Voyager léger

L’avantage de voyager beaucoup, c’est que je sais exactement de quoi j’ai besoin et je ne suis plus du genre à m’encombrer de choses inutiles quand je pars à l’étranger. Je ne tiens plus de listes interminables de trousse de pharmacie, de tongs pour la plage, de souliers pour la ville, d’escarpins pour les restaurants, de bottes de pluie, de vêtements pour ci, de vêtements pour ça et surtout d’objets au cas où j’aurais oublié de les prendre avec moi !

Je ne sais pas d’où vient cette peur de manquer. Il n’y a pas un seul endroit où je suis allée dans le monde qui n’ait pas de boutiques ni de supermarchés ! Autant je comprends que pour un aventurier comme Mike Horn, chaque objet compte car sa survie est en jeu, autant pour une personne comme moi, ce n’est pas la catastrophe si j’ai laissé mon dentifrice ou ma lime à ongles à la maison. Je ne parle évidemment pas des chefs de famille qui doivent penser à tout ou des personnes qui ont un budget de voyage limité et pour qui chaque sou compte.

Toutes mes affaires pour deux semaines de vacances tiennent dans un sac banane que je prends en cabine avec moi et une valise Rimowa de 10-12 kg maximum au lieu des 20 kg autorisés en classe economy ou des 35 kg autorisés en classe business. Dans ma valise, il y a :

  • Une grande pochette avec mes vêtements choisis en fonction de la météo au lieu de destination. Comme je suis plutôt classique dans les formes et les couleurs, je ne me pose pas de questions si mes habits sont coordonnés ou pas.
  • Une pochette avec mes sous-vêtements et un maillot de bain (toujours pratique d’avoir un maillot de bain).
  • Une pochette avec des souliers fermés et une paire de tongs.
  • Un filet pour le linge sale.
  • Une trousse de toilette.
  • Une trousse de maquillage.
  • Une trousse d’objets « utiles » : iPad pour les jeux et la lecture, câbles et chargeurs pour les appareils électriques, adaptateur si le voltage n’est pas le même qu’en Suisse (USA et Japon entre autres).

En règle générale, je vis de la même manière à l’étranger qu’en Suisse et je ne vois pas pourquoi j’arpenterais les rues de Paris ou de New York avec un sac à dos, un K-way et des chaussures de randonnée… Il est certain que chacun fait ce qu’il veut : mon Frangin ne se sépare jamais de sa ceinture noire et de son vieux sac de taekwnondo par exemple.

J’ai vu passer sur Facebook une page de conseils aux voyageurs qui m’a beaucoup amusée. On y recommandait de prendre, entre autres, un mousqueton, utile pour accrocher ses emplettes à son sac pour se libérer les mains (vous faites ça chez vous ?), des petits cadeaux comme des bonbons, des porte-clés et les fameux crayons/stylos (s’il faut faire un cadeau, autant l’acheter sur place, non ?), une serviette en microfibre (pourquoi ? pour faire le ménage ?), une paire de pantoufles (à part loger chez l’habitant et encore, je ne vois pas à quoi ça sert), un petit tube de lessive (au cas où on traverserait le désert saharien sans doute mais dans ce cas, il n’y aura pas d’eau non plus), un réveil (pas besoin, le téléphone portable suffit), un dictionnaire (l’anglais est parlé pratiquement partout ainsi que le langage des signes), un guide de voyage (je n’aime pas les guides de voyage, je préfère découvrir un endroit par moi-même) et un pèse-valise (pas besoin dans mon cas car je dépasse rarement les 12 kg).

Okay, Koyangi, c’est ta vision des choses mais tu fais quoi si ta valise n’arrive pas à destination, toi et ta banane rikiki ?

