Visiter Tokyo

aDSC03949
Rue de Ginza.

Je ne vais pas me livrer à un compte-rendu détaillé de notre passage à Tokyo mais me contenter de vous donner un aperçu de la ville en images. Autrefois connue sous le nom de Edo, Tokyo a été détruite deux fois au XXème siècle, lors du séisme de Kanto le 1er septembre 1923 et le 10 mars 1945 lorsqu’elle fut bombardée par les Américains, tuant 100’000 personnes au passage, d’où l’impression de cité moderne et flambant neuve à peine sortie de terre.

aIMG_0456
Une des plus belles vues sur la Tour de Tokyo depuis notre hôtel et sa chambre d’artiste « Lucky Cat » par Hyogo Mino, censée apporter la bonne fortune et l’argent. Hyogo Mino s’est inspiré de son chat Kone, disparu à l’âge de 13 ans, et lui a dédié un poème qu’il a écrit sur le plafond.
aIMG_0470
Tout compte fait, c’était assez oppressant de dormir avec une armée de chats géants autour du lit ;o)

Logé dans une chambre très kitsch à Minato-ku, à deux pas de Ginza, le quartier chic de Tokyo, nous n’avons pas échappé au circuit touristique habituel : Marché de Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde, Senso-ji à Asakusa, le plus vieux temple bouddhiste de Tokyo, le carrefour Hachiko dans le quartier de Shibuya avec ses célèbres passages cloutés et la statue de Hachi, le chien fidèle, le Palais impérial ou plutôt les jardins de l’Empereur, la résidence étant fermée au public, le Tocho (Tokyo Metropolitan Government Building), passage obligé pour la vue panoramique sur l’une des plus grandes agglomérations du monde (au dernière nouvelle, il semble qu’une ville chinoise l’a détrônée de la première place).

aDSC03967
Le marché de Tsukiji est un bric-à-brac où l’on trouve de tout : de la vaisselle, des ustensiles de cuisine, du thé, des gâteaux et des spécialités séchées aux noms inconnus pour ceux qui ne lisent pas le japonais ;o)
aDSC03968
J’aurais pu acheter Hocho, mon couteau japonais au stand Aritsugu au marché de Tsukiji mais cela aurait été me priver du service et de la beauté de la boutique à Kyoto.
aDSC03978
Marché de Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde. Lui ne voulait pas y aller ; quant à moi, j’ai été un peu déçue. Le marché étant ouvert aux touristes à 10h, il n’y avait pas grand-chose à voir à part des emballages en polystyrène. Je crois que l’on peut s’inscrire à l’avance pour assister à la criée à l’aube mais j’ai regretté le marché aux poissons de Noryangjin à Séoul ouvert 24h/24 où l’on peut acheter son poisson encore vivant parmi toutes les créatures marines pour l’amener dans un des restaurants du marché où il sera apprêté à notre goût : cuit, cru, grillé, etc.

aDSC03981aDSC03983aDSC03985

aDSC03986
Un appareil pour fabriquer de la glace.

Ce que j’ai le plus aimé à Tokyo, ce sont ses petites ruelles où s’entassent les bars et les restaurants minuscules à la décoration surchargée, les carpes à grandes nageoires du jardin Koishikawa Kôrakuen, réputé dans tout le Japon pour sa beauté et tous les recoins moins lisses et moins maîtrisés cachés au regard par les hauts bâtiments des grandes avenues.

aDSC03951
De la paëlla et des spécialités espagnoles reproduites dans une vitrine à Ginza. Olé ! :o)

Il y a certainement beaucoup plus de choses à dire, à voir ou à faire à Tokyo : la jeunesse japonaise en cosplay à Harajuku, les salons de thé à thèmes « Alice au Pays des Merveilles », « Prison » ou « Manoir » avec des serveuses déguisées en soubrettes, la vie nocturne et les karaoke boxes de Roppongi, les salles de Pachinko, croisement entre un flipper et une machine à sous à Shinjuku, mais partout où je vais, je préfère le calme et la nature au bruit et à la frénésie (des trucs de vieux, quoi ! ;o)).

aDSC03974
On trouve des petits sanctuaires et des temples bouddhistes et shinto partout dans la Ville. Celui-ci était dédiée au dieu ou à la déesse du riz.
aDSC04002
La Gare de Tokyo, terminal des trains rapides Shinkansen.

