Dîner à bord du Queen Mary

RMS Queen Mary
1126 Queens Hwy | Long Beach | CA 90802 | Etats-Unis d’Amérique

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Dans l’ensemble, je me dis que j’ai la chance d’exercer un métier extraordinaire. Il y a des jours sans, bien entendu, et des tâches à régler qui me plaisent moins que d’autres, mais j’aime mon travail qui m’amène aux quatre coins du monde dans des lieux que je n’aurais pas imaginés.

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Prenons par exemple le RMS Queen Mary amarré à Long Beach à Los Angeles sur lequel j’ai été dîner il y a trois semaines. Comment aurais-je pu me douter que j’arpenterais un jour les couloirs de ce sublime paquebot transatlantique construit en septembre 1934 dans un chantier naval écossais ?

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En montant à bord, j’avais les images du film Titanic de James Cameron en tête et je me suis retrouvée projetée presque un siècle en arrière en découvrant les boiseries somptueuses, les parquets craquants et les salons d’origine de ce navire de légende. Je me suis vue, petite fille, m’amuser avec les poupées et leur garde-robe dignes de Princesse Sara ou encore, jeune femme, amoureuse de Jack Dawson tant qu’à faire, courant dans les couloirs pour le rejoindre, vêtue d’une robe de satin cramoisie et de dentelle noire, les cheveux maintenus en chignon avec des perles.

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J’ai regretté ce temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître ;o) où la mode n’était pas au minimalisme ni aux vêtements unisexes, où l’on changeait de tenues en fonction des événements de la journée, où l’on ne concevait pas de sortir dîner sans longs gants blancs et où les femmes portaient des chapeaux larges et encombrants ornés de plumes, de fleurs ou de fruits, du moins pour les plus fortunées.

Dans la salle à manger de première classe au plafond immense, on nous a servi un menu d’inspiration européenne, simple et goûteux, avec une salade fraîcheur en entrée, un filet de bar en plat principal et un gâteau au chocolat en dessert que je n’ai pas réussi à finir (à part la Forêt Noire et le truffé au chocolat, je ne suis pas fan des gâteaux au chocolat).

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En fan absolue de Petite Princesse de Frances H. Burnett, je suis restée de longues minutes à contempler ces jouet : « Puis, elle (Sara) se tourna vers le plus gros carton, et souleva la Dernière Poupée. Un murmure parcourut l’assistance enchantée. (Sara propose d’ouvrir la malle de la poupée) : Elle s’assit par terre, et les fillettes l’entourèrent bruyamment pour apercevoir des cols de dentelle, des bas de soie, des mouchoirs ; dans un coffret à bijoux reposaient un collier et un diadème ornés de pierres ressemblant fort à des diamants ; il y avait des robes de bal, des toilettes pour aller se promener, des tenues de ville, des manteaux, des manchons et des chapeaux et même des éventails. Lavinia et Jessie en oublièrent qu’elles étaient censées avoir passé l’âge de s’intéresser aux poupées. »

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Je n’ai pas eu besoin de m’inscrire à la visite du bateau à minuit pour entrer en contact avec les fantômes qui hantent le navire – la petite Jackie qui squatterait une des piscines du pont inférieur telle Mimie Geignarde dans Harry Potter ou les âmes des 239 hommes d’équipage du croiseur HMS Curacoa, percuté accidentellement par le Queen Mary qui ne s’est pas arrêté pour les sauver pendant la 2ème guerre mondiale afin d’éviter d’être coulé à son tour par les sous-marins allemands – car chaque espace est imprégné de l’esprit des occupants d’antan, visiteurs ou soldats.

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Scorpion Submarine, un authentique sous-marin russe de la Guerre Froide que l’on peut également visiter.

J’ai longtemps rêvé de traverser l’Atlantique Nord à bord du Queen Mary 2 pour débarquer à New York 5 ou 6 jours plus tard, mais je crains qu’il n’ait pas le charme indéfinissable de son prédécesseur malgré ses cinq piscines, ses restaurants (une vingtaine en tout !), sa salle de bal, son théâtre, son casino, sa discothèque, son cinéma et tout ce que l’on peut concevoir en termes d’infrastructures modernes. Il y a certaines choses que l’argent ne peut pas acheter.

(c) photos 1, 2, 4-6 : Internet.