Il m’est arrivé trois fois de débarquer dans un pays sans ma valise. En général, je ne m’en formalise pas car je trouve pratique qu’on me la livre directement dans ma chambre d’hôtel. Ce fut le cas dernièrement en Corée du Sud où ma valise a été acheminée deux jours après mon arrivée à Séoul dans la ville de Gyeongju. Pendant 48 heures, je me suis donc débrouillée avec le contenu de ma banane :

  • Mon passeport
  • Une carte de crédit (j’ai rarement du cash sur moi quand je pars à l’étranger)
  • Mon téléphone portable et son chargeur USB
  • Mes lunettes de vue Moscot
  • Un paquet de mouchoirs
  • Une brosse à dents pliable et un mini tube de dentifrice
  • Un paquet de chewing-gums
  • La clé de l’appartement en Suisse
  • Un peu de sel censé me porter chance pendant le voyage ;o)

Malgré les apparences, j’avais tout ce qu’il me fallait : de quoi retirer de l’argent, me laver les dents et charger mon portable pour téléphoner et faire des photos. Alors, oui, je ne me suis pas maquillée pendant 2 jours (est-ce si important ?) mais j’étais propre grâce au savon, gel douche, shampooing et lait hydratant fournis par l’hôtel. J’avais également de quoi acheter de la nourriture et des habits en attendant.

Pourquoi se compliquer la vie ? Je me le demande parfois.

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Mon « bagage » à mon arrivée à l’aéroport d’Incheon de Séoul :o)
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Dans le KTX, train à grande vitesse en Corée. En première classe, on reçoit un kit avec une lingette, un cookie et des fruits secs.
Voyager léger

S’interroger sur la vie minimaliste de Fumio Sasaki

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Dans le dernier Matin Dimanche, journal dominical de Suisse Romande, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt un article consacré à Fumio Sasaki, un Japonais auteur de Goodbye Things, un énième livre sur le minimalisme.

Comme pour la méthode de Marie Kondo, j’ai résisté à la tentation de me ruer dans la première bibliothèque venue pour l’acheter (vous ai-je dit que je me suis débarrassée de tous mes Dominique Loreau à part un ou deux ?) au profit de quelques recherches sur Internet. Dès qu’on parle de minimalisme, je me doute bien que je vais trouver des conseils pour vivre avec un minimum d’objets, la fameuse liste « d’un caleçon, trois paires de chaussettes et deux T-shirts » et un environnement dépouillé et toujours blanc. Je caricature mais une fois de plus, je ne me suis pas trompée au vu des articles de presse et des photos de l’intérieur de M. Sasaki et de ses amis qui proclament tous combien ils sont plus heureux depuis qu’ils pratiquent l’art du vide. Comme si les soirées chips, bière et saucisson affalé sur le sofa devant GoT, c’était mal.

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Une salle de bain de prison… oups, non, une salle de bain minimaliste ! Sans rideau de douche, je ne vois pas comment on peut se doucher sans inonder toute la pièce mais peut-être Fumio Sasaki ne prend que des bains ?
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Le minimalisme, ça fait de très belles photos zen. Ce tiroir ressemble plus à celui d’un minimaliste occidental qu’asiatique. On y trouve un tire-bouchon, un couteau, une fourchette et des cuillères et pas de baguettes, étonnant !
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Le contenu du meuble de la salle de bain aperçu plus haut. Ca passe pour un homme ou pour une femme qui ne se maquille(nt) pas et qui ont la boule à zéro mais un pot de crème hydratante ne serait pas superflu. Quant à la brosse à dents et au dentifrice, j’espère qu’ils sont stockés quelque part ;o)
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Beaucoup d’Asiatiques vivent à même le sol mais pour le confort, c’est assez limite. Chez ma mère coréenne, on dort, on mange et on s’asseoit aussi par terre mais je n’ai jamais réussi à m’asseoir sur les talons ou à m’accroupir sans me tortiller dans tous les sens avec des fourmis plein les jambes. Ces positions ne sont donc pas génétiques et ma famille très compréhensive tolère que je m’asseois en tailleur ou allonge les jambes devant moi, ce qui est mal vu et plutôt vulgaire pour une fille en Asie !
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L’alliance du peu avec l’esthétique me parle beaucoup !

