J’ai une toute petite communauté sur Instagram qui me suit mais elle est parfaite : on échange beaucoup sur plein de sujets, même sur les bottes Balenciaga blanches que je voulais acheter et que tout le monde trouve moches :o), je n’ai pas de Troll et je sens qu’il n’y a que des bonnes personnes derrière mes 620 followers. Merci à vous de me suivre dans ma vie de tous les jours !

J’ai perdu petite Kaly vendredi passé après seulement 30 jours. Elle était une chatonne Ragdoll super douce, gentille et sensible, dotée d’une frimousse adorable et d’un corps aussi léger et duveteux qu’une plume, qui ronronnait très fort quand je la caressais sur le canapé avant qu’elle s’endorme pelotonnée contre moi dans sa couverture fétiche.

Alors, oui, ce n’est pas de chance de perdre Kalypuce à l’âge de 4 mois et Izzi à l’âge de 5 ans l’année passée mais je dirais aussi que Kimchi a vécu 19 ans et demi et que Kumba est toujours là. Je vis un peu les extrêmes avec mes chats mais d’un certain côté, je suis soulagée qu’aucun ne se soit fait écraser par une voiture, l’espérance de vie n’étant que de 4 ans quand ils sortent.

Entre larmes et sourires (j’ai passé un beau dimanche avec ma tante M.), je me suis posé plein de questions ce week-end que je vais vous livrer en vrac :

Pourquoi j’aime les animaux ?

J’ai le cœur troué en pensant à la petite Kaly et à tous les moments heureux que j’aurais pu avoir avec elle. Je me suis dit qu’elle avait vécu de belles heures chez l’éleveuse puis avec Kumba et moi et qu’elle n’a pas souffert de maltraitance ni d’abandon, donc, c’est un chaton qui a été aimé parmi des millions d’autres qui n’ont pas cette chance. Autant je peux comprendre qu’on n’aime pas les animaux et qu’on n’en a pas (pas envie de s’en occuper, désintérêt voire dégoût, peur des griffes et des morsures, etc.), autant je ne comprendrais jamais ceux qui frappent ou abandonnent ces créatures conscientes et sensibles domestiquées et apprivoisées par la main de l’homme.  

Je n’ai pas grandi avec des animaux, enfin si, avec trois poissons rouges qui ont fini plus tard dans le ventre de tritons, papa les ayant laissés dans l’aquarium d’un ami biologiste pour les vacances sans savoir que les tritons se nourrissaient de poissons… Maman aurait voulu un chien mais ne voulait pas les responsabilités qui vont avec (l’éduquer, le sortir plusieurs fois par jour par tous les temps…), quant à papa, il adorait les animaux. Il a vécu avec des chats, des vaches, des cochons, des chèvres et des cabris qu’il amenait à l’abattoir dans ses bras (les cabris, pas les vaches !). Cela peut sembler cruel mais il a grandi en sachant depuis tout petit que certains animaux étaient engraissés pour la nourriture et qu’il ne devait pas s’attacher. Il jouait avec eux et il les mangeait parce que c’était comme ça et qu’on ne pouvait pas tous les garder. A quelque part, je trouve que c’est une approche plus saine du rapport à l’animal quand on mange de la viande et des produits laitiers que d’en acheter dans des barquettes en cellophane au supermarché. Il était aussi heureux de s’occuper de Kimchi en mon absence. Mon Frangin n’a pas d’animal et ne veut pas en avoir, cela ne fait pas de lui une mauvaise personne pour autant :o)

J’ai toujours aimé les animaux et j’en ai aussi tués malheureusement (ma mère coréenne m’a raconté que quand j’avais trois ans, j’ai ramassé les poussins d’un voisin que je trouvais trop mignons et je les ai serrés fort, fort, fort contre mon cœur… Ils sont mort étouffés les pauvres petits et mes parents coréens ont dû les rembourser :o(). J’aime tous les animaux, y compris les araignées et un peu plus les serpents que je commence à apprécier, j’aime leur contact, les interactions que l’on peut avoir avec certains, la présence, la confiance, l’affection et l’amour qu’ils nous donnent et je réponds positivement à tous les stimuli du Kindschenschema, la très sérieuse science du mignon amorcée par l’ethnologue autrichien Konrad Lorenz, qui active une réaction des adultes humains envers tout ce qui est chou et petit les amenant à en prendre soin : de grands yeux, des joues bombées, des membres épais et courts, des gestes gauches, un crâne disproportionné et des formes potelées. Je suis aussi pleine de « Kama Muta », le sentiment qui nous permet d’être émus et de ressentir de l’empathie quand on voit quelque chose d’attendrissant.  