Dîner à bord du Queen Mary

Voyager léger

L’avantage de voyager beaucoup, c’est que je sais exactement de quoi j’ai besoin et je ne suis plus du genre à m’encombrer de choses inutiles quand je pars à l’étranger. Je ne tiens plus de listes interminables de trousse de pharmacie, de tongs pour la plage, de souliers pour la ville, d’escarpins pour les restaurants, de bottes de pluie, de vêtements pour ci, de vêtements pour ça et surtout d’objets au cas où j’aurais oublié de les prendre avec moi !

Je ne sais pas d’où vient cette peur de manquer. Il n’y a pas un seul endroit où je suis allée dans le monde qui n’ait pas de boutiques ni de supermarchés ! Autant je comprends que pour un aventurier comme Mike Horn, chaque objet compte car sa survie est en jeu, autant pour une personne comme moi, ce n’est pas la catastrophe si j’ai laissé mon dentifrice ou ma lime à ongles à la maison. Je ne parle évidemment pas des chefs de famille qui doivent penser à tout ou des personnes qui ont un budget de voyage limité et pour qui chaque sou compte.

Toutes mes affaires pour deux semaines de vacances tiennent dans un sac banane que je prends en cabine avec moi et une valise Rimowa de 10-12 kg maximum au lieu des 20 kg autorisés en classe economy ou des 35 kg autorisés en classe business. Dans ma valise, il y a :

  • Une grande pochette avec mes vêtements choisis en fonction de la météo au lieu de destination. Comme je suis plutôt classique dans les formes et les couleurs, je ne me pose pas de questions si mes habits sont coordonnés ou pas.
  • Une pochette avec mes sous-vêtements et un maillot de bain (toujours pratique d’avoir un maillot de bain).
  • Une pochette avec des souliers fermés et une paire de tongs.
  • Un filet pour le linge sale.
  • Une trousse de toilette.
  • Une trousse de maquillage.
  • Une trousse d’objets « utiles » : iPad pour les jeux et la lecture, câbles et chargeurs pour les appareils électriques, adaptateur si le voltage n’est pas le même qu’en Suisse (USA et Japon entre autres).

En règle générale, je vis de la même manière à l’étranger qu’en Suisse et je ne vois pas pourquoi j’arpenterais les rues de Paris ou de New York avec un sac à dos, un K-way et des chaussures de randonnée… Il est certain que chacun fait ce qu’il veut : mon Frangin ne se sépare jamais de sa ceinture noire et de son vieux sac de taekwnondo par exemple.

J’ai vu passer sur Facebook une page de conseils aux voyageurs qui m’a beaucoup amusée. On y recommandait de prendre, entre autres, un mousqueton, utile pour accrocher ses emplettes à son sac pour se libérer les mains (vous faites ça chez vous ?), des petits cadeaux comme des bonbons, des porte-clés et les fameux crayons/stylos (s’il faut faire un cadeau, autant l’acheter sur place, non ?), une serviette en microfibre (pourquoi ? pour faire le ménage ?), une paire de pantoufles (à part loger chez l’habitant et encore, je ne vois pas à quoi ça sert), un petit tube de lessive (au cas où on traverserait le désert saharien sans doute mais dans ce cas, il n’y aura pas d’eau non plus), un réveil (pas besoin, le téléphone portable suffit), un dictionnaire (l’anglais est parlé pratiquement partout ainsi que le langage des signes), un guide de voyage (je n’aime pas les guides de voyage, je préfère découvrir un endroit par moi-même) et un pèse-valise (pas besoin dans mon cas car je dépasse rarement les 12 kg).

Okay, Koyangi, c’est ta vision des choses mais tu fais quoi si ta valise n’arrive pas à destination, toi et ta banane rikiki ?