aDSC04006

aDSC04007
Le Palais Impérial de Tokyo. Un espace immense et plutôt vide au coeur de Tokyo.

aDSC04014aDSC04013.jpgaDSC04025aDSC04026aDSC04029

aDSC04037
Les nénuphars du Jardin Koishikawa Korakuen.

aDSC04038

aDSC04042
L’arche du pont aurait dû former un cercle parfait avec son reflet dans l’eau qui était trouble ce jour-là.

aDSC04045aDSC04052aDSC04056aDSC04060aDSC04061

aDSC04091
Shibuya Crossing depuis le 2ème étage du Starbucks.

aDSC04092

A Senso-ji à Asakusa, n’oubliez pas de retirer votre omikuji ou « loterie sacrée », une divination inscrite sur un papier, que l’on tire au sort au moyen d’un bâtonnet contenu dans une boîte en métal à secouer contre une pièce de 100 Yens.

aIMG_0230

aDSC04113
Si l’omikuji est mauvais, il faut le nouer à un présentoir ou à un arbre près du sanctuaire et acheter une amulette de protection que l’on glissera dans son porte-monnaie. S’il est bon, c’est l’omikuji lui-même qui est un porte-bonheur ! Le mien faisait partie de la catégorie « Excellente chance » ! :o)

aDSC04117aIMG_0461

Visiter Tokyo

Rentrer de Kyoto avec Hocho

IMG_0415

Wagokoro Petty
Aritsugu, Kyoto

*****

Ce qu’il y a de bien avec les larges métropoles comme Tokyo, c’est que tout le monde peut trouver son bonheur en matière de shopping tellement l’offre est titanesque ! Alors que certains rentrent du Japon avec des lunettes chauffantes pour les WC, poke Silent Joy ;o), des tenugui (fines serviettes à tout faire japonaises), des boîtes bento, des figurines Hello Kitty, Totoro et Sailor Moon, des mangas, des coques pour smartphones et autres gadgets trop kawaii chez Tokyu Hands, des sabres, des yukatas et des kimonos, de l’électronique dernier cri, etc., de la vaisselle et des services à thé, ma valise était presque aussi vide à l’aller (10 kg au lieu des 46 kg autorisés en Business Class) qu’au retour.

DSC04481
A l’exception de quelques menus cadeaux et biscuits pour mes proches, je n’ai ramené que quatre objets du Japon, tous emballés avec soin.

La faute à Voltaire ma décision de m’en tenir à « un achat par semaine » qui m’empêche tout achat spontané : En ai-je besoin ? Est-ce que ça me correspond vraiment ? Est-ce que je l’aime de tout mon cœur (si oui, est-ce que je vais m’en lasser rapidement) ? Est-ce de bonne qualité ?

DSC04482
Première boîte déballée : un papier d’emballage marine, une boîte en carton marron, un bloc en mousse, un morceau de carton pour recouvrir un autre morceau de carton (?) et enfin, l’objet avec trois feuilles explicatives !

Parfois, je me plante et c’est normal ! Mes goûts évoluent avec l’âge et je tâtonne beaucoup. Il y a aussi des expériences de la vie qui m’amènent à reconsidérer certains de mes critères : A quoi ça sert de dépenser une fortune pour des bijoux de pacotille ou une robe griffée alors qu’ils sont vite démodés, n’ont aucune valeur réelle et que  mon  désir de les obtenir est influencé par une campagne marketing agressive ou pire, par l’envie de paraître ? Ceci est une leçon posthume que j’ai apprise de mes parents qui investissaient dans autre chose que du vent et que j’essaie de mettre en application même si « j’ai toujours eu des goûts de luxe » comme me le reprochait maman.

Je me suis donc envolée pour le Japon avec une micro liste de choses à ramener que j’avais pris soin de bien documenter : qui, quoi, combien, où, etc. Dans cette liste, figurait un couteau de cuisine Santoku forgé à la main par la maison Aritsugu à Kyoto, une coutellerie parmi les meilleures du Japon qui fabriquait les sabres des samouraïs en 1560 déjà.

DSC04423
Mon couteau Aritsugu en train d’être gravé à mon prénom.