Pourquoi j’achète mes chats dans des élevages et pourquoi je n’adopte pas un chat dans un refuge ?

Après Izzi, Sacrée de Birmanie, j’ai demandé à la vétérinaire si elle avait un chat à placer (nope) et à Danijela, patronne du salon de coiffure The Red Room à Lausanne, s’il lui restait des chatons à placer (nope). Je n’ai pas contacté les SPA ni les refuges : les conditions pour adopter un chat sont draconiennes (ma Danoise s’est vu refuser un chat car sa maison était trop proche de la route) et ce n’est pas si évident que ça de trouver un chat qui nous convienne : ma copine Madame a perdu sa chatte Frida d’un cancer à l’âge de 9 ans l’année passée et est toujours à la recherche d’une petite femelle à chérir.

Il est évident que si je tombais sur un chat famélique et visiblement sans foyer dans la rue, je le recueillerai tout de suite ! Or, il se trouve qu’à Lausanne, en plein centre ville, ils ne courent pas les rues (je n’en ai jamais vus et c’est tant mieux), puis il faut faire très attention à ne pas « kidnapper » un chat sous prétexte qu’il est seul en train de se balader dans un champ. Ma copine Madame m’a dit que ses voisins en ont marre de chercher leur chat à la SPA car cela fait trois fois que des « bonnes âmes » l’ont ramassé en pensant qu’il était abandonné…

Si j’achète mes chats dans un élevage, c’est par sécurité et par confort. Je choisis des chats d’intérieur (Kimchi la persane chinchilla, Izzi la Sacrée de Birmanie, Kumba et Kaly les Ragdolls), calmes et pas trop énergiques comme les Bengals ou les Orientaux, doux et affectueux, à poils longs parce que j’aime les grosses fourrures et, dans le cas des Ragdolls, parce qu’ils sont très sociables avec les humains et les animaux (Kimchi et Izzi étaient adorables avec moi mais très distantes avec les amis et la famille) et supportent les déplacements en voiture sans stresser puisque j’habite en ville et que j’ai un chalet à la montagne.

Cela ne signifie pas que je n’aurai jamais de chat sans pedigree ni même de chien (j’aimerais beaucoup avoir un chien mais j’en aurai un quand je serai à la retraite pour avoir le temps de m’en occuper pleinement) ni même d’ânes, de poules ou que sais-je ? J’ai prévu de recueillir des vieux chats quand je serai moi aussi très vieille pour ne pas les laisser après moi. Je refuse cependant de céder aux accusations basées sur la culpabilité qui consistent à critiquer les personnes qui achètent des animaux dans des élevages alors qu’il « y a tant d’animaux seuls et malheureux » car j’estime que ce n’est pas l’acte d’acheter un animal qui est à blâmer mais l’attitude des irresponsables, pour ne pas dire plus, qui a conduit l’animal à se retrouver seul et malheureux derrière les grilles d’une cage !

De quoi est morte Kaly ? C’est quoi la PIF ? Est-ce que Kumba est aussi infecté et risque-t-il de mourir lui-aussi de la PIF ?