J’ai toujours beaucoup de plaisir à découvrir ces modes de vie monacales mais je m’interroge sur la réalité de leur application sur le terrain. Je ne peux pas croire que les enfants de Bea Johnson ne réclament pas du Coca, une PS4, un paquet d’Oreo et des Pokémon Go comme leurs copains ou alors ils sont brimés des mutants ; je me demande comment s’habille Fumio Sasaki en hiver quand les températures polaires s’abattent sur le Japon s’il n’a que « quatre T-shirts, quatre paires de chaussettes, trois chemises et cinq paires de chaussures » (j’espère pour lui qu’il a une veste chaude, un bonnet, une écharpe et des gants) ; je doute que tous ces gourous du « less is more » suivent leurs préceptes à la lettre sans jamais craquer, une fois l’exposition médiatique retombée et quand ils se retrouvent seuls derrière leurs murs nus qui ressemblent à une maison témoin au mieux ou à une cellule de prison au pire. Le savoir me rassurerait sur leur nature humaine, à savoir faillible, qui est plus intéressante pour moi que la perfection.

Puis, pourquoi ce blanc uniforme constant ? On ne peut pas être minimaliste et choisir une blouse à volants, porter des escarpins roses, prendre ses repas dans une unique assiette verte et lire à la lumière d’une lampe dorée ?

Urban Nomad Kit du designer mexicain Gerardo Osio. Ce kit est le genre d’achat que j’aurais fait spontanément à l’époque en me disant : « Il me le faut et tout de suite » ! C’est très beau mais il est rare que je débarque à un endroit où je n’ai pas de lit et j’aurais préféré une couverture ou un sac de couchage au lieu d’un tapis. Autant dormir au chaud sur un sol dur plutôt que de dormir sur un sol dur en ayant froid, non ? Par ailleurs, rien n’empêche de se préparer un paquetage identique et personnalisé si l’on en a envie !

J’étais minimaliste bien avant que cela ne devienne une mode, pour preuve j’ai débarqué chez lui avec mon chat Kimchi sous le bras, une valise de vêtements, un bureau dont je ne veux plus car trop massif et une chaise de designer alors que j’ai vécu longtemps seule dans un appartement vide de 2,5 pièces plus cuisine et salle de bain. Je n’étais pas heureuse pour autant, bien au contraire, et il me manquait ce que Lui m’a appris à aimer : le confort ! Quel bonheur de rêvasser dans un canapé large et profond, de dormir sur un matelas épais de Palace, de m’emmitoufler dans un gros plaid en laine quand il fait froid, de boire un Moscow Mule dans une tasse en cuivre et du champagne dans une flûte en cristal !

Je me réjouis pour tous ces auteurs minimalistes d’avoir trouvé leur voie qui n’est pas la mienne. Je n’aurais jamais « beaucoup » d’affaires (quoique… Tout est relatif, par rapport à quoi et à qui ?) comme je vous l’ai montré ici. Je ne suis pas attachée aux objets à part quelques-uns dont la bague de maman et ne crains pas de tout perdre pour recommencer à zéro – ça me plairait presque, c’est un scénario auquel je réfléchis souvent – mais j’ai du mal avec les discours et les comportements extrêmes. J’aime expérimenter, tâtonner, tourner en rond, me tromper beaucoup, revenir sur mes convictions et suis parfaitement incapable de suivre une ligne de conduite. Au final, le summum du minimalisme ne serait-il pas d’arrêter de donner de l’importance à ce qu’on a (ou pas) ?

(c) All photos: Internet.

S’interroger sur la vie minimaliste de Fumio Sasaki

Neemic. Made in China

La mode est un domaine dans lequel je n’ai aucune expertise et que j’observe de loin. Bien que les apparences semblent parfois trompeuses (cf. Marciano/Guess), je prête plus d’attention aux détails de la confection et aux conditions dans lesquelles mes vêtements sont produits qu’à la marque, qu’elle soit prestigieuse comme Hermès (non, je n’achèterai pas de sacs ni d’accessoires en python ou en crocodile, de toute façon, je n’aime pas le cuir de reptile) ou bon marché comme H&M chez qui je ne vais toujours pas sans savoir pourquoi.