J’aurais pu acheter mon couteau Aritsugu au marché de Tsukiji à Tokyo mais j’ai préféré être dans la seule et unique boutique située dans le marché Nishiki à Kyoto pour choisir non pas un Santoku comme je l’avais prévu mais un Wagokoro Petty qui correspondait mieux à ma main et à l’usage que je voulais en faire. C’est important de « sentir » un objet et la vendeuse qui me conseillait en anglais et en français était top !

IMG_0411
Le résultat. J’avoue que sur le coup, j’aurais préféré avoir un prénom japonais qui claque au lieu d’un Stéphanie plutôt banal ;o)

Ce couteau, qui est un cadeau d’anniversaire, a son prix qu’il faut régler sur place en espèces, les cartes de crédit n’étant pas acceptées. Ce n’est pas non plus n’importe quel couteau mais un magnifique instrument qu’il convient de bichonner en l’affûtant à la main une fois par mois en moyenne sur une pierre à aiguiser et en essuyant sa lame en fer, susceptible de rouiller, après chaque découpe quand on cuisine. Un entretien fastidieux mais qui en vaut la peine tant la coupe est nette et d’une précision chirurgicale.

DSC04495DSC04497

Mon beau couteau s’appellerio Hocho* et je l’ai utilisé pour couper de la laitue et préparer du « tartare de tomate au basilic » de Dominique Loreau, du Dakgangjeong, une recette coréenne de poulet et de la saltimbocca alla romana. Je crois que grâce à lui, je vais enfin trouver l’envie de me mettre à la cuisine. 

*Couteau en japonais. Pour mes lecteurs qui se souviendraient de mes couteaux suisses Wenger, sachez que je les garde très précieusement. Hocho nécessitant des soins particuliers, Grand Wenger et Petit Wenger me sont très utiles quand je n’ai pas envie de passer trop de temps en cuisine pour préparer un plat.

Rentrer de Kyoto avec Hocho

Voyager au Japon

aDSC04034
Koishikawa Korakuen à Tokyo

De retour en Suisse et sur mon blog, l’heure est venue de consacrer quelques articles sur mon voyage au Japon comme demandé par la majorité de mes lecteurs, soit 2 à 3 personnes ;o)

A part Pokémon, Dragon Ball Z, Final Fantasy, les consoles de jeux vidéos, mon appareil de photo numérique Sony, les anime Princesse Sara et Georgie (Georgie, Georgie, tu détiens un grand secret…), la fidélité légendaire de Hachiko l’Akita Inu, les films de Miyazaki et de Kurosawa, le Dernier Samouraï, 47 Ronin, Wasabi et Mémoires d’une Geisha (j’ai de sacrées références cinématographiques ;o)), les romans de Murakami et d’Amélie Nothomb, les sushis, sashimis, tsukiyaki, tonkatsu, shabu-shabu, udon et le bœuf de Kobe, les voitures Toyota, Honda et Mitsubishi et deux-trois mots (bonjour, merci, au-revoir), je ne connaissais rien du Japon !

aDSC04337
Forêt de bambou non loin du sanctuaire Fushimi Inari Taisha à Kyoto

En revanche, j’ai visité assez de pays en Asie, dont la Corée, ma patrie d’origine, Singapour, la Chine (Nanjing et Hong-Kong), la Malaisie, la Thaïlande et le Vietnam pour savoir plus ou moins à quoi je devais m’attendre en débarquant à l’aéroport de Narita. A vrai dire et je crois que j’ai déçu pas mal de monde autour de moi qui attendait mon retour d’expérience, je ne peux pas dire que j’ai été surprise ni vraiment dépaysée par le Pays du Soleil Levant. Lui non plus, d’ailleurs, qui décrivait Tokyo en ces termes : « Bah, oui, c’est une grande ville asiatique » :o)

aDSC03930
Notre hôtel, avec sa chambre d’artiste kitsch, à Minato-ku était situé à deux pas de Ginza, le quartier chic de Tokyo
aDSC03934
Ginza, paradis du shopping.

aDSC03937aDSC03935

Attention, on a beaucoup aimé le Japon mais pas au point de vouloir y retourner au plus vite. D’ailleurs, si on devait planifier un autre voyage là-bas, ce serait probablement sur l’une ou l’autre des îles du pays même si le Japon est une île en soi, on est d’accord.