La péritonite infectieuse féline (PIF) est une mutation du coronavirus entérique félin (FECV, FeCoV bénin). 95 % à 100 % des chats sont atteints ou sont porteurs du FeCoV et peuvent très bien vivre avec sans qu’il mute. Les chats les plus impactés par la PIF, qui est un virus à ARN rare, sont les chatons et les chats âgés. Kaly a souffert de la PIF humide, c’est-à-dire qu’elle avait une grosse toux, de la fièvre qui ne partait pas malgré les anti-inflammatoires, elle maigrissait à vue d’œil alors que son ventre gonflé se remplissait chaque jour de liquide jaune paille visqueux jusqu’à envahir ses poumons (Kaly serait morte noyée si je ne l’avais pas fait euthanasier. La vétérinaire m’a dit que j’étais arrivée à temps avant qu’elle agonise). Une fois le diagnostic de la PIF posé, le chat meurt dans les 7-9 jours ou en quelques semaines. Il n’y a pas de médicament contre la PIF sauf un traitement expérimental aux USA, le GS-441524, un analogue du Remdesivir humain, qui coûte environ CHF 2’500 mais qui est illégal en Suisse. J’ai cependant l’espoir que les recherches faites actuellement sur la COVID-19 bénéficieront également à la médecine vétérinaire.

Kumba est probablement atteint par le Coronavirus félin puisqu’il n’a pas cessé de lécher Kaly jusqu’au dernier moment et qu’ils partageaient tout, les gamelles (jamais réussi à leur faire comprendre qu’ils devaient manger dans leur propre gamelle) comme la litière. Il a subi un test sanguin quand il avait 4 mois qui s’était révélé négatif au Coronavirus félin. Aujourd’hui, je ne sais pas ce qu’il en est et je vais le faire tester à nouveau, mais le test ne permettra pas de dire s’il est atteint de la forme bénigne du Coronavirus félin ou s’il a le Coronavirus responsable de la PIF. Par ailleurs, il existe aussi des faux négatifs et son corps peut très bien évacuer le Coronavirus en quelques mois. Donc, c’est à suivre mais cela ne sert à rien que je me fasse du sang d’encre à l’avance, même si je je suis un peu inquiète quand je l’entends éternuer alors qu’il va bien. A savoir que le Coronavirus félin ne se transmet pas à l’homme.

Quant à l’éleveuse de Ragdolls de Darling Show, elle est irréprochable. Elle a fait tester génétiquement tous ces reproducteurs contre différentes maladies dont le HCM qui touche tous les chats sans exceptions, l’hypertrophie cardiomyopathique, PKD, RdAc-PRA, SMA, etc.

Kumba est-il triste d’avoir perdu Kaly ?

Pour l’instant, je ne sais pas quoi dire. Il a cherché Kaly quand je suis rentrée des urgences vétérinaires, a reniflé sa caisse de transport et a roucoulé pour l’appeler toute la nuit. Je l’ai surpris hier soir à respirer la couverture de Kaly mais il continue à boire, à manger, à sortir dans le jardin et à défendre son territoire à grands renforts de miaulements sonores quand il voit passer le chat tigré à travers le filet de sécurité. Il ne montre pas vraiment de signes d’abattement. Au contraire, j’ai « retrouvé » mon chat car quand Kaly était là, il venait rarement se coucher sur mes genoux pour réclamer des caresses ce qu’il fait beaucoup plus depuis la mort de la petite. J’ai l’impression qu’il a compris qu’elle était partie car son odeur s’efface peu à peu mais quant à dire qu’il a conscience qu’elle est morte, je ne le pense pas.

Comment je me sens après toutes ses pertes (papa, maman, Izzi, Kaly…) ?

Même si j’ai connu Kaly que pendant 4 semaines dont 2 à faire des aller-retours chez la vétérinaire, la tristesse n’est pas moins grande que lorsque j’ai perdu Kimchi ou Izzi. J’ai pleuré comme une madeleine (je me demande d’où vient cette expression ?) quand j’ai assisté à son dernier souffle (pas question pour moi de la laisser seule pendant l’euthanasie), j’ai embrassé son petit corps une dernière fois (elle était si mignonne ma petite puce), je me souviens avoir eu très froid en me couchant et n’avoir pas réussi à fermer l’oeil de la nuit.