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Je passe ainsi pas mal de temps à me documenter en étant consciente toutefois que l’information est fragmentaire et qu’il est illusoire de vouloir consommer 100 % local, bio et éthique à moins de produire soi-même tout ce dont on a besoin. Mon collègue me disait l’autre jour avec humour que oui, sa pizza était « maison » si l’on considérait qu’il n’avait pas récolté le sel, ni fait pousser les tomates, ni élevé la bufflonne pour fabriquer de la mozzarella, ni moissonné le blé pour le réduire en farine, etc.

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J’aime aussi tordre le cou à mes préjugés de bobo bourge cagole gâtée et il n’y a pas mieux que les voyages pour appréhender la vie d’une manière différente et apprendre que « l’autre » n’est pas toujours le monstre que l’on veut nous faire croire.

Cette digression (habituelle, soupir) pour vous parler du « Made in China » que tout le monde associe trop souvent à du toc, du bon marché, de la mauvaise qualité, etc. En 2015, c’est oublier trop vite que ce n’est ni le savoir-faire chinois ni la qualification de la main d’œuvre qui sont en cause, comme le démontre le projet Made in China Diary mené par les designers suisses d’Anaïde Gregory Studio mais bien la volonté de certains chefs d’entreprise occidentaux de chercher à faire des économies sur la production de masse. Il est à noter également qu’aucun Asiatique qui en a les moyens n’achètera de contrefaçons ; au contraire, il est prêt à payer plus cher qu’un Européen pour obtenir des objets de luxe et sait les apprécier à leur juste valeur.

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Ceci n’occulte pas le fait qu’il y a de graves abus en Chine, comme partout ailleurs dans le monde, mais la violence de certaines vidéos à charge, volontaire ou non, ne doit pas faire oublier que la Chine est un pays immense d’une richesse culturelle millénaire phénoménale qui prend des mesures pour protéger la faune et la flore du pays en créant des zones naturelles protégées afin de sauver de l’extinction des espèces rares comme le panda géant, le rhinopithèque doré, le yak sauvage, le tigre de Mandchourie ou le cerf de Thorold, qu’ils ont adopté le principe du recyclage des déchets et des ordures ménagères et que le cliché du Chinois mangeur de chien ne s’applique pas à toute la Chine (des associations locales ont également critiqué l’abattage massif des chiens au festival de Yulin, puis, qui sommes-nous pour condamner ce massacre alors que nous tolérons que des chiens et des chats soient euthanasiés tous les jours dans nos chenils et nos refuges surpeuplés ? Par ailleurs, il est tout à fait légal en Suisse de manger son chien ou son chat et personne ne trouve rien à redire).

Au lieu de pointer du doigt des saloperies de psychopathes qui ne sont malheureusement pas l’apanage des seuls Chinois, je reconnais que je n’ai aucune supériorité morale pour dénoncer les autres sans prendre en considération mes propres agissements et je préfère de loin mettre en avant les belles réalisations humaines, sources d’échanges, de collaboration et de compréhension mutuelle.

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Dans cet état d’esprit, on obtient le meilleur quand deux designers suisses, Amihan Zemp et Hans Martin Galliker, s’installent à Beijing pour créer la marque Neemic, dont les vêtements sont de purs joyaux réalisés à partir d’étoffes recyclées de l’industrie du textile naturel et biologique chinois ou de tissus produits dans le respect de l’environnement, à savoir sans engrais chimiques, ni pesticides, ni insecticides sous les labels The Hong Kong Organic Textile Association et AgraChina.

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Je sais que la saison ne se prête guère à vous montrer des images de gros manteaux en laine et de pulls oversize en mohair (ne me remerciez pas ;o)) mais je suis tombée sur ce site en cherchant des modèles de tricot que je suis en train de réaliser pour cet hiver. Je ne sais pas pour vous mais moi, je suis conquise !

Neemic / Beijing / People’s Republic of China / E-shop : http://neemic.asia/shop

Copyright All Photos (c) Neemic.com

Neemic. Made in China

Une action minimaliste par semaine

Le minimalisme, la simplicité volontaire, l’art de l’essentiel, de la simplicité, des listes, de la frugalité et de la volupté © Dominique Loreau, le Zero Waste Home © Béa Johnson, la vie sans impact © Colin Beavan, etc. n’ont plus autant d’attrait pour moi que par le passé. Non pas parce que je fais tout le contraire, bien entendu, mais parce que je n’ai plus envie d’appartenir à une mouvance quelconque dirigée par un « gourou » qui m’explique comment vivre.