aDSC04063
Shinjuku à Tokyo

Pour moi, il existe beaucoup de similitudes entre la Corée du Sud et le Japon et j’avais parfois du mal à ne pas répondre en coréen quand on me parlait. Je pourrais presque établir des parallèles entre certains arrondissements de Tokyo avec ceux de Séoul : Shinjuku et Gangnam-gu, Ginza et Songpa, Shibuya et Myeong Dong, Roppongi et Yongsan, etc. Les différences se situent au niveau de la circulation (les Japonais roulent à gauche), le courant est de 100 Volts et non de 220, la plupart des achats se règlent cash ce qui nécessite d’avoir une certaine somme d’argent sur soi, les restaurants ferment plus tôt qu’à Séoul où il est possible de manger à toute heure, on voit plus de sanctuaires shinto que d’églises (le christianisme est la religion no 1 en Corée) et surtout, il n’y a aucune Ajumma au Japon (femmes coréennes de 50-70 ans aux cheveux courts et frisés, vêtues comme Bozo le clown avec une visière géante et des vêtements de randonnée aux couleurs criardes qui s’arrogent le droit de faire ce qu’elles veulent quand elles veulent. Elles sont tolérées par la société coréenne car il s’agit d’une génération de femmes sacrifiées qui ont trimé dur pour élever leurs enfants et sortir le pays de la misère après la guerre de 1950 à 1953) et c’est tant mieux, même si ma mère coréenne en est une ! ;o)

aDSC04471
Kinkaku-ji, le pavillon d’or de Kyoto

Dans les grandes lignes, voici ce que j’ai aimé au Japon :

  • La propreté et la sécurité que l’on retrouve dans toutes les grandes villes asiatiques de l’Est tout comme la politesse et le respect des autres : les métros sont impeccables, personne ne crie ou s’exprime trop fort dans les transports publics, personne ne pose ses pieds sur les sièges, bref, il y a une réelle éducation qui se perd malheureusement chez nous.
  • Le gentil Monsieur qui s’est proposé spontanément de nous amener à la gare de Shibuya et que nous avons remercié avec une barquette de cerises, le couple de retraités dans un restaurant au bord de la mer à Ito qui me conseillaient en japonais de remplir plus copieusement nos bols de riz afin de  ne pas avoir à nous relever pour nous resservir (pas besoin d’être experts en kanji pour nous faire comprendre, le langage des signes est universel), la propriétaire du Yokikan Ryokan à Ito qui nous a fait nous sentir « comme à la maison » et la dame qui s’occupait de notre chambre, qui sous ses airs un peu brusques cachait un cœur en or, j’en suis sûre, le Monsieur au restaurant coréen à Kyoto qui nous suggérait de commander ce qu’il était en train de manger avec sa femme, pensant que j’étais japonaise ;o)
  • La discipline individuelle qui permet de faire la queue, tous sagement alignés les uns derrière les autres, sans chercher à remonter ou à doubler la ou les personne(s) qui précède(nt). Le lendemain de notre retour, je me suis mise dans une file d’attente pour acheter un poulet rôti et c’était vite le pétchi (= grand désordre, pagaille en français de Suisse romande) : un Monsieur devant, une dame à droite, une autre à gauche et moi qui ne savais pas trop où me placer jusqu’à ce que le rôtisseur demande : « C’est à qui le tour ? »
aIMG_0468
Brochette de boeuf de Kobe, grillée dans la rue à Shibuya.
  • La cuisine japonaise en général, les ramen et autres udon délicieux, de préférence dans des petits boui-bouis fréquentés exclusivement par des Japonais qui font tous slurp en aspirant bruyamment leurs nouilles, une coutume que les Coréens pratiquent aussi, qui est un signe de politesse et qui permet de ne pas se brûler la langue tout en profitant des arômes qui montent directement dans les fosses nasales. J’ai essayé de « slurper » moi-aussi mais sans succès. Lui a même dû m’apprendre comment avaler mes pâtes avec efficacité parce que je mettais un temps fou pour finir mon bol.
aDSC04100
Une bière glacée et le meilleur bol de ramen de ma vie à Shibuya à Tokyo
  • Les glaces Cremia composée à 8 % de matière grasse de lait, de 12,5 % de lait de vache d’Hokkaido et de 25 % de crème fouettée (quand je disais que les Asiatiques consommaient du lait sans être forcément malades), les pâtisseries et autres gâteaux japonais ou français (j’ai eu de grosses envies de gâteaux au Japon alors que je m’en passe facilement en Suisse, sans doute pour contrebalancer les petits-déjeuners à base de poisson cru ;o)).
aDSC04147
Ito, petit village en bord de mer dans la péninsule d’Izu

