Lire The Every Day French Girl sur Tumblr

Dans la catégorie des blogs qui m’inspirent, il y en avait un qui me tenait à cœur et que je suivais assidûment il y a plus de dix ans. C’était ma madeleine de Proust quotidienne avant que son auteur décide de le fermer, à mon grand dam et contre son gré.

Imaginez ma joie quand au détour d’une Story sur Instagram de la ravissante @madeleinemiranda, j’ai retrouvé sa trace que je pensais avoir perdue pour toujours !

Aux antipodes de ce que je peux écrire ici où je vous parle de Thermomix et du système de vote en Suisse, la jeune femme derrière The Every Day French Girl sait comme nulle autre nous entraîner dans sa vision d’un monde féerique plein de froufrous, de bulles de savon, de souliers vernis, de thés de Noël et de festivités automnales et hivernales, ses saisons préférées.

Contrairement à moi surtout, elle ose ! Elle assume totalement un style girly et glamour qui lui est propre, composé pour la plupart de robes colorées en dentelle, en velours, en satin, en tulle qu’elle agrémente avec des sacs à main à tête d’ange, à l’effigie de licorne ou de cactus et de chaussures qui réjouiraient la Marie-Antoinette de Sofia Coppola !

Etonnant, me direz-vous que je puisse m’enthousiasmer à ce point pour quelqu’un à l’opposé de ce que je suis en matière d’habillements et de comportement d’achats. J’apprécie en fait son audace et son originalité et je trouve rafraîchissant de suivre une personne aussi coquette et féminine, aussi instruite et douée pour la plume, qui sait décrire à merveille tout ce qui ravit les sens, comme par exemple, je cite : « les feuilles mortes cuivrées jonchent le sol et craquent sous les talons, il y a plein de potiron dans nos assiettes, le métro redevient respirable, j’ai tout le temps envie de boire du thé de Noël» ou encore « les matières douillettes, moelleuses, luxueuses, qui caressent la peau, et qui nous enveloppent de douceur » quand elle évoque le cachemire, la fourrure, l’angora et la laine.

Moi qui ai de la peine à dépenser pour ce que je considère être du superflu, je me prends à rêver de boire un « apple cider toffee » chaud servi dans une tasse en porcelaine et sa soucoupe alors que je ne sais pas ce que c’est et qu’on est bientôt en été – pas de souci, cela attendra – et à m’intéresser aux nouvelles collections de Lush ou de The Body Shop en me disant que ce serait sympa de mettre un peu plus de fun dans ma vie.

J’aime aussi la franchise de The Every Day French Girl qui n’hésite pas à raconter ses démêlés avec sa famille ou ses collègues qui sont loin d’être agréables pour ne pas dire plus. Etant plutôt épargnée par la vie, je réalise de plus en plus que l’existence est loin d’être facile pour plein de monde et cela me permet de sortir de ma bulle très confortable mais à côté de la plaque, où les relations familiales, amicales et professionnelles sont harmonieuses en général – je n’ai aucun mal à couper les ponts et à remettre les gens à leur place si nécessaire – et où l’on ne s’interroge pas sur l’angoisse créée par les fins de mois difficiles.

Quant au côté madeleine de Proust, c’est que je suis fascinée depuis mon enfance par les descriptions des lieux et des choses que dressent la Comtesse de Ségur et Frances H. Burnett dans « Les contes » pour l’une et « Petite Princesse » pour l’autre. J’éprouve une grande nostalgie pour cette atmosphère douce, tendre, parfois surannée, parfois grinçante mais toujours chaleureuse et élégante, que je retrouve dans l’univers de The Every Day French Girl qui arrive à mettre du romantisme dans le cœur et des paillettes dans les yeux. Pour moi, sa démarche de chercher partout la magie pour embellir les jours gris malgré l’adversité me rappelle celle de Princesse Sara qui arrivait à dresser une table de festin avec une douzaine de petits mouchoirs blancs sur un châle rouge et des guirlandes avec une couronne de fleurs détachée d’un vieux chapeau de paille.

