Un achat par semaine 6 à 12

Ce n’est certainement pas à mes parents, suisses et coréens confondus, que je dois mon « minimalisme chic » selon les propos de la belle @carolinekae avec qui j’ai eu le plaisir de partager un verre l’année passée sur sa terrasse favorite à Paris.

Je suis la seule de la famille à posséder un minimum de choses et la seule aussi à boire du lait mais ça, c’est hors sujet :o)

Avec ma tante et mon Frangin, on passe nos nuits et une partie de nos week-ends à trier les affaires de mes parents qui gardaient tout (des factures de 1960 au collier en plastique jaune tout cassé que j’ai jeté à la poubelle et qui était, en fait, le premier cadeau offert à maman par mon Frangin, oups) et il nous arrive souvent de pester devant la montagne de travail qui reste à faire. Parfois, aussi, las et découragés, nous avons envie de tout envoyer à la déchèterie mais notre tante est là pour veiller au grain et nous empêcher de nous débarrasser des objets de valeur…

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Cette pochette n’a aucune valeur commerciale mais elle a été brodée à la main par maman ce qui lui confère une valeur inestimable à mes yeux

Qu’est-ce qu’un objet de valeur au juste ? La question est intéressante. Selon l’avis de deux experts que nous avons consultés, très peu de choses matérielles ont de la valeur. En résumé, il y a la haute joaillerie, la haute horlogerie, les meubles anciens en bois précieux ou ceux des grands noms du design (Eames, Van der Rohe, Le Corbusier), les œuvres d’art correspondant à un mouvement spécifique de l’histoire de l’art (impressionnisme, cubisme, etc.), les appareils de photo mythiques (Leica et Hasselblad) et une quantité minimale de vêtements et de sacs de luxe (Hermès oui, Alexander Wang non). Pour le reste, on oublie, ils n’ont d’intérêt que ce qu’on veut bien leur en donner.

Forte de cette connaissance et persuadée plus que jamais que moins et mieux, c’est plus, je vais continuer à réfléchir à ma consommation et essayer de trouver un équilibre entre ce dont j’ai besoin, ce qui me donne du plaisir et ce qui en vaut vraiment la peine.

IMG_4382Achat de la semaine 6. UGG Australia Zea Wedges

Je n’ai aucun avis sur les UGG, moches ou pas moches, surtout pas après mes kyBoots et mes MBT ! ;o) UGG Australia s’est pas mal diversifié ces dernières années et a sorti une gamme de bottes qui ne ressemblent plus à des UGG mais presque à des chaussures, à la fois chaudes et confortables (les caractéristiques qui ont fait le succès de la marque) mais aussi imperméables et résistantes aux intempéries. Je porte mes Zea Wedges avec des slims, des leggings ou des jupes en hiver.

UGG / Grand Rue 32 / 1820 Montreux / Suisse

IMG_4017Achat de la semaine 7. Un bonnet en cachemire Maddison

Quand je vous dis que je n’ai quasi rien, c’est vrai puisque ce bonnet est mon premier bonnet. J’ai bien une chapka en fausse fourrure achetée au marché de Noël de Montreux mais elle est grande et ne va pas avec tout. Un jour où je rentrais à pied à la maison et où j’ai failli perdre mes oreilles à cause du froid intense, je me suis décidée à chercher d’urgence un bonnet qui ne prenne pas de place et que je puisse emporter partout avec moi. Chose faite avec ce bonnet aussi léger qu’une plume que maman a trouvé très joli (je t’aime, maman). En plus, comme c’était les soldes, je l’ai payé CHF 20.- au lieu de CHF 79.90.

Manor / Rue Pichard 3 / 1002 Lausanne / Suisse

IME0011502193001_1Achat de la semaine 8. Midnight Wool Lyle Midi Skirt Isabel Marant Etoile*

J’ai profité d’être en avance à un rendez-vous en ville pour découvrir la boutique Camille que je connaissais de nom. Située dans l’un des escaliers les plus anciens de Lausanne, cette enseigne est spécialisée dans les marques de créateurs internationaux comme Dries Van Noten, Isabel Marant, Paul Smith, etc. J’ai adoré l’accueil et les conseils prodigués par l’équipe de vente qui tranchent avec l’indifférence anonyme des grandes surfaces et ai décidé de m’approvisionner chez eux désormais pour acquérir tel ou tel vêtement de mes marques fétiches plutôt que de les commander sur Internet, les prix étant les mêmes avec le service en plus.

