De retour

IMG_1053Je reviens sur mon blog après une période de deuil due à la disparition d’un pilier important de ma famille. J’ai vécu un épisode douloureux de ma vie, certes, mais qui a été atténué par le soulagement d’avoir pu dire adieu à la personne aimée et de l’avoir vue relativement en bonne forme avant son départ rapide et sans souffrance selon le médecin qui a assisté, impuissant, à ses derniers instants.

Il y a plusieurs façons de surmonter son chagrin. Certains écrivent leurs sentiments dans leur journal intime ou sur une lettre qu’ils brûlent ensuite, trouvent un réconfort dans la méditation et la prière, appellent les amis ou la famille pour leur demander du soutien ou consultent un thérapeute s’ils se sentent couler. Quant à moi, j’ai accepté que la mort fasse partie intégrante du miracle de la vie au même titre que la naissance (on ne sait pas d’où on vient ni où on va et même s’il n’y a rien, ce n’est pas grave car on ne s’en rendra pas compte), compris que l’on est plus attristé pour soi-même que pour la personne décédée qui n’apprécierait sans doute pas que l’on se mette dans un tel état pour elle (en tout cas, c’est ce que j’éprouverais) et pensé que cela aurait été nettement plus chouette pour tout le monde s’il y avait des téléphones portables au paradis (Dis, Steve Jobs, tu passes tes journées à faire quoi là-bas ?) !

J’ai aussi :

  • Laissé les larmes couler, qui survenaient la plupart du temps quand j’étais seule et au moment où je m’y attendais le moins (pendant mes 10’000 pas quotidiens, derrière mon écran d’ordinateur au travail, à la piscine de l’EPIC SANA Algarve Hotel, lors d’un footing, sur le chemin de retour à la maison), sans les retenir
  • Fait face au deuil en réglant un maximum de tracas administratifs pour la cérémonie d’adieu, bien aidée il est vrai par l’employé des Pompes Funèbres : les fleurs, le faire-part de décès dans les journaux, la réception après la messe, les cartes de remerciement…
  • Gardé ma routine quotidienne même si le moral n’était pas toujours au beau fixe. Je suis ainsi allée travailler le lendemain de la terrible nouvelle. Je me réfugie toujours dans le travail en cas de problème ou de malheur, cela me permet d’oublier ma tristesse en m’occupant l’esprit
  • Marché le plus longtemps possible pour prendre du recul par rapport à la situation
  • Pris l’avion pour partir en vacances en Algarve, à Lisbonne et à Paço dos Arcos au Portugal. Changer d’endroit et de contexte est au final ce qu’il y avait de mieux pour moi
  • Pleuré encore et encore
  • Passé un weekend à Paris
  • Pris soin de ma santé en consultant mon médecin généraliste spécialiste en nutrition qui, après plusieurs tests et analyses, m’a conseillé d’intégrer plein de choses dans mon alimentation – déconseillées d’habitude mais nous avons tous un organisme et un métabolisme différents – que j’évitais comme la peste : le sel et la caféine, y compris le Coca-Cola normal que je peux boire sans conséquence pour mon poids, pour remonter ma toute petite pression et même un hamburger avec des frites si je veux ! ;o)
  • Prêté plus d’attention que d’habitude à la beauté autour de moi : la plage de São Rafael, les falaises de Ponta da Piedade, les forêts de pins parasol, les quartiers animés de Lisbonne, les rues de Paris, la très belle décoration d’intérieur de l’hôtel Thoumieux du Chef Jean-François Piège, les rayons du Bon Marché Rive Gauche, les roses d’Agave Fleurs à Lausanne, etc.
  • Eté entourée de personnes positives : mon Frangin qui m’a fait découvrir le Monaco (bière et sirop de grenadine) aux Brasseurs pendant le carnaval de Lausanne alors que nous venions de sortir, chamboulés, de la chambre funéraire, ma famille et mes amis avec une mention spéciale à Lobo qui a rédigé une très belle lettre pour nous qui étions dans la peine, mes collègues qui se sont montrés fantastiques avec moi avec une carte, une orchidée et un gâteau au chocolat maison, les belles et exquises Mélodie pour un déjeuner chez Paprika et Caroline pour un Odessa Pop au Café Odessa à Paris, Gwendy pour un hamburger chez Crazy Wolf à Fribourg, Cécile que je ne connais pas dans la vie réelle mais qui m’a envoyé une carte et à qui j’ai répondu hier et même ma prof de maths de mon école privée des bonnes soeurs qui est venue à l’enterrement !
  • Dormi de longues heures
  • Pleuré jusqu’à ce que je n’aie plus de larmes. Ca fait du bien !
  • Eté bonne avec moi-même et essayé d’être le plus souvent polie et aimable avec les autres qui me l’ont bien rendu : la gentille dame qui a placé sa valise entre les portes du métro à Paris pour me laisser entrer, le chauffeur de taxi qui s’est levé de son siège pour m’ouvrir la porte à Montparnasse, l’inconnu qui voulait me faire entrer gratuitement dans le métro, les vendeurs extrêmement attentifs et professionnels du Bon Marché et le serveur du Montreux Jazz Café à la Gare de Lyon
  • Eté fière de ne pas m’effondrer même s’il n’y avait aucun mal à ça. Je sais maintenant que je suis une vraie « barbare des steppes » ;o) et que je peux compter sur moi
  • Découvert que, loin du détachement prôné par le bouddhisme, je voulais plus que tout m’attacher aux êtres et aux choses, aimer avec fureur et passion même si ça doit faire mal
  • Pris le temps nécessaire pour me retrouver avant mon retour sur mon blog

La leçon que j’ai retenue de ce mois intense en émotions, c’est que mes jours sont comptés (un cliché que tout le monde connaît mais qu’on oublie trop vite jusqu’à ce que la mort d’un être cher agisse comme une piqûre de rappel et relègue toutes les préoccupations au second plan) et que je souhaite consacrer du temps pour définir qui je suis et ce qui est important pour moi, quitte à déplaire, pour aligner mon existence en fonction de ces deux interrogations. Sans oublier d’ajouter des éléments non-essentiels à ma vie de tous les jours, cela va de soi !