Parfois, j’aimerais moi aussi ralentir le temps, prendre la peine de choisir mes vêtements avec soin, chausser des escarpins en satin (que je n’ai pas), laquer mes lèvres de rouge et organiser un rendez-vous avec une amie autour d’un High Tea et je suis sûre que The Every Day French Girl serait parfaite pour faire de ce goûter un moment inoubliable.

J’espère qu’elle continuera longtemps à s’exprimer sur la toile, car voyez-vous, elle m’apporte cette légèreté qui me manque telle une flûte de champagne millésimé. Comme elle m’a manqué ! ❤

Copyright @laprincessedisney
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Happy Me à Singapour

Au départ, j’avais prévu de passer mes vacances entre Noël et Nouvel-An au chalet mais, sur un coup de tête, je suis partie en week-end à Turin puis ai enchaîné 7 jours plus tard à Singapour.

Je n’ai parfois pas du tout envie de voyager comme par exemple en automne 2018 où j’ai effectué 12 (!) atterrissages et décollages à Genève, Amsterdam, Göteborg, Londres, Los Angeles, Frankfurt et Genève mais cette fois, j’étais heureuse de passer les fêtes de fin d’année sous d’autres cieux.

Pour cela, Singapour était une destination parfaite car, à part être une plateforme financière forte comme la Suisse, tout sépare cette ville-état de la Confédération Helvétique : le climat (31 degrés contre 3 degrés), la population (c’est fou comme l’être humain ressemble à une fourmi dans les mégalopoles asiatiques), l’architecture (la baie de Singapour est magique), la nourriture (j’avoue que le fromage m’a manqué), la végétation, bref, tout.

C’est la deuxième fois que je partais à Singapour qui est l’une de mes villes asiatiques préférées avec Hong-Kong et bien sûr Séoul, ma ville natale.

DES BOISSONS

On ne peut pas aller à Singapour sans siroter un Singapore Sling au Long Bar du Raffles Hôtel en rénovation, berceau de ce cocktail mythique créé en 1915 par le barman Ngiam Tong Boon et composé de Gin, Bénédictine, Cointreau, Cherry Heering, Angustura Bitters, Grenadine, jus d’ananas et citron vert ! J’aime l’ambiance coloniale du Long Bar avec son comptoir en teck, ses chaises en rotin, ses éventails au plafond et ses sacs en jute remplis de cacahuètes dont on jette nonchalamment les écorces par terre qui font scrouitch scrouitch quand on leur marche dessus.

Singapore Sling (c) photo : Internet.

Le Long Bar est malheureusement victime de son succès et des guides touristiques. Contrairement à la dernière fois, il a fallu faire la queue ce qui a tendance à me rebuter. J’ai aussi trouvé dommage qu’un minimum de tenue ne soit pas exigée à l’entrée : Sans être Mme Geneviève de Fontenay, je pense qu’une tenue de plage (shorts et débardeur, tongs en plastique et sac de randonnée) n’est pas adaptée à l’atmosphère élégante d’un palace. Cela tue la magie du moment. Un peu comme si je débarquais à une fête villageoise, ambiance saucissse, fondue et raclette, en robe de cocktail et escarpins de 12 cm.

N.B. : le Long Bar pratique des prix 5 étoiles, il faut compter S$ 32 / CHF 23,20 pour un Singapore Sling shaké à la main !

Long Bar, Raffles Hotel, 1 Beach Rd, Singapore 189673

Pendant mon voyage, j’ai aussi testé le Brown Sugar Boba Milk with Cheese Brûlée qui est une vraie bombe sucrée et calorique composée de lait entier crémeux, de perles de tapioca, de sucre brun caramélisé et de cheese foam, la dernière lubie en date à Singapour, Hong-Kong et Taïwan, qui est une espèce de crème chantilly à base de fromage salé, genre brie. Ne faites pas la grimace, on mange bien du caramel au beurre salé ! ;o) Personnellement, j’ai beaucoup aimé ! Le sucre brun m’a rappelé une saveur d’enfance en Corée que j’avais oubliée.