Il m’est arrivé trois fois de débarquer dans un pays sans ma valise. En général, je ne m’en formalise pas car je trouve pratique qu’on me la livre directement dans ma chambre d’hôtel. Ce fut le cas dernièrement en Corée du Sud où ma valise a été acheminée deux jours après mon arrivée à Séoul dans la ville de Gyeongju. Pendant 48 heures, je me suis donc débrouillée avec le contenu de ma banane :

  • Mon passeport
  • Une carte de crédit (j’ai rarement du cash sur moi quand je pars à l’étranger)
  • Mon téléphone portable et son chargeur USB
  • Mes lunettes de vue Moscot
  • Un paquet de mouchoirs
  • Une brosse à dents pliable et un mini tube de dentifrice
  • Un paquet de chewing-gums
  • La clé de l’appartement en Suisse
  • Un peu de sel censé me porter chance pendant le voyage ;o)

Malgré les apparences, j’avais tout ce qu’il me fallait : de quoi retirer de l’argent, me laver les dents et charger mon portable pour téléphoner et faire des photos. Alors, oui, je ne me suis pas maquillée pendant 2 jours (est-ce si important ?) mais j’étais propre grâce au savon, gel douche, shampooing et lait hydratant fournis par l’hôtel. J’avais également de quoi acheter de la nourriture et des habits en attendant.

Pourquoi se compliquer la vie ? Je me le demande parfois.

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Mon « bagage » à mon arrivée à l’aéroport d’Incheon de Séoul :o)
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Dans le KTX, train à grande vitesse en Corée. En première classe, on reçoit un kit avec une lingette, un cookie et des fruits secs.
Voyager léger

Un achat par semaine no 4

Un billet d’avion pour le Costa Rica
Air France & KLM Business Class

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Malgré toute ma bonne volonté, il m’a été impossible d’écrire quoique ce soit sur mon blog la semaine passée. D’abord, parce que j’ai donné la priorité à mon travail pour lequel je n’ai quasi pas dormi entre mes levers à 5h30 du matin et mes couchers à 23h-minuit, ensuite parce que j’ai profité du week-end pour me reposer, ne quittant mon lit que pour petit-déjeuner et dîner (j’ai une vie de couple absolument trépidante ;o)).

Par conséquent, je posterai deux articles cette semaine.

L’avantage d’être suroccupée, c’est que je n’ai pas le temps de traîner dans les magasins ni de surfer sur Internet pour assouvir une quelconque frénésie d’achats. Je n’ai aucune idée des dernières tendances mode ou beauté et me limite généralement aux courses à faire pour la semaine.

Malheureusement, je n’économise pas pour autant puisque mes rares acquisitions sont onéreuses. C’est le cas pour ce billet d’avion pour nos prochaines vacances au Costa Rica, le pays « le plus heureux du monde » que je me réjouis de découvrir ! Nous n’avons pas établi de programme fixe pour l’instant, mais nous louerons certainement une voiture pour nous rendre dans les parcs nationaux et les réserves naturelles, marcher dans les forêts denses et luxuriantes, goûter la cuisine créole, nous baigner dans des baies majestueuses, escalader un volcan, visiter les marchés colorés, descendre une rivière en pirogue et nous émerveiller de la faune et de la flore exceptionnelles que la population de cet état le plus égalitaire d’Amérique latine a su préserver.

Ce week-end, je réalisais combien j’avais de la chance de vivre non seulement dans un pays prospère où il fait bon vivre mais aussi de pouvoir assouvir mes désirs d’évasion pour rompre avec le quotidien : plus de réveil, plus d’obligations de performance à tenir, plus de frigo à remplir, juste une paire de tongs, un T-shirt, la tête au soleil et les pieds dans l’eau !

(c) All photos: Internet.

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Un achat par semaine no 4

Visiter Tokyo

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Rue de Ginza.

Je ne vais pas me livrer à un compte-rendu détaillé de notre passage à Tokyo mais me contenter de vous donner un aperçu de la ville en images. Autrefois connue sous le nom de Edo, Tokyo a été détruite deux fois au XXème siècle, lors du séisme de Kanto le 1er septembre 1923 et le 10 mars 1945 lorsqu’elle fut bombardée par les Américains, tuant 100’000 personnes au passage, d’où l’impression de cité moderne et flambant neuve à peine sortie de terre.