Miss you. Love ❤

De retour

21 réflexions sur “De retour

  1. Toutes mes condoléances. Il n’y a pas de honte à pleurer. Quand certaines personnes me manquent trop, j’écoute des chansons qui me les évoquent (qui ne sont pas toujours des chefs d’oeuvre) et je laisse l’émotion m’emporter. Je ne peux pas écouter « Si maman si » sans être bouleversée, trop de souvenirs. Ensuite, je me sens mieux.
    Bon courage.

    1. Non, il n’y a vraiment pas de honte à pleurer. Au contraire, il vaut mieux sortir les émotions négatives plutôt que de les garder en soi. C’est vrai pour la musique. Moi, c’est plutôt chaque fois que je vois un ordinateur ou un appareil photo que cela me fait bizarre, je pense que cela dépend en fait des passions que la personne disparue entretenait de son vivant. Merci beaucoup.

  2. Magalie dit :

    Bon retour a toi, tu nous a manque mais je comprends pourquoi, chacun gere son deuil comme il veut/peut, ton article est tres joli, j’aurai voulu pouvoir mettre des mots sur mes emotions quand j’ai perdu ma mere il y a dix ans, tu viens de le faire, merci…

    1. Perdre son père, sa mère ou quelqu’un de sa fratrie est le plus douloureux. J’aime penser qu’il reste des traces d’eux quelque part, sous quelle forme, je n’en ai aucune idée, sinon cela ne sert à rien d’aimer. Merci à toi !

  3. Quand j’avais vu ce qui t’es arrivé, j’ai pensé fort à toi car comme la plupart d’entre nous j’ai aussi perdu quelqu’un d’irremplaçable (mais qui m’a transmis beaucoup de valeurs qui me sont toujours utiles aujourd’hui 🙂 ). C’est pour cela que je souhaitais t’écrire un petit mot, parce qu’au delà des relations virtuelles, il y a de réels sentiments et je voulais t’envoyer mon soutien plus qu’avec un simple tweet.
    Tu as raison de pleurer et de prendre soin de toi. Ce sont les seules choses à faire dans ces moments là.
    Tu as raison « enjoy life » :).

    1. Merci beaucoup Cécile, comme tu le dis, il y a des réels sentiments derrière les relations virtuelles et je suis sûre que je t’apprécierais beaucoup en vrai ! Les personnes qui sont parties nous ont apporté tout ce qu’elles pouvaient de leur vivant et je ne veux pas rater une occasion de profiter de celles qui sont encore là, maintenant et tout de suite. Merci encore, je t’embrasse.

  4. maereva dit :

    La façon dont tu as géré ça est remarquable. Ça montre une grande maturité et une grande confiance dans la vie. Je suis admirative. Je ne pense pas encore être capable de gérer quelque chose de cette façon. Bravo. Toutes mes condoléances et continue ton chemin, il semble vraiment parsemé de belles fleurs malgrés les petits cailloux de la vie qui tentent parfois de s’incruster dans nos chaussures.

    1. Merci Maé. Avec l’âge, c’est plus facile de se faire une raison, je trouve. J’aime bien quand tu dis qu’il faut faire confiance à la vie. A la mort aussi, même si ça semble étrange car on ne la comprend pas dans notre société. On ne voit que la perte et le deuil mais je me dis qu’il doit y avoir un sens à tout ça sinon, c’est inutile d’en avoir conscience. Quant aux fleurs et aux petits cailloux, pour moi, c’est les deux facettes de la vie. L’un ne va pas avec l’autre.

  5. Angelique dit :

    Tu es une belle personne Koyangi, tu forces l’admiration et le respect, ce post est rempli de sagesse, comment ne pas être sensible à tout ce courage dont tu fais preuve ?
    Ne pleure pas celui qui est parti, mais réjouis toi de l’avoir connu. ♥

  6. Tu peux en effet être fière de toi, personnellement je craque très facilement et c’est plutôt ennuyeux! Hâte de te retrouver sur le blog, et tellement ravie de t’avoir rencontrée en vrai! Bisous

  7. Hélène dit :

    Je suis très touchée par ce qui t’arrive. La vie ne nous épargne pas et tu le dis si bien, notre souffrance face à un départ est un sentiment d’abandon. Le reconnaitre, l’ accepter, et le laisser partir, la vie continue malgré tout. Je t’embrasse et je t’envoie de belles pensées ❤

    1. Merci Hélène pour tes douces et sages pensées. Cela peut paraître étrange mais je n’ai pas une si mauvaise image de la mort que ça. Je pense qu’on se retrouvera d’une manière ou d’une autre et c’est ce qui m’aide à l’accepter. Bisous.

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