R&B Tea, The Shoppes at Marina Bay Sands, 10 Bayfront Ave, Singapore 018956

Congee au poulet et à l’oeuf de 100 ans. J’ai appris à apprécier l’oeuf de 100 ans à Nanjing en Chine. Le blanc coagulé est vert-noir translucide mais le goût reste globalement celui d’un oeuf

Autres boissons fraîches que je recommande : le jus de sucre de canne et l’eau de châtaigne (chestnut water) disponibles dans tous les Hawker Centres et la bière locale Tiger que je croyais thaïlandaise à tort.

N.B. : il est interdit de consommer de la nourriture ou des boissons dans les transports publics à Singapour sous peine d’une amende de S$500 à S$1000. Ça dissuade.

UN PRODUIT DE BEAUTÉ

Il y a de quoi faire pourtant comme shopping à Singapour

Je n’ai rien acheté à Singapour. Je suis allée chez Robinsons sur la célèbre avenue de luxe Orchard Road dans l’espoir d’y trouver mon agenda 2019 Smythson mais ils n’avaient que de la petite maroquinerie. Je n’ai pas acheté de produits de beauté non plus car j’avais tout ce qu’il me fallait comme cette huile pour le visage aux pépins de raisin que ma collègue J. confectionne en allant chercher elle-même les ingrédients nécessaires à la macération dans les vignes du Lavaux après les vendanges.

DES PLATS

Je n’ai pas cuisiné à Singapour. Je pense d’ailleurs que personne ne cuisine à Singapour tant les plats succulents et bon marché (entre S$3 et S$5 le plat) des Hawker Centres ou Food Courts sont imbattables et ne valent pas la peine de salir des casseroles.

On ne peut pas aller à Singapour sans dîner dans un Hawker Centre. Un Hawker Centre est un espace immense, genre entrepôt, bordé de petites échoppes proposant de la cuisine locale des trois communautés singapouriennes, c’est-à-dire malaise, chinoise et indienne, avec plein de tables et de chaises en son centre où l’on s’installe pour manger dans une ambiance populaire et sans chichis (là, on peut sortir les shorts et les tongs en plastique).

Qu’on ne s’y trompe pas, bon marché ne veut pas dire mauvaise qualité, bien au contraire ! Par exemple, le restaurant Hong Peng La Mian Xiao Long Bao (à vos souhaits) à Hong Lim Complex est mentionné dans le guide Michelin 2017 et 2018 !

Je n’ai jamais trop su le nom des plats que j’ai goûtés dans les Hawker Centres mais il est possible que j’ai pris du Fried Kway Teow, Hokkien Mee ou Bak Kuk Teh ou rien de tout cela sur les photos car je choisissais au pif selon l’envie du moment.

Hawkers Centres testés et approuvés à Singapour : Hong Lim Complex, Maxwell Road Hawker Centre, Tiong Baru Market Hawker Centre

UN OBJET EN MOINS

J’avais droit à 45 kg de bagage en Business Class avec Singapore Airlines et je suis partie avec seulement 9 kg de bagage, poids de ma valise Rimowa inclus. Au retour, elle en faisait 10 kg avec les bonbons Malang Cow (= vache molle en coréen) et les gâteaux Choco Pie que j’ai donnés à mon Frangin et qui sont donc mes objets en moins puisque je ne les ai plus ;o)

Je n’ai jamais été très sucreries ni bonbons. Je préfère le chocolat et les gâteaux :o)

Avec l’expérience, je sais de quoi j’ai besoin en voyage et n’emporte que le nécessaire avec moi.

N.B. : il faut prévoir une tenue par jour à Singapour en raison de la chaleur et de l’humidité tropicale, si possible en coton ou en fibres respirantes pour éviter les mauvaises odeurs de transpiration.

DES RESTAURANTS

Les Asiatiques adorent manger et Singapour ne fait pas exception à la règle ! En plus des Hawker Centres, j’ai profité de mes virées dans les différents quartiers de la ville pour commander ce qu’il y avait de plus typique.