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J’ai choisi cette jupe noire en laine pour sa coupe en biais mais aussi pour sa polyvalence qui me permet de la porter d’une manière casual comme sur la photo ci-dessus ou, plus chic, comme une robe avec une jolie ceinture et des escarpins.

Camille / Rue Caroline 5 / 1003 Lausanne / Suisse

IMG_5202Achat de la semaine 9. Une veste matelassée Trussardi

Marie Kondo, auteur de la méthode Konmari, suggére de dire adieu aux objets dont on veut se séparer et de les remercier pour leurs bons et loyaux services (sic). On ne doit pas être triste pour eux car ils reviendront dans notre vie sous une autre forme. Okay, admettons (elle fume quoi, Marie Kondo ?).

Il y a quelques années, j’ai lâchement abandonné une veste noire chaude et légère à des œuvres de bienfaisance qui, telle la fidèle Lassie, est retournée vers moi sous la forme de cette veste Trussardi en tissu « sac poubelle », duvet et plumes qui prend un minimum de place quand elle est roulée. Tant d’amour, c’est beau, j’en suis tout émue, tiens !

Trussardi / E-shop

61K86fea0lL__SL1200_Achat de la semaine 10. Falcon Enamelware Bake Set*

Cette année est un peu différente des précédentes dans le sens où je n’ai quasi plus rien à acheter pour compléter ma garde-robe. A part des T-shirts pour remplacer ceux de Maison Standards unisexes (= informes) et trop grands pour moi, même en XS, deux slims, une marinière, un blazer noir, des escarpins nudes et des gants pour cet hiver, j’ai tout ce qu’il faut. Le reste ne sera que des caprices de bobo bourge cagole : un trench Burberry, un chemisier blanc en soie, un manteau en cachemire camel, les Tango Napa Leather Pump Valentino, des escarpins roses…

La vraie raison de ce désintérêt modesque vient de la petite sœur de Lui qui est arrivée un jour chez nous avec plein d’habits luxueux (Sonia Rykiel, Helmut Lang, Moschino, Alberta Ferretti, etc.) rien que pour moi ! J’avais l’impression d’être à Noël ou dans le roman « La petite princesse » quand Sara ouvre les colis remplis « d’élégants vêtements de qualité » qui lui sont adressés par un inconnu.

Ceci explique pourquoi je me concentre sur des objets moins glamour mais ô combien utiles du quotidien comme cet ensemble de cinq plats allant au four de la marque anglaise Falcon Enamelware, établie en 1920, reconnaissable à son blanc pur souligné d’un liseré bleu et qui est un classique du design.

The Merchant and Co. / 2000 Neuchâtel / Suisse

The-Merchant-and-co-19Achat de la semaine 11. Une casserole KNIndustrie, collection K7*

Lui ne pousse pas l’esthétisme jusqu’au moindre détail et râle un peu quand je veux remplacer les ustensiles de cuisine ordinaires par des créations de designers. Manque de chance pour lui, j’ai découvert par hasard le site suisse The Merchant & Co. qui propose des objets du quotidien sélectionnés avec grand soin pour leur qualité, la finesse de leur matériau et leur aspect classique et intemporel, bref, tout ce qui me plaît.

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Je compte ajouter très vite à cette casserole en aluminium de la collection K7 de la compagnie italienne KNIndustrie la Glass Pot KNPro de Massimo Castagna, si belle qu’elle est en vente à la boutique en ligne du MOMA !

The Merchant and Co. / 2000 Neuchâtel / Suisse

The-Merchant-and-Co-12_e1ecdc30-5cae-4499-bbdc-938af59d7190Achat de la semaine 12. Sitaku Butter Case*

Après le design anglais et italien, passons au design japonais avec cette boîte à beurre épurée, fruit d’une collaboration entre le designer Makoto Koizumi et la fabrique traditionnelle de porcelaine Kihara qui existe depuis 400 ans !