aDSC04150aDSC04163

  • Les villages dans la campagne japonaise, à l’architecture plutôt moche et aux câbles électriques tout emmêlés accrochés n’importe comment sur des poteaux. Inesthétiques mais authentiques (idem en Corée) !
  • Les Ryokan avec Onsen et les yukatas (légers kimonos) que je ne savais pas attacher.
aDSC04043
Je connaissais les bonsais miniatures mais pas en taille réelle. Je me demande si c’est une bonne idée au final car à force d’être tordu dans tous les sens, l’arbre a besoin d’être soutenu

aDSC04375

  • Les jardins japonais où l’utilisation de la mousse vantée par Dominique Loreau prend tout son sens, les forêts de bambou, les rizières, les cascades et les carpes koi dans les étangs.
  • La ponctualité des métros et des Shinkansen (train à haute vitesse).
  • L’excellence de l’artisanat japonais traditionnel dont je vous reparlerais dans la rubrique « Un achat par semaine »
  • Les Kei-cars, ces mini voitures trop chou avec de toutes petites cylindrées qui ne sont malheureusement pas exportées hormis une brève tentative il y a quelques années. Je voulais en ramener une !
  • Les robinets à eau chaude pour le thé en libre-service dans les bars à sushis.
aDSC03988
Mettre de la poudre de thé vert dans un gobelet en céramique, le placer sous le robinet à table en face de vous, le remplir d’eau chaude et c’est prêt ! J’ai apprécié que le gingembre (dans la boîte rouge sur la photo) ne soit pas rationné comme en Suisse. Quant aux sushis, c’était une merveille !
  • Les ruelles de Tokyo et de Kyoto et les petits restaurants la nuit.
  • A quelques exceptions près et hormis quelques femmes habillées de leurs beaux kimonos, le je-m’en-foutisme vestimentaire des Japonais qui m’a permis de circuler en ville sans me soucier de mon apparence ni du regard des autres.
aDSC04389
Une des meilleures boutiques de gâteaux traditionnels de Kyoto. Je n’ai malheureusement pas retenu le nom vu que tout était écrit en japonais…

Quant aux aspects que j’ai le moins aimés, ils ne sont guère nombreux :

  • La surconsommation et le suremballage qui ont interrogé l’adepte de Dominique Loreau que je suis. Même si je peux concevoir que l’emballage est aussi important que le cadeau au Japon, j’ai été surprise par la quantité de sachets en plastique distribués à tire-larigot et l’utilisation massive des baguettes en bois jetables dans tous les restaurants (les Japonais consommeraient 200 paires de baguettes par an et par personne !). Par ailleurs, même s’ils pratiquent le recyclage à la maison et que le pays compte plus de bornes électriques que de stations d’essence, est-il nécessaire de recouvrir chaque sucrerie d’une tonne de cellophane et d’emballer des emballages ? Je sais, je n’ai pas mon mot à dire étant donné que je prends souvent l’avion mais cela n’empêche pas de réfléchir.
  • Le manque de fruits et de légumes dans les assiettes mais au prix du fruit (deux mangues à EUR 200, une petite grappe de raisin à EUR 40), on oublie les 5 fruits et légumes par jour ! ;o)
Voyager au Japon

Un achat par semaine no 3

Banane Springer Eastpak and Paul & Joe Voyager
Trendmania, Lausanne

*****

Vous avez bien lu, j’ai acheté une banane et alors ? ;o)

Synonyme de ringardise absolue pour les uns, la banane est probablement le dernier accessoire qu’une blogueuse mode mettrait dans son armoire sa penderie mais je ne suis pas une blogueuse mode et je m’en porte bien.

Pour éviter le total look casquette Cochonou vissée sur les oreilles et chaussettes blanches dans les Birkenstock, j’évite de l’attacher à la taille pour ne pas alourdir ma silhouette et la porte en bandoulière à la manière d’un cross body bag sur mes vêtements habituels, que ce soit un simple T-shirt uni ou un chemisier en soie.

