Vivre dans un cocon no. 3

Règle du cocon no. 3. Développer des habitudes.

Il y a des mots qui ont des connotations négatives comme la routine. Or, quand je lis le livre du moine Shoukei Matsumoto, je constate qu’il a dédié son existence à vivre dans la routine : se lever tôt, laver son visage et s’habiller, commencer la journée par le nettoyage, balayer les sols et le jardin, polir le hall d’entrée, manger lentement et dans le silence, méditer et prier, avant de se coucher en ayant accompli les mêmes tâches tous les jours, 365 jours par année, toujours au même endroit, sans aucune perspective de siroter un cocktail sur une île paradisiaque ou de faire un road trip en Ferrari ou en Aston Martin.

C’est là où la notion de société de consommation saute à la figure comme un furoncle sur le visage de Miss Univers. Désolée pour l’image mais je n’ai pas trouvé mieux…

La routine n’est donc pas quelque chose à fuir. Accepter la répétition des gestes quotidiens peut renforcer la capacité de profiter de l’instant présent et baisser l’anxiété face à l’impermanence des choses, soit tout le contraire de ce que j’ai fait pendant ces deux dernières années où j’ai voulu sortir de ma zone de confort ! Elle donne également un sentiment de sécurité et de contrôle en nous ancrant dans la vie, en donnant de la consistance à des petits gestes anodins et en nous offrant une stabilité émotionnelle sans pour autant tomber dans la maniaquerie. Je pense qu’il y a un équilibre à trouver.

Je suis toujours en télétravail et me déplace à Lausanne quand j’ai des réunions en présentiel, soit une fois par semaine environ, et j’ai commencé à développer quelques rituels dans mon appartement que j’apprends à aimer de plus en plus, même si je lutte contre cette impression désagréable que je ne vais pas y rester pour toujours. J’ai cependant un grand désir de me poser maintenant et de me sentir vraiment CHEZ MOI.

Il ne suffit pas de signer un contrat de vente et droit d’emption chez un notaire pour se sentir propriétaire, il faut aussi se familiariser avec le lieu. J’ai débarqué sur la Riviera vaudoise par hasard. Je n’ai pas de parents qui y habitent, je n’ai aucun souvenir particulier associé à Montreux hormis que j’aimais aller au Festival de Jazz et au marché de Noël une fois par année, je n’ai aucune idée des noms des petits villages alentour, je suis totalement étrangère à la région et j’ai un tout nouveau chapitre de mon histoire personnelle à écrire !

Il n’y a que la petite Mizar qui est de Montreux. Elle est née à une centaine de mètres de la résidence et peut revoir sa maman quand elle veut :o)

Voici donc quelques-unes de mes « joies quotidiennes » © Mélodie du Bonheur :

Les chats attendent patiemment que je me réveille pour que je leur donne leur pâtée. Je leur laisse des croquettes en libre-service mais ils tiennent à leur sachet de mousse le matin et de gelée le soir Royal Canin pour chatons.

Je bois un grand verre d’eau et un mug de chocolat noir Caotina ou du thé anglais Fortnum & Mason avec du miel et un nuage de lait © Jolitorax dans Astérix et les Bretons. Je mets le lait avant de verser l’eau chaude, ce qui est complètement idiot puisque mes mugs sont en verre et que cette façon de faire archaïque servait à préserver la porcelaine de mauvaise qualité en Angleterre qui craquait sous l’effet de la chaleur contrairement à celle des classes supérieures qui pouvaient se permettre de verser le lait après. Je prépare donc mon thé comme une prolétaire.

Je travaille ensuite jusqu’à 13h environ entre deux passages de Kumba ou de Mizar qui se couchent sur le clavier (ils savent des raccourcis que je ne connais pas comme mettre le laptop sur mode avion, afficher la fenêtre des post-it virtuels, mettre la langue de travail en finlandais, etc.), heure où je m’occupe de mon ménage : je fais mon lit qui a eu le temps de s’aérer et m’attaque à une zone (l’entrée le lundi, la cuisine le mardi, la salle de bain le mercredi, les chambres le jeudi et le séjour le vendredi) pendant que Cendrillon et Blanche-Neige, mes robots ménagers, s’occupent quotidiennement des sols, braves petites, un jour leur Prince viendra, la la la.

Kumba me réclame une friandise (un stick liquide Vitakraft) après sa sieste et je profite de cette pause pour lui apprendre des petits tours, aussi à Mizar, comme s’asseoir ou se mettre debout sur les pattes arrières (je vous dirais quand j’arriverais à les faire sauter à travers des cerceaux de feu :oP). Je leur presse aussi les coussinets de temps en temps pour faire sortir les griffes et ouvre leurs mâchoires doucement pour qu’ils s’habituent à être manipulés par la vétérinaire.  

Je profite parfois de ma pause de midi pour m’appliquer un masque ou me faire un soin ou me préparer à manger mais cela varie parce que j’attends d’avoir faim. Ce qui explique pourquoi je peux prendre mon déjeuner à 17h si j’ai fait un gros repas la veille.

A 14h, je retourne à mes e-mails jusqu’à 18h où je me prépare pour aller au fitness situé à côté du Forum, le centre commercial de Montreux, ce qui est très pratique si j’ai oublié d’acheter quelque chose le week-end, Migros et Coop fermant leurs portes à 20h en semaine. Ou alors je remplace ma session de fitness par des exercices d’étirement et de renforcement musculaire à la maison.

 A 19h30-20h, je suis de retour à la maison et regarde Objectif Top Chef en replay avant de nourrir les chats, puis c’est quartier libre jusqu’à 1h du matin. Je suis une couche-tard et une lève-tard, c’est pour ça que je ne serai jamais « healthy, wealthy and wise » (en bonne santé, riche et sage) comme disent les Anglais.

