Voyager léger

L’avantage de voyager beaucoup, c’est que je sais exactement de quoi j’ai besoin et je ne suis plus du genre à m’encombrer de choses inutiles quand je pars à l’étranger. Je ne tiens plus de listes interminables de trousse de pharmacie, de tongs pour la plage, de souliers pour la ville, d’escarpins pour les restaurants, de bottes de pluie, de vêtements pour ci, de vêtements pour ça et surtout d’objets au cas où j’aurais oublié de les prendre avec moi !

Je ne sais pas d’où vient cette peur de manquer. Il n’y a pas un seul endroit où je suis allée dans le monde qui n’ait pas de boutiques ni de supermarchés ! Autant je comprends que pour un aventurier comme Mike Horn, chaque objet compte car sa survie est en jeu, autant pour une personne comme moi, ce n’est pas la catastrophe si j’ai laissé mon dentifrice ou ma lime à ongles à la maison. Je ne parle évidemment pas des chefs de famille qui doivent penser à tout ou des personnes qui ont un budget de voyage limité et pour qui chaque sou compte.

Toutes mes affaires pour deux semaines de vacances tiennent dans un sac banane que je prends en cabine avec moi et une valise Rimowa de 10-12 kg maximum au lieu des 20 kg autorisés en classe economy ou des 35 kg autorisés en classe business. Dans ma valise, il y a :

  • Une grande pochette avec mes vêtements choisis en fonction de la météo au lieu de destination. Comme je suis plutôt classique dans les formes et les couleurs, je ne me pose pas de questions si mes habits sont coordonnés ou pas.
  • Une pochette avec mes sous-vêtements et un maillot de bain (toujours pratique d’avoir un maillot de bain).
  • Une pochette avec des souliers fermés et une paire de tongs.
  • Un filet pour le linge sale.
  • Une trousse de toilette.
  • Une trousse de maquillage.
  • Une trousse d’objets « utiles » : iPad pour les jeux et la lecture, câbles et chargeurs pour les appareils électriques, adaptateur si le voltage n’est pas le même qu’en Suisse (USA et Japon entre autres).

En règle générale, je vis de la même manière à l’étranger qu’en Suisse et je ne vois pas pourquoi j’arpenterais les rues de Paris ou de New York avec un sac à dos, un K-way et des chaussures de randonnée… Il est certain que chacun fait ce qu’il veut : mon Frangin ne se sépare jamais de sa ceinture noire et de son vieux sac de taekwnondo par exemple.

J’ai vu passer sur Facebook une page de conseils aux voyageurs qui m’a beaucoup amusée. On y recommandait de prendre, entre autres, un mousqueton, utile pour accrocher ses emplettes à son sac pour se libérer les mains (vous faites ça chez vous ?), des petits cadeaux comme des bonbons, des porte-clés et les fameux crayons/stylos (s’il faut faire un cadeau, autant l’acheter sur place, non ?), une serviette en microfibre (pourquoi ? pour faire le ménage ?), une paire de pantoufles (à part loger chez l’habitant et encore, je ne vois pas à quoi ça sert), un petit tube de lessive (au cas où on traverserait le désert saharien sans doute mais dans ce cas, il n’y aura pas d’eau non plus), un réveil (pas besoin, le téléphone portable suffit), un dictionnaire (l’anglais est parlé pratiquement partout ainsi que le langage des signes), un guide de voyage (je n’aime pas les guides de voyage, je préfère découvrir un endroit par moi-même) et un pèse-valise (pas besoin dans mon cas car je dépasse rarement les 12 kg).

Okay, Koyangi, c’est ta vision des choses mais tu fais quoi si ta valise n’arrive pas à destination, toi et ta banane rikiki ?

Il m’est arrivé trois fois de débarquer dans un pays sans ma valise. En général, je ne m’en formalise pas car je trouve pratique qu’on me la livre directement dans ma chambre d’hôtel. Ce fut le cas dernièrement en Corée du Sud où ma valise a été acheminée deux jours après mon arrivée à Séoul dans la ville de Gyeongju. Pendant 48 heures, je me suis donc débrouillée avec le contenu de ma banane :

  • Mon passeport
  • Une carte de crédit (j’ai rarement du cash sur moi quand je pars à l’étranger)
  • Mon téléphone portable et son chargeur USB
  • Mes lunettes de vue Moscot
  • Un paquet de mouchoirs
  • Une brosse à dents pliable et un mini tube de dentifrice
  • Un paquet de chewing-gums
  • La clé de l’appartement en Suisse
  • Un peu de sel censé me porter chance pendant le voyage ;o)

Malgré les apparences, j’avais tout ce qu’il me fallait : de quoi retirer de l’argent, me laver les dents et charger mon portable pour téléphoner et faire des photos. Alors, oui, je ne me suis pas maquillée pendant 2 jours (est-ce si important ?) mais j’étais propre grâce au savon, gel douche, shampooing et lait hydratant fournis par l’hôtel. J’avais également de quoi acheter de la nourriture et des habits en attendant.