Mes acquisitions relèvent du pur snobisme, certes, mais répondent à ma volonté d’acheter moins mais mieux selon mes critères.

The Merchant and Co. / 2000 Neuchâtel / Suisse

*Copyrights (c) Internet, The Merchand and Co.

Un achat par semaine 6 à 12

Eat, Pray, Love… au Printemps

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Afin que mon blog ne vire pas à la neurasthénie, il est temps pour moi de redresser la barre et de terminer ma série de listes autour des plaisirs de saison ! Qu’importe si je n’arrive pas à accomplir tout ce que je note dans l’année, l’important pour moi est de me rappeler que le bonheur est à portée de main, toujours, quoiqu’il arrive, et que cela ne dépend que de moi et du regard que je porte sur le monde.

Encore adolescent, mon Frangin a décidé d’être heureux. Point.

Quant à moi, j’ai mis longtemps à y arriver. J’ai pris des chemins de traverse, me suis égarée dans des terrains minés, ai vécu de faux espoirs, me suis pris des portes fermées plein de fois (je suis têtue :o)) avant de parvenir à cette tranquillité intérieure qui pour l’instant ne me fait pas défaut.

Il m’arrive de piquer des crises, hein, pas plus tard que hier soir à propos d’un problème de clé… hum.

  1. Une averse de printemps
  2. Visiter un jardin botanique
  3. M’abriter sous un parapluie amusant
  4. Enfiler des chaussures ouvertes
  5. Un nouveau rituel pour la fête des mères
  6. Caresser un lapin (Miss Yoko ?)
  7. La brise printanière dans les rideaux
  8. Les rayons du soleil sur le visage
  9. Les jambes nues
  10. Ecouter le chant des oiseaux
  11. Repérer un arc-en-ciel
  12. Les arbres qui bourgeonnent
  13. Observer les abeilles qui butinent dans le jardin
  14. Le bruit de la pluie
  15. Une marinière
  16. Un bouquet d’anémones
  17. Une cruche de sangria au champagne
  18. Un sachet de bonbons
  19. Des fenêtres qui reluisent
  20. Cueillir des fraises
  21. Un abricot mûr
  22. Des escarpins roses
  23. Un gigot ou une souris d’agneau
  24. Des épinards frais et des pois mange-tout du marché
  25. Une margarita
  26. Ebouillanter de tendres artichauts et les manger feuille par feuille
  27. Planifier un congé de printemps
  28. Des asperges, vertes ou blanches
  29. Un étang
  30. Traverser un ruisseau
  31. Grimper à un arbre ou me prélasser dessous :o)
  32. Nourrir les cygnes…
  33. … et les canards aussi !
  34. Mettre les mains dans la terre
  35. Sauter dans les flaques
  36. Une balade à cheval
  37. Une bicyclette
  38. Un cerf-volant
  39. Marcher sur une plage déserte
  40. Visiter une ferme avec des animaux
  41. Un bouquet de narcisses
  42. Chercher un trèfle à quatre feuilles
  43. Traîner à la terrasse d’un café
  44. Une randonnée à la montagne
  45. Un bouquet de pivoines
  46. Bubble Gum
  47. Courir à l’extérieur
  48. Un plat avec de l’ail des ours
  49. Crocus et perce-neige
  50. Un dîner fastueux : asperges, burrata, jambon Bellota, légumes grillés et figues
  51. Une salade de pissenlit/dent-de-lion frais et tendre
  52. Un thé glacé
  53. Une paire de sandales
  54. Un pot de marguerites
  55. Des solaires à monture écaille
  56. Admirer les cerisiers en fleurs
  57. Un pique-nique dans un parc
  58. Planter quelque chose de vert
  59. Un dessert au citron
  60. Un bouquet romantique sur la table de la salle à manger
  61. Un petit bac à plantes de balcon
  62. Un joli savon
  63. Une journée shopping : une bouteille d’eau plate, des chaussures plates et deux pschitts d’eau de toilette
  64. Un bol de cracker jack
  65. Un short en dentelle
  66. Un produit de nettoyage écologique
  67. Une nappe en coton, une bouteille de champagne rosé Ruinart, des amis
  68. Un bocal de lemon curd
  69. Des sirops Cathy’s Biscuits
  70. Un bouquet de tulipes
  71. Un vernis rose pétale sur les mains
  72. Un trench coat Burberry
  73. Un ronron au creux du lit
  74. Une brosse à dent neuve
  75. Une chemise blanche qui revient du pressing
  76. Un goûter
  77. Faire un vœu
  78. Acheter des carottes feuillues
  79. Essayer une nouveau breuvage et l’adopter
  80. Ma friandise préférée
  81. Un stylo-plume qui glisse sans accroc sur la page blanche
  82. Un cadeau inattendu
  83. Rechercher le côté frais du coussin
  84. Recevoir du courrier
  85. Onesies
  86. Rouler sur une route déserte
  87. Des linges de bain épais et moelleux
  88. Un fruit fraîchement coupé
  89. Me démaquiller après une longue journée
  90. Dessiner
Eat, Pray, Love… au Printemps