Pratiquer la pleine conscience, créer un bel environnement partout où je suis, accomplir des choses qui m’apportent de la joie et qui me rendent meilleure, explorer le monde et ouvrir mon esprit, me nourrir d’aliments qui me font plaisir (graines germées, tofu, chips au paprika ou côte de bœuf, même combat), prendre soin de mon corps et l’aimer, découvrir de charmantes adresses où je me sens bien (cafés, librairies, épiceries, boutiques…), continuer à m’éduquer et à mettre en place des structures pour m’amener à la réussite, voilà ce qui m’importe vraiment aujourd’hui.

Pourquoi y a-t-il autant de variétés de formes, de couleurs et d’espèces d’animaux, d’oiseaux, de poissons, d’insectes, de plantes, de fruits et de légumes dans le monde pour se contenter d’un seul ? La nature, elle-même est abondante, généreuse, riche et variée. L’ascétisme est tout son contraire et je n’ai aucune envie de réprimer mon plaisir et de passer à côté de toutes ces merveilles.

On pourrait arguer du fait que la planète va mal, que l’homme est un loup pour l’homme, que c’était mieux « avant » (avant quoi ou plutôt quand ? La 1ère et la 2ème Guerre Mondiale ? La guerre froide ? L’apartheid ?), que nous courrons tous à notre perte, que le sol est acide, que l’air est pollué, que l’eau est gaspillée, que les abeilles meurent, que Monsanto est un fléau, etc., mais je pense que nous avons le choix de nos actions, du moins dans les pays qui ne sont pas soumis à un régime totalitaire. Chaque jour, nous décidons de lire les atrocités dans la presse de caniveau qui relèvent du fait divers et non de l’information, de remplir le frigidaire de malbouffe, de suivre les diktats de la mode et de la beauté physique, de suivre des diètes fantaisistes, de relayer des images de tortures infligées aux humains et aux animaux, de se complaire dans une attitude négative, de s’endetter. Ou pas.

Par défaut, je continue à intituler cette série d’articles « Une action minimaliste par semaine » même si je ne souhaite pas être confinée dans un mouvement précis avec des règles strictes que je suis incapable d’observer, comme expliqué plus haut.

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Conduire moins, marcher plus

Cela fait un moment que j’effectue plus de 10’000 pas par jour en moyenne même si, une fois de plus, on lit tout et son contraire sur le Net. Il est évident que ce chiffre de 10’000 est symbolique et je ne crois pas qu’une étude était nécessaire pour le démontrer. Cependant, cette recommandation aux origines nébuleuses m’a donné l’impulsion pour délaisser ma voiture au profit de la marche et de mes horribles chaussures thérapeutiques MBT et Kyboot. Je marche pratiquement en toute saison et par n’importe quel temps, sauf quand la chaussée est verglacée (Lausanne est située sur 3 collines, les routes sont donc escarpées. On dit d’ailleurs que les Lausannoises ont les plus belles jambes du pays, ce qui reste encore à prouver ;o)) et me fixe des objectifs pour me motiver : « monter en ville » pour chercher un hamburger ou un produit de beauté (aujourd’hui, c’était du démaquillant H20 Bioderma à la Pharmacie Plus du Flon) pendant la pause de midi, acheter des cerises au marché de Lausanne ou du jus d’orange pressé chez Manor le samedi, photographier les rues et les bâtiments de la ville, aller au travail à pied, rentrer à la maison en longeant le bord du lac, réfléchir à une question qui me turlupine, etc.

Le plus, c’est qu’il s’agit d’une activité gratuite que tout le monde ou presque peut pratiquer.