Pourquoi se compliquer la vie ? Je me le demande parfois.

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Mon « bagage » à mon arrivée à l’aéroport d’Incheon de Séoul :o)
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Dans le KTX, train à grande vitesse en Corée. En première classe, on reçoit un kit avec une lingette, un cookie et des fruits secs.
Voyager léger

Fêter le 1er août, jour national de la Suisse

(Je reprends mon blog après une longue interruption. Merci à tous de me suivre encore et d’être aussi fidèles !)

Dans l’avion qui me ramenait de Séoul qui est en Corée du Sud et pas en Corée du Nord comme certains me le demandent parfois (Corée du Sud = Kpop, cosmétiques trop mignons, barbecue, drama, Samsung, LG, Hyundai, Daewoo, hommes coiffés comme des Playmobil ; Corée du Nord = Kim Jong Un), je me demandais pourquoi je rentrais en Suisse puisque ma véritable raison d’y être n’y étaient plus : papa et maman. Sans eux, je n’aurais pas de passeport rouge à croix blanche ni de prénom et de nom helvétiques.

Je me disais que je n’étais pas tout à fait coréenne non plus. Bien qu’il me reste une mère et mon deuxième petit frère ainsi que de la famille à Séoul, je me sens étrangère à mon pays d’origine malgré des liens profonds et sentimentaux. Je n’ai pas la même vie ni les mêmes préoccupations que mes anciens compatriotes qui n’aiment pas réfléchir aux questions existentielles et qui sont dans une logique de développement et de progression économique, de (sur)consommation et de réussite sociale à tout prix, ce qui s’explique par leur histoire tourmentée : la colonisation japonaise de 1910 à 1945 et la guerre de Corée de 1950 à 1953 qui a transformé le pays en champ de ruines. Il faut rappeler que la Corée faisait partie des pays les plus pauvres du monde à cette époque.

Toutefois, mes réflexions sur mon identité ont été stoppées net quand mon Frangin qui n’en rate jamais une, m’a dit que j’étais une « banane » : jaune dehors et blanche dedans ! :o)

En tant que banane, j’ai été très fière de présenter le chalet 2.0 en chantier à tante Williamine et à mes cousines hier, jour de la fête nationale suisse. Papa et maman ne sont plus là mais je suis heureuse de voir les réactions positives de ma famille quand ils le visitent pour la première fois, de les entendre s’exprimer sur la beauté du mur en pierre et sur l’effet « wow » du salon et de la salle à manger à l’étage, d’écouter les souvenirs des uns et des autres (à ce sujet, cousine C. a eu une super idée : demander à chaque membre de la famille d’amener une photo ou un objet qui lui rappelle une histoire au chalet de grand-papa lors de la pendaison de crémaillère) et de constater qu’ils s’y projettent déjà pour jouer à la pétanque ou pour aider à constituer une cave digne de ce nom avec des vins valaisans :o)

Le chalet n’est pas et ne sera jamais ma maison mais il symbolise mon point d’ancrage en Suisse, mon pays d’adoption et mon pays tout court. C’est un endroit que je souhaite rassembleur, ouvert sur le monde, où la famille et nos amis auront du plaisir à se retrouver pour passer plein de bons moments dans la joie, les rires, la bonne nourriture et un peu (beaucoup ?) d’alcool ;o)

Vive la Suisse et vive le chalet des bananes !

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Le chalet 2.0 est réalisé par LMD Services Sàrl. Nous n’aurions pas pu trouver mieux !
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(c) photo : Dana

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Fêter le 1er août, jour national de la Suisse

Chercher l’inspiration chez Jeong Kwan

Continuons sur la lancée de mes sources d’inspiration. Comme vous pouvez le constater, mes icônes à moi ne sont pas des blogueuses mode ni de beauté, ni même des « influenceuses » sur les réseaux sociaux, mais des femmes qui ont pour point commun de faire la popote ;o)

Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter Jeong Kwan, une nonne bouddhiste coréenne encensée par les plus grands chefs du monde : René Redzepi du Noma à Copenhague, Eric Ripert du Bernardin à New York, Mingoo Kan du Mingles à Séoul, entre autres. Traumatisée par la mort de sa mère, Jeong Kwan a décidé d’entrer dans les ordres à 17 ans pour éviter de devenir maman et d’avoir à infliger à son enfant cette douleur terrible qui a déchiré son cœur à jamais.