Le temple hindou Sri Veeramakaliamman

À Little India, joli quartier plein de couleurs et d’odeurs, c’était pappadum (un délice, on dirait des chips !), curry végétarien, curry de poulet, fried chicken, garlic naan (je suis folle des galettes indiennes à l’ail) et lassi à la mangue. Les Hindous ne boivent pas d’alcool.

À Marina Bay, c’était international comme le quartier des affaires : j’ai eu un vrai dîner de Noël avec fruits de mer à gogo, dinde, jambon aux épices, du fromage dont un vacherin fribourgeois (!) et de la bûche de Noël au buffet du restaurant de l’hôtel Pan Pacific où j’ai séjourné. J’ai également déjeuné de ramen japonais, d’une salade européenne avec œuf poché et bacon et d’un chaï latte (bon, pas tout en même temps ni le même jour).

Bibbimyeon

À Chinatown, c’était chinois à Hong Lim Complex mais aussi coréen à Superstar K dans une rue qui aurait pu passer pour Little Korea à Singapour s’il y avait eu des magasins en plus. J’ai retrouvé avec plaisir le barbecue signature de mon pays d’origine servi avec le bibbimyeon 비빔면, une version pimentée du bulnaengmyeon, soupe froide de nouilles de sarrasin, que l’on déguste après avoir terminé la viande. Je raffole de cette soupe de nouilles !

DES DESSERTS

Je ne peux pas dire que les Asiatiques soient des champions en matière de desserts car ils n’ont pas l’habitude de finir les repas par une touche sucrée. Les rares gâteaux que j’ai goûtés à Singapour étaient plus beaux que bons comme les biscuits déposés sur ma table de nuit dans la chambre d’hôtel où le Rainbow Cake de DJ Bakery fait de génoises colorées et de crème au beurre plutôt bof. Mention spéciale toutefois pour le plus joli tiramisu de ma vie au Pan Pacific Hotel avec sa petite tête de chien trop mignonne au chocolat qui dépassait du verre !

Je voulais aller à 2am:dessert bar de Janice Wong mais l’adresse que j’avais à Chinatown était fermée. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.

DJ Bakery, 1 Esplanade Dr, Singapore 038981

DES MOMENTS

Gardens by the Bay

Il y en a eu tellement, par quoi commencer ? Pas de zoo, ni de jardin botanique ni de téléphérique cette fois mais une balade de nuit aux Gardens by the Bay avec ses mythiques arbres métalliques qui font penser à Avatar pour un spectacle sons et lumières, une virée en bateau sur la rivière Singapour (tout s’appelle Singapour à Singapour : la rivière, la ville, le pays, facile, pas de risque de se tromper ! ;o)), l’île de Sentosa et Universal Studios (j’aime l’attraction Transformers) qui est nettement plus petit que celui à Orlando en Floride, la visite du Red Dot Design Museum qui m’a laissée sur ma faim et les concerts gratuits le soir dans la baie de Singapour !

Le temple hindou Sri Mariamman
Buddha Tooth Relic Temple, soit le temple de la relique de la dent de Bouddha

Ce que j’apprécie le plus à Singapour, c’est la sécurité et la propreté obtenues, certes, à grands renforts d’amendes salées voire de prison et de coups de bâton (hum) mais on pourrait s’en inspirer chez nous pour ne rien jeter par terre et respecter le domaine et les infrastructures publics. Ne me dites pas que c’est impossible, si 5’888’926 habitants y arrivent à Singapour, pourquoi pas nous ?

La célèbre Orchard Road, l’avenue du luxe à Singapour
Universal Studios sur l’île de Sentosa
Red Dot Design Museum
ArtScience Museum

Ranger avec Marie Kondo

… ou plutôt regarder Marie Kondo ranger sur Netflix ! :o)

Ma réputation me précède car ma Roumaine et Anne sur FB m’ont envoyé un message pour m’informer que Netflix sortait en janvier une série documentaire intitulée « l’art du rangement avec Marie Kondo », la papesse japonaise du rangement qui promet « d’amener de la joie » (spark joy) dans les foyers grâce à sa méthode konmari.