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Bacon Avocado Beef chez Holy Cow. Boeuf 100 % suisse, bacon, avocado mash, ketchup, confit d’oignons rouges, salade batavia

Consulter des spécialistes et faire fi des idées reçues

A en croire les naturopathes et les fitness gourous, il faudrait bannir à vie le lait, le gluten, le sucre, la caféine, l’alcool, la viande, etc., de son alimentation (il n’y a plus grand-chose à se mettre sous la dent, dis-donc) pour être en pleine forme et plein d’énergie. Afin d’en avoir le cœur net et ne souhaitant pas faire n’importe quoi avec ma santé, j’ai consulté mon médecin spécialisé en nutrition (et pas un/e diététicien/ne) qui, après plusieurs tests et analyses, m’a confirmé que je ne souffrais d’aucune allergie et que je pouvais consommer ce que je voulais sans que cela ne me porte préjudice. J’ai ainsi recommencé à manger des hamburgers que j’évitais bêtement,  influencée que j’étais par les campagnes de lutte contre l’obésité qui sont loin de me concerner. En revanche, je n’ai toujours pas réussi à boire du Coca-Cola normal.

Attention, ce régime alimentaire n’est valable que pour moi et avec l’accord de mon médecin. Je ne fais pas l’apologie de la junkfood mais d’une alimentation équilibrée en fonction de son organisme et de son métabolisme. Ce qui est valable pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres !

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Blue Jean et Blue Lagoon sur les pieds et Popcorn sur les mains – Vernis Akyado, Suisse

Virer tous mes vernis et confier mes ongles à une manucure professionnelle

Disons-le tout de suite, je n’ai jamais été une NPA (Nail Polish Addict) ni une collectionneuse de vernis. Je n’aime pas non plus changer de couleur tous les jours ni passer des heures à appliquer (très mal) un base coat, 2 à 3 couches de vernis et un top coat toutes les semaines, voire deux fois par semaine. Dominique Loreau est bien gentille de conseiller de faire tout par soi-même mais je doute qu’elle soit une experte en manucure quand elle écrit d’appliquer la laque directement sur l’ongle, sans aucune couche protectrice.

Avant que la déferlante NPA débarque sur les blogs beauté, j’allais déjà chez Jessica d’Ongle Attitude pour la manucure au gel qui, après expérience personnelle, n’abime pas plus l’ongle qu’une manucure classique où quantité de produits pas toujours très nets à base de dissolvant et de sèche vite sont utilisés. Quand j’ai arrêté le gel, j’ai simplement attendu la repousse complète de mes ongles qui ont retrouvé leur qualité d’origine et qui n’ont jamais été mous ni cassants.

Après, on peut aimer ou pas la manucure au gel, c’est selon, mais ce que j’apprécie, c’est que mes ongles sont renforcés (ils n’ont jamais été aussi longs et solides que maintenant), que leur forme est parfaite et que la tenue de 4-5 semaines environ est idéale pour mes nombreux déplacements privés et professionnels. Last but not least, j’adore papoter de tout et de rien avec Jessica qui a toujours le sourire. Puis, à l’exception de la crème Dior à l’abricot pour les cuticules, je me suis débarrassée de tout mon kit de manucure (deux vernis OPI, un base coat, un top coat, un repousse cuticules, un stylo correcteur, un dotting tool, une bouteille de dissolvant…) que je ne pouvais plus voir en peinture ! Une bonne chose en moins.

Ongle Attitude / Avenue Villamont 17 / 1005 Lausanne / Suisse

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Me préparer un petit-déjeuner royal

Avec tout ce que j’aime. Des scones tout frais de chez Cuppin’s, une grosse cuillère de crème double de Gruyères pour remplacer le beurre et de la confiture de fraise de la ferme des Borboën à Denges. Rien que du local, du bio, du fait maison, de la qualité et de la gourmandise et pas un gramme de culpabilité !

Une action minimaliste par semaine

Post-minimalisme

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Minimalist Architecture by (c) Christopher Domakis

Le fait d’avoir sciemment raté mon Carême 2015 a été non seulement libérateur mais également révélateur pour moi. Le fait de débuter l’année dans la sublime Nirvana Villa à Koh Samui en Thaïlande aussi. D’ailleurs, il faut que je vous en parle très vite.