Après

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Ce coeur en bois est le dernier cadeau que maman a reçu à l’hôpital. Il lui a été offert par la femme de mon parrain, sa meilleure amie. N’étant pas des « fétichistes » selon mon Frangin, nous avons gardé très peu de choses de nos parents, seulement ceux qui ont du sens pour nous. Ce coeur fait désormais partie de mes porte-bonheurs

Il y a trois semaines, je racontais à maman au téléphone combien j’étais heureuse de passer une nuit chez ma chère Coco and Co à Lyon. Je l’ai sentie plus distante que d’habitude, plus fatiguée aussi, mais j’étais loin de me douter qu’elle allait s’éteindre deux téléphones et une dernière conversation plus tard.

Trois semaines, c’est comme si c’était hier.

Trois semaines, c’est aussi 21 jours où je me sens détachée de tout, où j’ai l’impression de suivre le mouvement et de parer au plus pressé parce qu’il le faut, où je vivote et me regarde fonctionner en spectatrice, sans être présente ni impliquée dans mes activités quotidiennes. Comme anesthésiée.

Beaucoup me disent à quel point je suis courageuse ; au travail, on me remercie d’avoir repris mes fonctions aussi vite alors que j’aurais pu m’absenter pendant mes trois jours de congé officiel en cas de décès, mais je ne fais preuve ni de force de caractère ni de professionnalisme. Je suis juste incapable de m’effondrer en public.

Je pleure partout mais seule. Dans ma voiture, sous la douche, dans l’ascenseur, sous la pluie qui a l’avantage de dissimuler les larmes, dans la rue quand je marche pour partir ou rentrer à la maison… Je n’ai pas honte de mon chagrin mais je le garde pour moi.

Puis, je souris parce que je me rappelle maman qui aurait qualifié mes larmes « de crocodile » et m’aurait traitée de « tocalette* » à coup sûr ;o)

J’apprends également plein de choses comme l’organisation des funérailles (je m’étais occupée de celles de papa pour soulager maman, je savais donc quoi faire pour elle) ; le vrai prix des objets et de ce qui est recherché sur le marché : les peintures de paysages du XIXème siècle et des siècles précédents ou, pour les artistes contemporains, correspondant à un mouvement précis en Art, les meubles en bois précieux (acajou, ébène…), la haute horlogerie (Patek Philippe, IWC, Blancpain… Omega et Tissot n’ont quasi aucune valeur), la haute joaillerie, les grandes marques intemporelles du luxe (Hermès), les appareils de photo mythiques (Leica et Hasselblad. Inutile d’investir dans du Canon ou du Nikon qui se déprécient d’année en année), les lustres je-ne-sais-plus-quoi que les parents ont à la maison ; la gestion du courrier administratif pour régler les questions de succession, etc.

Je passe de chouettes moments aussi. Avec mon Frangin pendant nos nuits de tri chez nos parents quand on rigole en tombant sur un objet bizarroïde (papa était un intellectuel et un scientifique et possédait des instruments de mesure dont on ignore la fonction) et avec ma tante, nouvelle dépositaire de la mémoire familiale, lorsque l’on découvre de vieilles photos d’enfance de maman ou les lettres d’amour de papa que nous lirons ensemble calmement à l’occasion d’un goûter, une fois que tous les biens seront liquidés.