Le style Marie Kondo, c’est un top blanc, une jupe évasée colorée, des collants opaques et des escarpins noirs

Après une soirée de visionnage boulimique ou binge-watching comme disent les Anglo-Saxons qui s’est terminée vers 2h du matin (Netflix, c’est le mal, comme pour les cacahuètes, je suis incapable de m’arrêter après un ou deux épisodes), je vous livre ce que j’en ai pensé.

Tout d’abord, il y a quelque chose que je ne comprends pas dans l’humanité en général (enfin, il y a plein de choses, mais on ne va pas y passer des heures). D’un côté, on nous abreuve d’injonctions pour « réussir notre vie » à base d’objectifs à atteindre (une maison, une femme/un mari, un à deux enfants, un 4 x 4, un labrador et une Rolex à 50 ans), on sponsorise les influenceurs qui dépassent les millions de vues sur les réseaux sociaux pour nous vendre leur « vie de rêve » et les accessoires griffés qui vont avec, on crée d’immenses temples de la consommation comme The Shoppes at Marina Bay Sands de Singapour, le dernier shopping mall où je suis allée sans rien y acheter toutefois, puisqu’il faut bien un lieu où dépenser l’argent qu’on a gagné en trimant comme des ânes pour « montrer qu’on a réussi » et de l’autre, on nous dit que si on croule sous les objets chez soi, on est limite un raté tout pourri qui ne sait pas gérer sa vie.

Il faut savoir. On doit acheter ou pas acheter ?

Mon impression globale après 7 épisodes de l’art de ranger avec Marie Kondo, c’est que je trouve l’ensemble lisse, redondant et pas très palpitant. Marie Kondo, accompagnée de sa traductrice arrive dans une famille américaine bien typée et politiquement correcte (le jeune couple débordé par ses jeunes enfants, le couple d’immigrés japonais, le couple ethnique pakistano-américain, la veuve wasp en deuil, le couple gay, le couple de futurs jeunes parents, la famille noire relocalisée…), s’agenouille pour saluer la maison, puis donne ses conseils de rangement à suivre dans cet ordre immuable : 1. Les vêtements, 2. Les livres et les papiers, 3. Les souvenirs, 4. Les komono, soit tous les objets qui ne rentrent pas dans une catégorie et qui, dans l’émission, sont souvent stockés dans le garage.

Après 3 épisodes, on comprend vite le concept de la méthode konmari : on empile tous ses vêtements, chaussettes comprises, en un endroit, on prend chaque pièce une par une sur son cœur pour savoir si on ressent « l’étincelle du bonheur » qui doit faire « ting » comme mon Thermomix, on le plie en carré avant de le ranger et on s’attaque au reste.

Après 4 épisodes, seul le contexte change et on apprend que grâce à la méthode, le conjoint est plus amoureux, le chat est plus heureux (sic), les enfants sont plus coopératifs, la famille est plus unie, bref, on nage en pleine mélodie du bonheur, les edelweiss en moins.

Après 7 épisodes, je… euh… je me lève du canapé pour tituber comme un zombie jusqu’au lit pour me coucher.

Okay, je force un peu le trait mais je trouve que tout ça est très gentillet, à l’image de Marie Kondo et ses allures de poupée miniature affublée de faux cils qui me ferait presque passer pour une brute épaisse mal dégrossie face à tant de délicatesse kawaï renforcée par son allure de petite écolière et ses cris flûtés « hiiiiiiiiiiiiii, j’aime trop le désordre ! » qu’elle pousse en battant des mains.

Quant à apprendre quelque chose, même si Marie Kondo nous livre quelques astuces par-ci par-là (comment plier les housses de couette, les layettes pour bébé et les fameuses chaussettes), je pense qu’on fait vite le tour de sa méthode : façonner les vêtements en petits carrés à la verticale, ranger les objets dans des boîtes à la verticale et remercier les choses dont on ne veut plus avant de s’en débarrasser en classement vertical.