Cela a commencé par plein de prises de conscience : la beauté des chambres de la Villa richement décorées, pleines de vie et de couleurs ; les délicieux cocktails que May nous préparaient et que je sirotais en pensant à Madame Béa qui aurait exigé qu’elle retire sur le champ la paille en plastique et l’ombrelle en papier ; l’éloignement géographique et médiatique des attentats de Charlie Hebdo qui n’avaient pas plus de répercussion en Thaïlande que leur crise politique chez nous.

Le concept de Zero Waste Home est super mais il faut mettre les choses en perspective quand on sait que : « L’envoi d’un simple e-mail assorti d’une petite pièce jointe consomme autant d’énergie qu’une ampoule économique de forte puissance allumée pendant une heure, soit environ 24 watts/heure. Or, des e-mails, il s’en échange 50 milliards chaque heure à travers le monde. Ce qui signifie que, chaque heure, le simple trafic de courrier électronique, qui semble pourtant être le mode de communication le plus écologique qui soit, consomme l’équivalent de la production de 15 centrales nucléaires, ou de 400 allers-retours Paris-New York en avion ! Quant à Google, son utilisation équivaut en permanence à la consommation d’une ville de la taille de Bordeaux » (texte tiré d’un article consacré à une émission de France 5 sur la réalité d’Internet). Et je ne parle pas de l’envoi des textos ni de la maintenance des blogs comme le mien qui réclame une quantité astronomique de serveurs qui tournent 24h/24 et 7j/7 pour que Madame Béa, vous et moi puissions y avoir accès afin de parler de minimalisme, de simplicité et d’environnement…

J’ai repensé au mouvement minimaliste, qui pour certains consiste à vivre avec 2 slips et 1 paire de chaussettes ou à compter les objets en se promettant de ne pas dépasser le chiffre fatidique de 33, de 99 ou de 100. Je caricature mais je compte aussi mes affaires ;o) et je suis toujours grosso modo les préceptes de Dominique Loreau.

Minimalism is not defined by what is not there but the rightness of what is and the richness with which it is experienced – John Pawson

Bien entendu, ne pas surconsommer et se débarrasser du superflu est une bonne chose mais je pense qu’il est fondamental d’apprécier la vie telle qu’elle est sans se prendre la tête ni s’encombrer de cette fichue culpabilité judéo-chrétienne qui imprègne notre culture occidentale qu’on le veuille ou non. On va tous mourir au bout du compte, alors pourquoi se figer dans un mode de fonctionnement impossible à tenir (que se passera-t-il le jour où Madame Béa achètera un beau tube de rouge à lèvres, ce que je lui souhaite, ou un sachet de chips ?), pourquoi suivre aveuglément des tendances de pays riches – le minimalisme en est une et s’est même transformé en business – qui ne savent bientôt plus quoi inventer pour compliquer le quotidien ? Quelle est la finalité d’avoir une garde-robe parfaite, une maison parfaite, une alimentation parfaite, une peau parfaite, une silhouette parfaite ? Quelles peurs se cachent derrière ce besoin de tout contrôler ?

J’ai toujours été minimaliste. Quand je suis partie de chez mes parents, j’ai vécu 6 mois avec un matelas par terre et une ampoule au plafond avant que maman, effrayée, décide avec papa de m’envoyer de l’argent pour me meubler alors que je n’en avais pas besoin. Je me suis aussi incrustée dans la vie de Lui (au sens propre, car j’avais résilié mon appartement et qu’il n’a pas vraiment eu le choix ;o)) en débarquant chez lui avec Kimchi le chat et deux valises sous les bras en tout et pour tout.

Cependant, contrairement à celles et à ceux qui réfléchissent au contenu de leur armoire à grand renfort de schémas et de fichiers Excel, je préfère une approche plus spontanée où la notion de plaisir est présente. Le minimalisme n’est en effet pour moi qu’un moyen de faire de l’ordre dans ma vie et non un credo.

Il faut savoir, parfois, dépasser ses propres limites pour retrouver une certaine légèreté, poser un regard bienveillant sur le monde, faire de la place à ce qui est important pour soi, quitte à déplaire, commettre des erreurs et s’autoriser quelques folies. Résolument.

Sinon, ça ne reste que du vide.

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