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Une des plus belles vues sur la Tour de Tokyo depuis notre hôtel et sa chambre d’artiste « Lucky Cat » par Hyogo Mino, censée apporter la bonne fortune et l’argent. Hyogo Mino s’est inspiré de son chat Kone, disparu à l’âge de 13 ans, et lui a dédié un poème qu’il a écrit sur le plafond.
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Tout compte fait, c’était assez oppressant de dormir avec une armée de chats géants autour du lit ;o)

Logé dans une chambre très kitsch à Minato-ku, à deux pas de Ginza, le quartier chic de Tokyo, nous n’avons pas échappé au circuit touristique habituel : Marché de Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde, Senso-ji à Asakusa, le plus vieux temple bouddhiste de Tokyo, le carrefour Hachiko dans le quartier de Shibuya avec ses célèbres passages cloutés et la statue de Hachi, le chien fidèle, le Palais impérial ou plutôt les jardins de l’Empereur, la résidence étant fermée au public, le Tocho (Tokyo Metropolitan Government Building), passage obligé pour la vue panoramique sur l’une des plus grandes agglomérations du monde (au dernière nouvelle, il semble qu’une ville chinoise l’a détrônée de la première place).

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Le marché de Tsukiji est un bric-à-brac où l’on trouve de tout : de la vaisselle, des ustensiles de cuisine, du thé, des gâteaux et des spécialités séchées aux noms inconnus pour ceux qui ne lisent pas le japonais ;o)
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J’aurais pu acheter Hocho, mon couteau japonais au stand Aritsugu au marché de Tsukiji mais cela aurait été me priver du service et de la beauté de la boutique à Kyoto.
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Marché de Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde. Lui ne voulait pas y aller ; quant à moi, j’ai été un peu déçue. Le marché étant ouvert aux touristes à 10h, il n’y avait pas grand-chose à voir à part des emballages en polystyrène. Je crois que l’on peut s’inscrire à l’avance pour assister à la criée à l’aube mais j’ai regretté le marché aux poissons de Noryangjin à Séoul ouvert 24h/24 où l’on peut acheter son poisson encore vivant parmi toutes les créatures marines pour l’amener dans un des restaurants du marché où il sera apprêté à notre goût : cuit, cru, grillé, etc.

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Un appareil pour fabriquer de la glace.

Ce que j’ai le plus aimé à Tokyo, ce sont ses petites ruelles où s’entassent les bars et les restaurants minuscules à la décoration surchargée, les carpes à grandes nageoires du jardin Koishikawa Kôrakuen, réputé dans tout le Japon pour sa beauté et tous les recoins moins lisses et moins maîtrisés cachés au regard par les hauts bâtiments des grandes avenues.

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De la paëlla et des spécialités espagnoles reproduites dans une vitrine à Ginza. Olé ! :o)

Il y a certainement beaucoup plus de choses à dire, à voir ou à faire à Tokyo : la jeunesse japonaise en cosplay à Harajuku, les salons de thé à thèmes « Alice au Pays des Merveilles », « Prison » ou « Manoir » avec des serveuses déguisées en soubrettes, la vie nocturne et les karaoke boxes de Roppongi, les salles de Pachinko, croisement entre un flipper et une machine à sous à Shinjuku, mais partout où je vais, je préfère le calme et la nature au bruit et à la frénésie (des trucs de vieux, quoi ! ;o)).

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On trouve des petits sanctuaires et des temples bouddhistes et shinto partout dans la Ville. Celui-ci était dédiée au dieu ou à la déesse du riz.
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La Gare de Tokyo, terminal des trains rapides Shinkansen.

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Le Palais Impérial de Tokyo. Un espace immense et plutôt vide au coeur de Tokyo.

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Les nénuphars du Jardin Koishikawa Korakuen.

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L’arche du pont aurait dû former un cercle parfait avec son reflet dans l’eau qui était trouble ce jour-là.

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Shibuya Crossing depuis le 2ème étage du Starbucks.

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A Senso-ji à Asakusa, n’oubliez pas de retirer votre omikuji ou « loterie sacrée », une divination inscrite sur un papier, que l’on tire au sort au moyen d’un bâtonnet contenu dans une boîte en métal à secouer contre une pièce de 100 Yens.

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Si l’omikuji est mauvais, il faut le nouer à un présentoir ou à un arbre près du sanctuaire et acheter une amulette de protection que l’on glissera dans son porte-monnaie. S’il est bon, c’est l’omikuji lui-même qui est un porte-bonheur ! Le mien faisait partie de la catégorie « Excellente chance » ! :o)

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Visiter Tokyo

Rentrer de Kyoto avec Hocho

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Hocho Wagokoro Petty
Aritsugu, Kyoto

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Ce qu’il y a de bien avec les larges métropoles comme Tokyo, c’est que tout le monde peut trouver son bonheur en matière de shopping tellement l’offre est titanesque ! Alors que certains rentrent du Japon avec des lunettes chauffantes pour les WC, poke Silent Joy ;o), des tenugui (fines serviettes à tout faire japonaises), des boîtes bento, des figurines Hello Kitty, Totoro et Sailor Moon, des mangas, des coques pour smartphones et autres gadgets trop kawaii chez Tokyu Hands, des sabres, des yukatas et des kimonos, de l’électronique dernier cri, etc., de la vaisselle et des services à thé, ma valise était presque aussi vide à l’aller (10 kg au lieu des 46 kg autorisés en Business Class) qu’au retour.

