
Le 6 mai 2015, nous perdions papa. Le 26 mars 2016, maman partait le rejoindre.
Difficile pour moi de reprendre mon blog sans évoquer la disparition de mes parents. Je ne me voyais pas publier mes articles comme « un achat par semaine », « eat, pray, love » ou mes compte-rendus de voyages en toute insouciance sans rendre hommage à mon papa et à ma maman à qui je dois tout et qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Il arrive en effet que le chant des oiseaux, la contemplation des cerisiers en fleurs ou les senteurs du jardin après une averse ne suffisent pas à combler le vide laissé par une personne aimée.
Je ne cache pas que je suis encore sous le choc de la mort de maman et que j’ai encore de la peine à réaliser que mon Role Model, dont les conseils m’étaient si précieux, s’en est allée définitivement. A ceux qui me demandent avec compassion si ce n’est pas trop dur de pleurer les décès de papa et de maman dans un temps aussi court, je réponds que s’ils étaient morts dans 5 ans ou dans 10 ans, la peine aurait été la même.
La peine mais aussi la joie et la reconnaissance, aussi surprenant que cela puisse paraître. Je suis heureuse d’avoir connu papa et maman, qui nous ont aimés, élevés et éduqués, mon Frangin et moi, je suis reconnaissante de tout ce qu’ils nous ont donné depuis le premier jour de notre arrivée en Suisse jusqu’à leur fin à l’hôpital. Les dernières paroles de maman ont été de « faire ce qu’il y avait à faire » pour les travaux de rénovation du chalet et de nous reprendre pour ne « pas alerter et inquiéter tout le monde » alors que j’étais en larmes, le médecin nous ayant informés qu’elle n’en avait plus que pour quelques heures à vivre.
Grâce à papa, j’ai compris que la mort pouvait être rapide et sans douleur, un jour on vit, l’autre jour on meurt ; grâce à maman, j’ai compris qu’on avait le choix et qu’on pouvait décider plus ou moins quand et comment on voulait mourir (sans Exit) ; grâce à mes parents, j’ai appris que la mort n’était pas cette grande faucheuse impitoyable aux longs doigts glacés mais un instant de la vie aussi intense, profond et bouleversant qu’une naissance ; grâce à eux, j’ai appris à ne plus en avoir peur.
Cet ultime cadeau me permet d’exorciser toute angoisse quant à ma finitude et m’ouvre tout le champ des possibles pour mener mon existence à bien. La mort n’est pas la fin de la vie mais la vie est l’histoire de la mort. On ne sait pas d’où l’on vient ni où l’on va mais dans cette intervalle tridimensionnel lié au temps et à l’espace, il me reste des personnes à aimer, des bonheurs à partager, des leçons à apprendre et plein d’occasions pour grandir et m’épanouir.
Maman, Papa, je vous aime. Pour toujours ❤
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