Pour cela, l’émission « C’est du propre » sur M6 était beaucoup plus fun pour le même résultat.

Heureusement pour nous, Marie Kondo avoue qu’elle n’est pas toujours un exemple et que cela lui arrive d’avoir du désordre chez elle quand elle est fatiguée (hiiiiiiiiiiii, elle a laissé traîner son trousseau de clés sur la table de la salle à manger, les pauvres, comment survivront-elles à pareil traumatisme ?).

Plus que ses techniques de rangement, c’est sa relation animiste avec les objets qui me parle comme le fait de saluer la maison qui est un rituel touchant et que je vais reproduire chez moi et au chalet. J’aime éprouver ce sentiment de gratitude. J’aime être reconnaissante pour tout ce que j’ai : un toit sous lequel m’abriter, un lit dans lequel dormir, des vêtements pour me tenir chaud, un sac pour transporter mes affaires, un téléphone pour garder le contact avec mes proches, une carte bancaire pour retirer de l’argent, un élastique pour attacher mes cheveux (cf. Happy Me à Turin ;o)), la liste est longue mais c’est ce qui m’a amenée à cesser d’acheter pour acheter, à faire attention à ma manière de consommer et à ne m’entourer, au final, que d’objets (et de gens par extension) qui provoquent en moi cette fameuse « étincelle de joie » !

Spark Joy! © Marie Kondo.

(c) All photos: Netflix et Internet.

Happy Me

Je vous souhaite à tous un très joyeux Noël ! Même si vous n’aimez pas cette fête comme M. Scrooge, l’idée est de célébrer la Nativité pour les plus religieux d’entre vous et de passer un instant privilégié avec vos proches.

Le 24 décembre, Maman nous servait du champagne, des flûtes, du foie gras sur toast, des pistaches et des apéricubes à l’apéritif, puis on passait à table où on avalait sans rien dire son cocktail de crevettes au pamplemousse rose et à la banane (argh) en faisant semblant qu’on aimait ça avant la charbonnade, les dizaines de salade qu’elle avait passé toute la journée à préparer, son riz détrempé et ses sauces à l’ail, au curry et aux herbes. En dessert, elle nous apportait sa fameuse salade de fruits mi-fraîche mi-conserve et une bûche au moka pour papa qui adorait ça.

Maman était une piètre cuisinière mais je donnerais n’importe quoi aujourd’hui pour fêter Noël avec papa et maman ! ❤

Cette année, j’ai tout raté dans mes préparatifs de Noël : pas de calendrier de l’Avent, pas de virée au marché de Noël de Montreux qui attire une foule trop nombreuse pour être agréable, pas de plateau d’huîtres avec un verre de vin blanc au marché de Lausanne et pas de sapin car je me suis décidée au dernier moment à partir un week-end à Turin puis à Singapour pendant les fêtes.

UNE BOISSON

La saison se prête au chocolat chaud alors autant en profiter ! Je me suis arrêtée cette fois à C’chocolat à Montreux pour mon sempiternel combo chocolat maison et orange pressée dans un joli cadre minimaliste.

C’chocolat, Grand Rue 64, 1820 Montreux

UN PRODUIT DE BEAUTÉ

J’ai peut-être tout raté à Noël mais pas ma manucure. Jessica a choisi cette fois un marron chatoyant et une pluie d’étoiles et de paillettes sur un fond bordeaux. J’ai pris la photo un peu tard et on voit malheureusement la repousse mais au moins, on remarque que ce sont bien mes ongles et pas des ongles artificiels.

Ongle attitude, avenue Villamont 17, 1005 Lausanne

UNE RECETTE

Avec mes collègues, nous sommes partis visiter l’Alimentarium, le musée de l’alimentation de Nestlé à Vevey et avons préparé de A à Z des raviolis aux petits légumes et une tarte tatin sous la houlette de Chef Philippe.