Je n’ai pas vraiment de rituels ni d’horaires le samedi et le dimanche où je fais ce qui me passe par la tête comme en vacances, à part les courses pour la semaine. J’aimerais toutefois prendre plus de temps pour visiter la région, découvrir les sentiers dans la forêt mais aussi buller dans mon coin à regarder le paysage et savourer le temps qui passe. Tout simplement.

Vivre dans un cocon no. 1 et no. 2

J’ai une amie extraordinaire qui me fait rêver quand elle me parle de son cocon. C’est l’endroit où elle vit et où elle se sent le mieux au monde ! Elle a fait de son logis un endroit où elle se détend et où elle prend soin d’elle – elle s’excuse parfois au téléphone pour me dire qu’elle doit enlever le masque capillaire qu’elle a posé – et je sais qu’elle a toujours des fromages et des petites choses à grignoter pour ses « pique-niques » devant ses séries préférées.

Je lui dis souvent que j’adore son concept de faire de son chez soi un cocon et il est temps pour moi de vivre et de profiter de mes domiciles plutôt que de déménager constamment ! C’est bien de construire un chalet à la montagne et d’avoir acheté un appartement à Montreux, c’est encore mieux de les investir et d’y habiter vraiment !

J’avais un rêve quand j’étais enfant, qui était d’acheter une petite maison où un refuge où je serais bien, une mansarde à la Princesse Sara, selon le roman éponyme de Frances H. Burnett, qui est ma madeleine de Proust : « une pièce avec un lit douillet, une cheminée, une petite table avec deux chaises, de l’argenterie et de la vaisselle en porcelaine, une lampe qui diffuse une lumière rose, des couvertures et de la fourrure en abondance, une étagère pleine de livres, un service à thé, un vase avec un petit bouquet de fleurs, une fenêtre donnant sur les toits, de la soupe chaude, des sandwiches et un paquet de petits gâteaux d’un grand chef pâtissier ».

A l’exception de la lampe qui diffuse une lumière rose, une étagère pleine de livres (je lis en numérique) et une fenêtre donnant sur les toits (j’ai nettement mieux, j’ai des grandes fenêtres donnant sur le cirque des montagnes au chalet et une vue imprenable sur le lac Léman à Montreux), j’ai acquis mes refuges et mes « mansardes » mais je n’en ai pas encore fait mes cocons.

J’aime cette photo de l’hiver dernier au chalet. Il faisait beau, Kumba était heureux de prendre l’air sur le balcon et j’étais en train de me préparer une fondue que j’allais déguster en contemplant le paysage enneigé !

Je suis constamment en train de réfléchir à la décoration intérieure : je veux refaire la salle de bain, installer une buanderie, commander une penderie sur mesure pour la deuxième chambre, remplacer le meuble TV et la table basse du salon et demander à un menuisier de réaliser des meubles de rangement pour l’entrée à Montreux, aménager l’entrée et les chambres, m’occuper du jardin au chalet, etc., et j’oublie que j’ai tout le temps pour le faire et que je peux investir mes lieux de vie, même s’ils sont encore parfaitements imparfaits à mes yeux.

Je ne regretterai jamais d’avoir acheté mon appartement sur la Riviera. Cette vue qui n’est que partielle sur le lac Léman est époustouflante de beauté !

Je vais donc faire avec ce que j’ai et m’intéresser davantage à mon intérieur ces prochains temps sur mon blog. Je vais également me creuser la tête pour savoir ce que représente un cocon pour moi.

Règle du cocon no 1. Vivre dans un intérieur propre.

Pour commencer, la vue, l’espace et la lumière naturelle sont primordiaux pour moi. Ensuite, j’ai besoin de vivre dans un intérieur propre, clair et rangé. Je déteste les bibelots, l’entassement des objets même si j’apprécie les cabinets de curiosités chez les autres (je suis trop minimaliste dans l’âme pour conserver des objets hétéroclites et pas collectionneuse pour un sou) et j’aime les surfaces nettes que je prends du plaisir à nettoyer et à entretenir une heure par jour environ.

Aujourd’hui par exemple, je me suis occupée de la cuisine. J’ai lancé le lave-vaisselle, nettoyé les porte-écuelles des chats qui mangent leur pâtée comme des petits porcs, détartré le robinet, lavé l’évier et les plans de travail et mis les torchons dans le panier de linge sale. Je me rends compte qu’il est très gratifiant de faire le ménage pour soi mais je suis sûre que je détesterais le faire pour les autres. Passer après Monsieur pour débarrasser ses miettes et ramasser ses chaussettes, très peu pour moi ! Je ne suis pas une boniche !

Régle du cocon no 2. Vivre avec style et élégance.

Je cuisine uniquement des produits frais, c’est pour ça que mon réfrigérateur est toujours vide. J’achète aussi les quantités nécessaires et m’arrange pour consommer les restes dans les jours qui suivent avant de faire les courses pour éviter le gaspillage alimentaire.

Je me suis également versé un verre de jus de tomate dans un mug en verre que j’ai agrémenté d’une tranche de citron. Pour moi, l’esthétique et le sens du détail sont importants, même si je suis seule à la maison. Il en va de même quand je cuisine, je tiens à dresser mes préparations et à m’asseoir à table pour déjeuner correctement. J’ai une collègue chicissime qui conserve dans le tiroir de son bureau une boîte contenant un couteau, une fourchette, une cuillère et une serviette en tissu qu’elle déplie sur ses genoux avant chaque repas à la cafétéria. Les mets n’ont pas la même saveur quand ils sont bien présentés que lorsqu’ils sont jetés à la hâte dans une assiette ou, pire, mangés directement dans leur barquette en plastique ou en alu.