Il y a aussi banane et banane. Seule une modeuse hyper pointue réussira à rendre désirable une banane sport qui ressemble à un K-way. De mon côté, j’ai préféré opter pour le modèle Springer de la collection capsule lancée par Eastpak en collaboration avec la marque de prêt-à-porter Paul & Joe, connue pour ses imprimés colorés et ludiques d’inspiration vintage.

1-paul_and_joe_hero_march17-696x839
J’aime beaucoup cette collection capsule développée par Eastpak en collaboration avec Paul & Joe qui propose deux types d’imprimés : un style camouflage gris, marron et vert et l’autre plus girly mais pas mièvre représentant des papillons roses sur un fond vert foncé (c) photos : Internet.

eastpak-x-pauljoe-ss17-collection-04-900x600

Mais pourquoi une banane et pas un joli sac, me direz-vous ? J’ai longtemps réfléchi à la question, en me disant que j’avais assez de sacs de différents formats, allant du cabas Goyard à la pochette Louis Vuitton, pour faire l’affaire mais aucun ne correspondait à 100 % aux critères suivants :

  • Un sac suffisamment petit pour un encombrement minimum mais suffisamment grand pour transporter mes indispensables de voyage : un mini porte-monnaie de la taille d’une carte de crédit acheté à Nanjing contenant quelques billets de banque et un peu de monnaie, mon appareil de photo Sony RX 100 II de la taille d’un paquet de cigarettes, mon iPhone, 2-3 mouchoirs et un baume à lèvres.
  • Un sac passe-partout sans signe extérieur de richesse : exit Louis Vuitton, Armani et Céline.
  • Un sac léger et peu salissant qui me permette d’avoir les mains libres : exit les sacs en cuir.
  • Un sac qui ne coûte pas un bras comme le Cityslide Messenger Bag Hermès. 

Le « Fanny Pack » s’est vite imposé comme le sac le plus pratique pour mes déplacements à l’étranger. J’ai en effet tendance à attribuer une fonction exclusive à chacun des objets que je possède et c’est toujours une joie pour moi de retrouver mes fidèles compagnons de voyage chaque fois que je pars comme ma valise Rimowa, mon porte-monnaie de Nanjing cité plus haut, mon couteau suisse offert par les Bédélen et cette banane qui vient d’intégrer l’équipe !

Je suis zinzin.

aeastpak-springer-paul-joe-butter-fly
Eastpak Springer by Paul & Joe Voyageur (c) photo : Internet.
IMG_0056
Le Speedy LV est trop grand et trop voyant, le sac brodé de maman trop étroit, seul le Springer est parfaitement adapté pour mon nécessaire de voyage. A noter que j’aime bien les imprimés.
 

Un achat par semaine no 3

Faire le compte-rendu de Carême 2017

Un mois après Pâques que j’ai fêté à Lyon, il est grand temps que je vous livre le compte-rendu de mon Carême 2017 ! Pour rappel, l’idée était de cuisiner les recettes de Dominique Loreau (DL) tirées de son livre « L’art de la frugalité et de la volupté »

aDSC03888

J’ai été trop vague dans l’énoncé de mon Carême 2017. Si le principe de cuisiner les recettes de DL était simple, j’ai oublié de préciser le contexte : Une recette par jour de Carême ? Me nourrir comme DL à chaque repas ? Suivre sa diète et la règle des trois « un féculent, une protéine et un légume » ? Le bilan est aussi biaisé parce que j’ai accepté toutes les sorties au restaurant et les invitations à dîner avec les amis, sans compter un week-end à Paris qui n’avait rien d’une pénitence.