Depuis qu’elle est entrée au temple de Baekyangsa, elle a consacré toute sa vie à la méditation, au jardinage et à la cuisine de monastère, une cuisine vegan sans ail, oignon, cébette, poireau et ciboulette peu propices à un esprit calme et détendu. Elle cultive ses fruits et ses légumes sur un lopin de terre sans clôture ni pesticides (et tant pis si la moitié de la récolte est mangée par les bêtes, c’est le jeu ma pauvre Lucette), prépare ses propres sauces quitte à attendre 10 ans pour obtenir de la sauce soja (!) et met le dharma en pratique en apprêtant les produits de la terre avec conscience et savoir-faire.

Loin de moi l’idée de devenir nonne. Je suis bien trop vaniteuse pour me raser les cheveux (mon crâne n’est pas aussi beau que celui de Jeong Kwan) et j’aime trop la séduction et la compagnie des hommes pour renoncer à eux et à mon petit confort matériel. Ce qui me séduit et me trouble à la fois chez Jeong Kwan, c’est la sérénité qu’on lit sur ses traits. Comment fait-elle pour être pleine d’énergie alors qu’elle ne dort que 3 heures par nuit ? N’éprouve-t-elle jamais de ras-le-bol face à la monotonie de ses journées et n’a-t-elle jamais envie de voir ce qui se passe ailleurs ? Comment gère-t-elle ses désirs de femme et les pulsions de son corps ? Trop de choix et de possibilités tuent-t-ils la paix et l’harmonie intérieures ?

Me connaissant, ce n’est ni la méditation ni la religion qui vont apporter de réponses à mes interrogations. En revanche, j’ai une piste de réflexion à creuser à travers la réalisation de tâches quotidiennes simples, comme certaines d’entre-vous me l’ont écrit dans l’article précédent, telles que faire la cuisine et le ménage (j’ai une femme de ménage…), prendre soin de mon corps, de ma santé et de mes affaires et fabriquer quelque chose avec mes dix doigts. Je me rends compte que ma vie est trop dématérialisée et que j’ai perdu le contact avec mes sensations. Je veux éprouver la satisfaction du devoir accompli et prendre le temps de faire les choses bien plutôt que de les zapper ou de les considérer comme des corvées.

Tels sont les enseignements que je retire de Nancy Singleton Hachisu et de Jeong Kwan, qui sont peut-être incapables de rédiger un MoU (Memorandum of Understanding) et de faire des plans stratégiques à 4 ans, mais qui sont tellement plus avancées que moi dans la réussite de la vie qu’elles se sont choisies !

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Pas de cheveux, pas de maquillage, pas d’habits autres que ceux réglementaires du couvent, pas de distractions, serait-ce donc cela, vivre libre ?

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Je suis très attachée à la vaisselle et à l’esthétique des plats. Pour moi, la cuisine ne consiste pas uniquement à préparer quelque chose de bon mais aussi à savoir mettre les produits en valeur pour flatter les cinq sens.
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La beauté d’une cuisine dépouillée sans boîtes de conservation en plastique aux couleurs criardes.

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All photos (c) Internet.

Chercher l’inspiration chez Jeong Kwan

Se réjouir du retour de l’automne

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Un dîner réconfortant : Souris d’agneau confite et la meilleure polenta de Suisse voire du monde au restaurant d’alpage La Cergniaulaz à Orgevaux

Et si on disait que pour fêter la rentrée et le retour de l’automne, je posterais un article par semaine sur mon blog ? Allez, chiche !

L’automne est toujours une saison professionnellement chargée pour moi, ponctuée d’assemblées générales et de réunions internationales majeures. Je préfère toutefois avoir la tête dans le guidon que bayer aux corneilles en attendant que le temps passe.

J’ai heureusement une vie en dehors de mon travail et si je m’ennuie, j’ai de quoi  bien occuper mes journées ;o) D’ailleurs, ce serait le moment que je me mette à illustrer les 90 points de ma liste qui constituent des sujets d’articles tout trouvés.

L’automne sera plutôt hygge sur mon blog avec des plats de saison et des boissons chaudes, les vêtements achetés en janvier à Lisbonne qui ont rejoint ma garde-robe, une reconstruction de chalet à la montagne situé à l’orée de la plus belle forêt de mélèzes d’Europe sans oublier la suite de mes aventures japonaises.

Pour l’heure, je vais fêter le 1er jour de l’automne au Tawan-Thaï à Cossonay, un restaurant thaïlandais que je vais découvrir ce soir avec ma copine Madame qui vient me chercher à la sortie du bureau. Je porte une robe d’été à dentelle et à pois que j’ai réchauffée avec des collants noirs opaques, un sweater gris Maison Standards et une veste matelassée noire Trussardi et comme accessoires, j’ai des Dicker Boots Isabel Marant beiges et mon nouveau sac de rentrée Gucci vert en cuir et soie brodée de fleurs.