J’étais sous le choc. On a beau s’y attendre et se préparer mais la mort est toujours un événement brutal. On se demande si on a tout fait (oui, je ne regrette rien pour Kaly. Si j’avais dû aller au Tierspital à Berne ou même à Zürich chercher un traitement, je l’aurais fait), on cherche constamment des yeux la présence de l’être disparu, humain comme animal, mais il faut se rendre à l’évidence, il ne sera plus jamais là.

Avec tous ces drames, j’ai constaté une chose étonnante et importante sur moi-même dont je n’avais pas conscience. Au lieu de me fracasser et de me plonger dans le chagrin, la dépression, « le chocolat, l’héroïne et la vodka » © Les trois copains de Constance Verluca, ces épreuves me permettent d’aimer et d’aimer encore plus fort et de mieux en mieux ! Je considère à présent la séparation et la mort comme une manière pour moi de faire un pied de nez à la vie en me disant que non, elle peut me prendre tous les êtres qui me sont chers, je continuerai à aimer quoiqu’il arrive et je continuerai à aimer de toutes mes forces tous les humains, animaux et espèces vivantes (on ne sait jamais si je croise E.T :o)) qui sont et seront sur mon chemin, sans retenue, avec tout mon cœur et toute mon âme parce que c’est ma raison d’être et la chose que je sais faire le mieux au monde !

Certaines personnes sont à ce point détruites par une rupture amoureuse ou amicale ou par le décès d’une personne ou d’un animal qu’elles ne veulent plus jamais aimer, moi pas ! Je veux aimer comme au premier jour, avec confiance, bonheur et gratitude. Toujours.

Quitte à souffrir un jour parce que rien n’est permanent, autant que tout ce qui se passe avant soit grand, beau, lumineux et porteur de sens !

Merci à tous pour vos appels et vos messages qui m’ont apporté beaucoup de joie ! La vie continue et elle est belle ! ❤  

Je t’aime ma petite Kalypuce ❤️
Publié par :KoyangiBacalhau

7 commentaires sur “Aimer ou pas

  1. Bonjour Koyangi, quelle tristesse cette disparition, quel bel hommage tu fais à tous ces animaux qui le méritent tant, la qualité que j’apprécie le plus chez les animaux et que je n’ai jamais trouvé chez l’etre humain, est la constance de leur humeur. J’ai entre autres chez moi un gros et gentil matou très nounours, tellement que lorsqu’il fait une betise et que j’élève la voix, il continue de ronronner car la seule chose qu’il demande c’est de l’attention et visiblement quand je lui parle quelque soit le ton ça lui plait 🙂 J’aime ta philosophie de vie, c’est ainsi tu es quelqu’un de très respectable et tellement agréable à lire. Bon courage pour cette période d’yeux humides

    1. Merci Angélique ! Contente de savoir que tu as un gros et gentil matou très nounours comme Kumba est en train de devenir. Kumba ne ronronne pas si j’élève la voix pour le gronder, je crois que ça lui est égal, il n’en fait qu’à sa tête ;o) Il a cependant arrêté ses bêtises de chaton et est devenu un grand garçon maintenant. Bonne journée !

  2. « Pleurer comme une madeleine » = pleurer comme Madeleine pleura aux pieds du Christ en lui confessant ses péchés (elle était prostituée), pieds qu’elle a donc trempés puis essuyés avec ses propres cheveux.

  3. 5 ans que ma Capucine m’a quittée et je ne l’oublie pas. C’était mon premier chat vraiment à moi. Nous avons passé 6 belles années ensemble. Bon courage pour ces moments difficiles.

    1. 6 ans pour la petite Capucine :o( C’est triste de perdre un chat mais c’est encore plus triste quand ils sont si jeunes ! Je n’ai pas connu Kalypuce longtemps mais elle me manque autant que Kimchi et Izzi :o( Elle était si gentille et si douce !

  4. Je retiendrai de ton billet : « Je veux aimer comme au premier jour, avec confiance, bonheur et gratitude. Toujours.
    Quitte à souffrir un jour parce que rien n’est permanent, autant que tout ce qui se passe avant soit grand, beau, lumineux et porteur de sens ! ».

    Que c’est beau et inspirant !

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