A propos de pénitence et de Carême comme le conçoit la religion catholique, j’ai été une fois à l’église pour la « messe d’anniversaire » correspondant à une année après la mort de maman, plus parce que cela lui aurait fait plaisir que par conviction intime, conviction renforcée par le film Silence de Martin Scorsese, génial réalisateur de Shutter Island et du Loup de Wall Street, qui pose des questions fondamentales et tristement d’actualité sur l’humanité, la foi, le martyre et l’inquisition, le paradis « parasio » et l’enfer, le christianisme vs le bouddhisme/shintoïsme, le sacrifice et la représentation de Dieu au travers de deux jeunes missionnaires portugais Spiderman et Kylo Ren partis à la recherche du Père Qui-Gon Jinn Ferreira, leur mentor jésuite qui, dit-on, aurait apostasié. Sans dévoiler toute l’histoire, j’aurais agi comme le Père Sebastião Rodrigues joué par Andrew Garfield mais sans tergiverser (je ne suis pas héroïque) et suis soulagée de n’avoir aucun combat spirituel à mener.

J’aurais également voulu participer à la soupe de Carême le vendredi avec ma tante mais nous y avons pensé trop tard et je n’ai pas réussi à libérer une date dans mon calendrier. Ce sera pour l’année prochaine.

Laissons de côté ces considérations religieuses troublantes et revenons-en à notre chère DL ! Autant cela m’a plu de jouer à la dînette avec des proportions ridicules (une demi-carotte, une tranche de saumon fumé, une feuille de chou par personne, hum…), autant le manque d’inventivité et de gourmandise de chacune des recettes m’a vite lassée ! En gros, tout tourne autour de produits jetés à la va-vite dans une poêle, de mayonnaise et de lardons. DL n’aime pas manger ni recevoir des amis chez elle, c’est certain. Voyons pourquoi :

aIMG_9963
Salade cuite | Faire revenir une échalote dans de l’huile à la poêle et ajouter la salade. Vous pouvez alors ajouter quelques pignons de pin ou faire revenir la salade dans des lardons.

C’est une bonne idée de ne pas gâcher un restant de salade mais une fois cuite, la salade se révèle plutôt amère. C’est peut-être pour ça qu’on ne la cuit pas d’ailleurs :o)

aIMG_9768
Brocoli | Cuire à la vapeur + beurre et pignons de pin.

Ouééé, magie, si tu ne sais pas quoi faire de tes légumes, cuis-les à la vapeur ou dans une poêle et ajoute des pignons de pin ! Merci DL !

aDSC03890
Poêlée poireaux-champignons | Mettre quelques champignons de Paris frais ou en conserve lavés et coupés en lamelles et un petit blanc de poireau dans une poêle huilée. On peut aussi ajouter un yaourt pour plus de moelleux.

Moui, et des épices et des condiments, ce serait pas mal aussi. Quant aux champignons en conserve, mous et gluants, personne ne me les fera avaler à moins d’une catastrophe naturelle ou nucléaire !

aDSC03889
Poireaux en salade | Faire bouillir ou encore mieux, faire cuire à la vapeur le poireau coupé en tronçons de 15 cm. L’asperger de quelques gouttes de vinaigre et le servir encore tiède.

Je n’appelle pas ça des poireaux en salade mais du poireau bouilli ! Avait-on vraiment besoin d’une recette pour obtenir ce résultat ? Je m’interroge.

aDSC03891
Un poivron à l’ail et à l’huile | Couper le poivron en épaisses lanières après l’avoir vidé, coupé et lavé et le faire revenir dans de l’huile d’olive et de l’ail.

Ma variante : j’ai d’abord commencé par laver le poivron, puis l’ai épluché avec un économe pour le rendre plus digeste et aussi parce que je déteste la peau du poivron et l’ai découpé en fines lanières pour une cuisson homogène. Il faut bichonner les petits légumes car « les légumes sont nos amis et il faut les aimer aussi ». Oui, je suis très inspirée aujourd’hui.

aDSC03897
Salade de carottes râpées aux raisins secs | Râper une demi-carotte, dresser avec une vinaigrette au citron (remplacer le vinaigre par du citron), et ajouter quelques raisins secs, levure de bière, etc.

C’est dingue, ça, remplacer le vinaigre par du citron, je n’y aurais jamais pensé ! ;o) Sinon, j’ai remplacé les raisins secs par des canneberges, n’étant pas friande de raisins secs dans la salade.

aDSC03894
Compote pommes-poires | Faire cuire dans une petite casserole ½ pomme et ½ poire. Mixer ou écraser et parfumer à la cannelle.