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A l’exception de quelques menus cadeaux et biscuits pour mes proches, je n’ai ramené que quatre objets du Japon, tous emballés avec soin.

La faute à Voltaire ma décision de m’en tenir à « un achat par semaine » qui m’empêche tout achat spontané : En ai-je besoin ? Est-ce que ça me correspond vraiment ? Est-ce que je l’aime de tout mon cœur (si oui, est-ce que je vais m’en lasser rapidement) ? Est-ce de bonne qualité ?

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Première boîte déballée : un papier d’emballage marine, une boîte en carton marron, un bloc en mousse, un morceau de carton pour recouvrir un autre morceau de carton (?) et enfin, l’objet avec trois feuilles explicatives !

Parfois, je me plante et c’est normal ! Mes goûts évoluent avec l’âge et je tâtonne beaucoup. Il y a aussi des expériences de la vie qui m’amènent à reconsidérer certains de mes critères : A quoi ça sert de dépenser une fortune pour des bijoux de pacotille ou une robe griffée alors qu’ils sont vite démodés, n’ont aucune valeur réelle et que  mon  désir de les obtenir est influencé par une campagne marketing agressive ou pire, par l’envie de paraître ? Ceci est une leçon posthume que j’ai apprise de mes parents qui investissaient dans autre chose que du vent et que j’essaie de mettre en application même si « j’ai toujours eu des goûts de luxe » comme me le reprochait maman.

Je me suis donc envolée pour le Japon avec une micro liste de choses à ramener que j’avais pris soin de bien documenter : qui, quoi, combien, où, etc. Dans cette liste, figurait un couteau de cuisine Santoku forgé à la main par la maison Aritsugu à Kyoto, une coutellerie parmi les meilleures du Japon qui fabriquait les sabres des samouraïs en 1560 déjà.

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Mon couteau Aritsugu en train d’être gravé à mon prénom.

J’aurais pu acheter mon couteau Aritsugu au marché de Tsukiji à Tokyo mais j’ai préféré être dans la seule et unique boutique située dans le marché Nishiki à Kyoto pour choisir non pas un Santoku comme je l’avais prévu mais un Wagokoro Petty qui correspondait mieux à ma main et à l’usage que je voulais en faire. C’est important de « sentir » un objet et la vendeuse qui me conseillait en anglais et en français était top !

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Le résultat. J’avoue que sur le coup, j’aurais préféré avoir un prénom japonais qui claque au lieu d’un Stéphanie plutôt banal ;o)

Ce couteau, qui est un cadeau d’anniversaire, a son prix qu’il faut régler sur place en espèces, les cartes de crédit n’étant pas acceptées. Ce n’est pas non plus n’importe quel couteau mais un magnifique instrument qu’il convient de bichonner en l’affûtant à la main une fois par mois en moyenne sur une pierre à aiguiser et en essuyant sa lame en fer, susceptible de rouiller, après chaque découpe quand on cuisine. Un entretien fastidieux mais qui en vaut la peine tant la coupe est nette et d’une précision chirurgicale.

Mon beau couteau s’appellerio Hocho* et je l’ai utilisé pour couper de la laitue et préparer du « tartare de tomate au basilic » de Dominique Loreau, du Dakgangjeong, une recette coréenne de poulet et de la saltimbocca alla romana. Je crois que grâce à lui, je vais enfin trouver l’envie de me mettre à la cuisine.

*Couteau en japonais. Pour mes lecteurs qui se souviendraient de mes couteaux suisses Wenger, sachez que je les garde très précieusement. Hocho nécessitant des soins particuliers, Grand Wenger et Petit Wenger me sont très utiles quand je n’ai pas envie de passer trop de temps en cuisine pour préparer un plat.

Rentrer de Kyoto avec Hocho