J’ai bien aimé le cours (j’ai utilisé un laminoir et fais de la pâte feuilletée pour la première fois de ma vie) mais j’ai trouvé que la recette pour la pâte à raviolis était trop basique et manquait de saveur (un œuf, de la farine et c’est tout) et regretté que la fin du cours soit trop vite expédiée parce que nous avions pris du retard. J’aurais aussi voulu entendre Chef Philippe nous parler plus longtemps de la dynamique du groupe, du leadership des uns et des autres et de la personnalité qui transparaît dans le dressage des assiettes, ce qui m’a le plus intéressée.

Alimentarium, Quai Perdonnet 25, 1800 Vevey

UN OBJET

Je suis sûre que j’ai des objets dont je dois me débarrasser à la maison mais ces temps, je suis plus dans une dynamique d’en acheter pour meubler le chalet que de m’en défaire. Aujourd’hui, j’aimerais mettre en avant ces petits objets utiles du quotidien, qui nous rendent service en toute discrétion et modestie comme le mini sac bleu Ikea vendu à CHF 0.65 (CHF 0.75 ?) pièce. Je l’utilise comme lunch bag (sac à déjeuner ?) pour transporter mes boissons et mes repas au bureau.

IKEA, Pré-Neuf, 1170 Aubonne

UN RESTAURANT

Je suis une sans cœur. J’ai vu Bambi dans mon enfance mais n’ai pas été traumatisée plus que ça par la mort de sa maman puisque je me régale d’un plat de chasse chaque automne. À vrai dire, je trouve tout aussi horrible de tuer un cerf ou un sanglier qu’une vache ou un cochon pour s’en repaître mais comme je ne suis pas végétarienne, j’assume.

Le restaurant populaire « Chez Popu » est réputé pour servir de la chasse sauvage et pas d’élevage et la selle de chevreuil rôtie au four entière était l’une des meilleures que j’ai mangées. Précédée d’une crème de courge butternut et d’une salade mixte, elle a été richement agrémentée en deux services de spätzlis maison, de chou rouge et choux de Bruxelles, de marrons pochés dans de la raisinée, une sorte de vin cuit de pomme ou de poire, d’une mini pomme pochée et d’une poire à botzi, poire à cuire du Canton de Fribourg, confites au sirop. Une vraie bonne adresse !

Restaurant Populaire, route du Jorat 67, 1000 Lausanne 26

UN DESSERT

La tradition veut qu’en Suisse, on reçoive un bonhomme de Saint-Nicolas le 6 décembre ou des coups du Père Fouettard si l’on n’a pas été sage pendant l’année. Maman nous offrait toujours un de ces petits bonhommes briochés recouverts de perles de sucre et décoré d’une pipe en terre cuite surdimensionnée. Aujourd’hui, c’est le bureau qui se charge de commander chaque année un bonhomme aux pépites de chocolat pour les braves et gentils collaborateurs que nous sommes.

UN MOMENT

Nous n’avons pas attendu l’Avent pour organiser des apéros au travail. En réalité, tout est prétexte pour nous réunir autour d’un verre et de quelques snacks à grignoter, sans doute pour évacuer le stress et la pression que l’on ressent tout au long de l’année. J’ai toujours eu la chance d’avoir des collègues extraordinaires de tous les horizons : Suisse, Allemagne, France, Irlande, USA, Portugal, Espagne et Géorgie.

Commencer le programme Happy Me

J’aimerais remercier Anne et Vérone pour leurs commentaires très constructifs en réponse à mon article Cultiver l’ennui. Il manquait à mon programme Happy Me deux dimensions : une qui ne dépend pas de l’argent ni des biens matériels (famille, confiance, motivation, persévérance) et une autre qui privilégie l’action (quelque chose à faire, quelque chose à apprendre : une chanson le lundi, une recette le mardi, etc.) plutôt que des shots de bonheur instantané, l’un n’empêchant pas l’autre.