J’aurais volontiers rajouté un peu de sucre, du miel ou, soyons fous, du sucre vanillé ! Mais DL n’aime pas, elle préfère quand c’est fade : « En n’ajoutant ni sel ni épices, vous découvrirez peu à peu des saveurs plus subtiles ; vous commencerez aussi à perdre le goût pour certains aliments et à en découvrir pour d’autres. »

Après expérience, je dirais que j’ai surtout perdu le goût de manger une nourriture aussi insipide et que j’ai découvert une envie irrépressible de Brie aux truffes, de frites de patate douce croustillantes, de mille-feuilles craquant sur une crème onctueuse, de filet de boeuf Wellington…

abIMG_9965
Epinards au chèvre | Faire cuire les épinards encore mouillés dans une poêle avec une échalote que l’on a fait revenir avant. Ecraser du fromage de chèvre dans un peu de fromage blanc et incorporer sur le feu en remuant doucement ;  Epinards et lardons congelés | Jeter le tout dans une poêle très chaude, sans huile ni sel ;  Omelette blanche aux épinards | Faire cuire un blanc d’œuf brouillé. Mettre de côté. Faire revenir quelques feuilles d’épinards avec du sel et du poivre. Servir en décorant avec les blancs d’œufs en petites boulettes ressemblant à du mimosa blanc.

Trois façons de préparer des épinards mais je cherche toujours l’omelette dans la recette de l’omelette blanche ? DL parle d’oeuf brouillé et de boulettes de blancs d’oeufs et pouf, comme par magie, on devrait obtenir une omelette ?!

aIMG_9767
Carottes à la crème fraîche | Faire cuire les carottes et servir avec de la crème fraîche et du persil.

Je ne raffole pas des carottes cuites mais il fallait bien utiliser la demi-carotte en trop (cf. salade de carotte). Maman avait une recette de carotte en sauce absolument délicieuse. J’espère que je la retrouverais dans son livre de cuisine que j’ai gardé.

aIMG_9956
Salade de saumon fumé à la tomate | Servir une tranche de saumon fumé sur un petit plat avec de l’oignon en lamelles, quelques rondelles de tomate, de l’huile d’olive et ½ jus de citron.

Si cuisiner pour DL signifie couper une tomate et un peu d’oignon en lamelles, je cuisine tous les jours ! ;o) Pour le saumon fumé, j’ai choisi du Sockeye sauvage d’Alaska à la chair rouge vif.

aIMG_9769
Salade de pois chiches | Servir avec une échalote tranchée, du persil haché et de la vinaigrette ; Branches de brocoli au sésame grillé | Les couper en rondelles et poêler, puis assaisonner de cette sauce : sauce de soja, sésame, une pincée de sucre, puis du sésame blanc en graines (grillé à sec dans la poêle pour plus de goût).

Pas de surprise pour la salade de pois chiches très basique mais j’ai apprécié la sauce des branches de brocoli qui ressemble à une sauce coréenne traditionnelle. En revanche, j’ai dû louper quelque chose avec les branches de brocoli car la tige est particulièrement ligneuse et coriace ! Il fallait peut-être détacher les branches des têtes, les découper en tronçons de 3 mm et les poêler ? Va savoir.

En conclusion, si vous voulez perdre rapidement 5 kilos avant l’été et vous sculpter un bikini body, je ne saurai que vous recommander d’oublier les régimes à la mode et de manger DL ! Vous perdrez du poids sans vous ruiner car non seulement ses plats ne contiennent ni gras, ni sel, ni sucre mais en plus, les quantités indiquées sont idéales pour vous préparer à vivre sur The Island © M6 où l’on vous débarquera sans eau et sans nourriture, livré au bon vouloir de « Mère Nature » qui parfois se révèle peu maternelle voire franchement hostile ! :o)

aIMG_9995
Un délice au beurre | L’objet de ma tentation pendant Carême.

Finalement, c’était bien pour moi de continuer à manger normalement en dehors de mes repas DL. Je crois bien que j’aurais fini par perdre un os et je comprends mieux pourquoi j’avais une addiction pour le délice au beurre, un petit pain suisse au goût de Bretzel largement garni de beurre pendant toute la durée de Carême ! Tout n’est pas à jeter chez DL mais je vais sagement garder ses recettes pour mes déjeuners sur le pouce au bureau quand je n’ai pas très faim et que j’ai la flemme de sortir.

Faire le compte-rendu de Carême 2017