Il me reste à laver mon gros verre à eau et mon mug que j’ai rempli d’Ovomaltine, une boisson suisse typique à base d’extrait de malt d’orge (écrit comme ça, ça ne donne pas très envie ;o)), à ranger mes affaires, à mettre un peu de baume à lèvres Akyado à la fraise et je serais prête pour le week-end ! Au programme, j’ai prévu de dormir (je vais me coucher entre minuit et 2 heures du matin en semaine, c’est mal), de profiter d’être en ville pour acheter des collants et boire un chocolat viennois chez Lucien Moutarlier, d’aller peut-être au cinéma voir The Beguiled, Mother !, Petit Paysan, American Assassin, Barry Seal ou Bigfoot Junior ;o), préparer une tarte aux pruneaux, choisir entre le Costa Rica où l’Afrique du Sud pour les vacances de cet hiver, et, si j’en ai le courage, ranger la partie épicerie de la cuisine et rentrer les fils de mon écharpe tricotée l’hiver passé (ouh, la paresseuse).

Bonne et heureuse fin de semaine à tous !

Se réjouir du retour de l’automne

Célébrer la rentrée

 » width= »900″] Une rizière dans l’Alentejo, Portugal

J’ai quitté l’école depuis belle lurette mais j’ai toujours apprécié cette période particulière de la rentrée après les longues vacances d’été. Je me réjouissais alors de retrouver mes camarades d’école, de découvrir les nouveaux professeurs, de choisir la doublure de mes livres et de mes cahiers et de prendre connaissance du programme de la nouvelle année. J’aimais également sauter dans les flaques, sentir l’air plus froid et regarder les rues se couvrir des bogues des marrons et des premières feuilles de l’automne.

Après deux semaines de vacances, je retrouve un peu de cette ambiance cette année. J’ai un nouveau laptop, une nouvelle assistante, un nouveau « cartable » (sac à main) et bientôt un nouveau bureau. J’ai profité de mon éloignement momentané des réseaux sociaux pour me changer les idées, lâcher du lest et laisser les choses venir à moi. J’ai compris que je n’avais pas besoin d’anticiper des problèmes que je n’avais pas (vous savez, la fameuse phrase qui gâche tout et qui commence par : « oui, mais, et si… ? ») et de vivre selon des préceptes qui n’étaient pas « moi » même si je suis toujours fan de Dominique Loreau, du Hygge, du Lykke, du Lagom, de la Saudade, du Spleen et de tout ce que vous voudrez ;o)

A propos du Hygge, ma Danoise m’a dit qu’il était impossible de vivre hyggelig en Suisse, tellement nous manquons de spontanéité et que nous flippons quand les choses ne sont pas organisées à l’avance.

Mes changements sont imperceptibles. J’éprouve simplement plus de satisfaction dans l’accomplissement d’activités banales dont je garde une trace en les notant avec le plus de détails possibles comme :

  • Manger une tranche de tarte aux pruneaux du jardin de David.
  • Prendre un après-midi de congé en pleine semaine.
  • Savourer, seule, une petite salade russe servie dans une grande assiette creuse et une théière fumante de thé Chai en regardant tomber la pluie.
  • Trouver dans une armoire du chalet la veste multicolore en tricot que maman m’avait faite quand j’avais 10 ans, qui était un manteau pour moi à l’époque, et une vaisselle complète en porcelaine blanche à liseré or dans les combles.
  • Laver les cheveux avec le shampooing Redken au malt, germes de blé et zestes d’orange.
  • Ranger une étagère de la cuisine et noter de ne plus acheter de riz ni de pâtes tant qu’on n’aura pas vidé le stock.
  • Déterrer les bulbes de tulipes et de jonquilles au chalet et constater qu’ils sont tous pourris :o(
  • Préparer une salade de haricots verts avec une sauce bien relevée qui me rappelle les soirs de théâtre quand maman nous préparait un jambon beurre et une salade de haricot (toujours le même dîner), avant de nous quitter, belle et parfumée, dans sa robe de soirée.

Surtout, je ne m’impose plus rien. Je dors si je ressens le besoin de dormir, m’active si j’en ai envie, mange quand j’ai faim, par ennui ou par gourmandise, procrastine sans culpabiliser, paresse avec volupté, agis sans (trop) me préoccuper de l’opinion d’autrui, m’habille comme je l’entends même si Inès de la Fressange et Cristina Cordula ne sont pas d’accord. Je crois que ça s’appelle vivre en accord avec soi-même.

Célébrer la rentrée