standard (CHF 18.90) au lieu de Premium (CHF 24.90. En Suisse, on paie CHF 78 annuel de plus que les autres pays européens, sans raison ! On va d’ailleurs voter une loi sur Netflix en mai), un abonnement au fitness que je vais résilier et un abonnement à WordPress pour éviter les encarts publicitaires sur mon blog.
  • Observer un moratoire de 30 jour avant chaque achat. Oui si on est un acheteur compulsif ce qui n’est pas mon cas.
  • Renoncer à acheter des boissons, des jus de fruits, des chips, des pâtisseries et des gâteaux. Elle est chouette la vie des frugalistes à l’eau, au thé et au café ! :o) Je suis mauvaise langue, ils recommandent de faire tout maison. Certes, on peut préparer soi-même son pain mais cela ne vaudra jamais celui d’un maître boulanger ! C’est un métier d’être cuisinier, boulanger, pâtissier, chocolatier, confiseur… Je voulais aussi fabriquer mes yogourts moi-même mais quand j’ai lu que je devais les laisser fermenter pendant 10h à 70 degrés, je me suis dit que la consommation énergétique n’en valait pas la peine.
  • Allumer le four pour cuire plusieurs plats et le laisser ouvert pour réchauffer la maison. On peut cuire un gigot d’agneau ET une tarte aux pommes en même temps ?
  • Vivre sans chauffage en hiver. Cela dépend où on vit mais ce doit être extrêmement inconfortable en Suisse.

Je n’ai rien trouvé sur la beauté ni les soins esthétiques mais j’imagine que les rendez-vous chez le coiffeur, manucure, masseur sont considérés comme superflus.

En conclusion, le plus important pour moi est de savoir quels objectifs on veut atteindre. Les miens ne sont clairement pas de cesser de travailler ni de me serrer la ceinture pour accumuler des millions. Le travail peut être épanouissant et je ne vois pas la retraite comme un idéal de bonheur absolu à atteindre. J’ai trouvé intéressant de me documenter sur le frugalisme et le mouvement FIRE mais je suis hédoniste et préfère la mesure à l’extrême. Pas de gaspillage des ressources, oui, mais renoncer au confort, au plaisir et à la qualité de vie, non.

Un frugaliste ne voyage pas en avion ni ne séjourne dans un Palace, comme l’Alhambra Palace à Grenade en Espagne.
Un frugaliste n’achètera pas d’animaux chez un éleveur. J’ai toujours acheté mes chats en fonction de mon style de vie. Ce n’est pas à un animal de s’adapter à moi mais à moi de lui fournir tout ce dont il a besoin. Les Ragdolls comme Kumba sont des parfaits chats d’intérieur, doux, gentils, paisibles et câlins.
Publié par :KoyangiBacalhau

6 commentaires sur “Etre maître de mes finances

  1. Très intéressant ton interprétation du frugalisme… Le mouvement FIRE m’inspire quand même un peu, mais j’ai un 🐈, une voiture et je prends l’avion. J’aimerais quand même pouvoir davantage profiter de la vie et m’arrêter de travailler à un âge décent. Pas impossible que je fasse mes 10 dernières années de travail à temps partiel.

    1. Je pense qu’on peut tous trouver des bons conseils dans le mouvement FIRE. Je ne suis pas pour les extrêmes et je crois que la vie est faite d’autre chose que d’économies et de renoncement. Une fois de plus, cela dépend des objectifs de chacun. J’ai envie de travailler jusqu’à la retraite parce que mon travail me plaît mais je n’en mourrais pas si je dois m’arrêter avant. Je te souhaite de réaliser tous tes projets !

  2. D’un autre côté si les gens qui en ont les moyens n’achètent pas des biens neufs (livres, vêtements…) de quoi vont vivre les auteurs, créateurs, couturiers ou ouvriers ? Si tout le monde achète en hard discount, les vendeurs seront toujours pénalisés et sous payés, je pense que ce n’est pas un cercle très vertueux…

    1. C’est la limite du frugalisme et de la décroissance en effet. Il y a d’autres enjeux environnementaux et sociétaux que de prendre sa retraite à 40 ans à mon avis. Je ne jette la pierre sur personne, libre à chacun de vivre sa vie comme il l’entend, au moins, ils ne demandent rien ni à l’Etat ni à personne.

  3. Ton point de vue est intéressant. J’ai beaucoup lu sur le mouvement FIRE et j’en tire la même conclusion que pour le minimalisme. L’extrême nous amène à glorifier ce qu’on prétend sans grande valeur : mon torchon est vital car je n’en ai qu’un, mon argent est ma priorité car je veux en profiter à fond pour vivre…plus tard. On doit pouvoir garder l’essence de ces valeurs et malgré tout décrisper un peu les fesses. Bâtir le bonheur d’aujourd’hui ET de demain de front, sans sacrifier l’un à l’autre. C’est laid le sacrifice ! C’est le lion de la rancoeur !

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