J’ai réfléchi à la question de la famille, de la confiance, de la motivation et de la persévérance et j’ai eu de la peine à trouver comment je pourrais les matérialiser sous forme d’actions (et sans argent, si possible :o)). Pour la famille, je prends régulièrement des nouvelles de ma tante, la petite sœur de maman qui vit seule, et l’invite à déjeuner au restaurant toutes les semaines (on a dit sans argent…), j’ai renoué contact avec mes cousins en Valais et je devrais en faire de même du côté de la famille de mon papa – dont ma marraine – mais même du vivant de mes parents, nos liens étaient plutôt distendus.

Quant à mes amis et surtout mes amies, ils sont dans mon cœur et nous nous voyons régulièrement pour les bons comme pour les mauvais moments. S’il y a une chose que je sais faire, c’est m’entourer de belles personnes. Je crois qu’il y a peu de non-dits avec moi, j’aime la franchise et la clarté dans mes relations et j’évite comme la peste les personnalités ambigues et/ou toxiques.

Je ne sais pas comment matérialiser la confiance, la motivation et la persévérance mais je sais que bien souvent, je me sers de la joie comme d’un baromètre intérieur : est-ce que j’éprouve de la joie dans ce que je fais, dans ce que je vis, avec les personnes avec qui je suis ? Si oui, continue ton chemin, petit scarabée, si non, il faudrait peut-être changer ton fusil d’épaule et envisager les choses d’une manière différente.

Bien sûr, je ne suis pas tout le temps dans la joie ni dans l’extase © Sainte Thérèse d’Avila, mais je peux décider de mon humeur et de mon état d’esprit qui dépendent moins des gens et des circonstances extérieures que de moi.

Je veux aussi cesser de m’excuser et de culpabiliser par rapport à la chance inouïe que j’ai de vivre une belle vie.

En pratique, voici mon programme Happy Me avec quelques changements :

  • Lundi : une boisson, une activité physique (marche, course à pied, étirements, etc.), un rangement dans la penderie/chambre.
  • Mardi : un soin de beauté (cela peut très bien être un masque ou une crème hydratante que j’applique à la maison, le but étant de porter attention à mon petit corps), un rangement dans le débarras.
  • Mercredi : une recette (merci Vérone !), une activité physique, un rangement dans la salle de séjour.
  • Jeudi : un objet, un rangement dans la salle de bain.
  • Vendredi : un restaurant, une activité physique, un rangement dans la cuisine.
  • Samedi : une sucrerie, une activité créative.
  • Dimanche : un moment.

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Une boisson – Bubble Tea « Marcel » chez Artea à Lausanne : thé noir, sirop d’orgeat, caramel, perles de tapioca et lait (CHF 6.50).

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Un soin de beauté – Une couleur, une coupe et un brushing au salon The Red Room à Lausanne (CHF 180.-). Je suis une cliente fidèle. Dès que j’ai trouvé une bonne adresse, je n’en change plus.

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Un plat – La paella d’Oscar, un ami et un ancien chef du Château d’Ouchy à Lausanne, pour 12 personnes. Une autre soirée est prévue avec Oscar qui nous cuisinera des fruits de mer : homard, langoustes, crabes, crevettes, etc. C’est très utile d’avoir des amis cuisiniers dans son carnet d’adresses :o)

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Un objet – PyeongChang 2018 Sneakers (c) photo : Internet.

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Un restaurant – Un brunch au Balzac de Morges avec ma Polonaise. Nous avons aimé le chocolat chaud Le Balzac, le jus frais de carotte et d’orange, le yaourt, le fromage et les mini gâteaux mais beaucoup moins l’assiette de crevettes à la mangue et passion fade et quelconque que nous n’avons pas terminée ainsi que le service lent et peu aimable. Pour CHF 55.- par personne (+ un pourboire de CHF 5.- que j’ai laissé contre l’avis de la Polonaise), on pouvait s’attendre à mieux !

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Une douceur – Le Paris Brest à la noisette de Lucien Moutarlier.

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Un moment – Passer le dimanche à la maison et jouer avec Izzi qui s’amuse comme un vrai chat de salon : couchée sur le canapé et adepte du moindre effort. Elle adore tendre des embuscades sous les coussins et se lasse très vite de ses jouets.