J’ai aussi très envie de revoir ma famille et mes amis. Certains rendez-vous sont fixés avec des cousines, d’autres sont à organiser comme, par exemple, une journée au chalet en Valais avec nos proches quand il fera beau, afin de dire au revoir à l’habitation construite par grand-papa Louis avant sa transformation/rénovation (nouveau projet). J’ai également à cœur d’inviter Lui, mon Frangin, ma tante et la Puce, si elle en a envie, à un déjeuner au restaurant du Royal-Savoy, le nouveau 5 étoiles de Lausanne, pour tenir la promesse que j’avais faite à maman de l’y emmener dès qu’elle serait sortie de l’hôpital…

Ensuite, il y aura plein de voyages, de plaisirs, de gourmandises, de caprices fantaisistes, de fêtes à célébrer, de tricots inachevés et de vie qui continue !

Je vous remercie tous et toutes du fond de mon coeur pour vos messages de soutien et vous informe que je vais bien ❤

*Tocalette : forme gentille du mot « toque » en patois valaisan pour dire d’une fille qu’elle est bête/nunuche.

Après

Papa et Maman

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Le 6 mai 2015, nous perdions papa. Le 26 mars 2016, maman partait le rejoindre.

Difficile pour moi de reprendre mon blog sans évoquer la disparition de mes parents. Je ne me voyais pas publier mes articles comme « un achat par semaine », « eat, pray, love » ou mes compte-rendus de voyages en toute insouciance sans rendre hommage à mon papa et à ma maman à qui je dois tout et qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Il arrive en effet que le chant des oiseaux, la contemplation des cerisiers en fleurs ou les senteurs du jardin après une averse ne suffisent pas à combler le vide laissé par une personne aimée.

Je ne cache pas que je suis encore sous le choc de la mort de maman et que j’ai encore de la peine à réaliser que mon Role Model, dont les conseils m’étaient si précieux, s’en est allée définitivement. A ceux qui me demandent avec compassion si ce n’est pas trop dur de pleurer les décès de papa et de maman dans un temps aussi court, je réponds que s’ils étaient morts dans 5 ans ou dans 10 ans, la peine aurait été la même.

La peine mais aussi la joie et la reconnaissance, aussi surprenant que cela puisse paraître. Je suis heureuse d’avoir connu papa et maman, qui nous ont aimés, élevés et éduqués, mon Frangin et moi, je suis reconnaissante de tout ce qu’ils nous ont donné depuis le premier jour de notre arrivée en Suisse jusqu’à leur fin à l’hôpital. Les dernières paroles de maman ont été de « faire ce qu’il y avait à faire » pour les travaux de rénovation du chalet et de nous reprendre pour ne « pas alerter et inquiéter tout le monde » alors que j’étais en larmes, le médecin nous ayant informés qu’elle n’en avait plus que pour quelques heures à vivre.

Grâce à papa, j’ai compris que la mort pouvait être rapide et sans douleur, un jour on vit, l’autre jour on meurt ; grâce à maman, j’ai compris qu’on avait le choix et qu’on pouvait décider plus ou moins quand et comment on voulait mourir (sans Exit) ; grâce à mes parents, j’ai appris que la mort n’était pas cette grande faucheuse impitoyable aux longs doigts glacés mais un instant de la vie aussi intense, profond et bouleversant qu’une naissance ; grâce à eux, j’ai appris à ne plus en avoir peur.

Cet ultime cadeau me permet d’exorciser toute angoisse quant à ma finitude et m’ouvre tout le champ des possibles pour mener mon existence à bien. La mort n’est pas la fin de la vie mais la vie est l’histoire de la mort. On ne sait pas d’où l’on vient ni où l’on va mais dans cette intervalle tridimensionnel lié au temps et à l’espace, il me reste des personnes à aimer, des bonheurs à partager, des leçons à apprendre et plein d’occasions pour grandir et m’épanouir.

Maman, Papa, je vous aime. Pour toujours ❤

Papa et Maman