Un achat par semaine no 1 en 2021. Home Sweet Home

Dans une autre vie quand une équipe de TV de Korean Broadcasting System (KBS, rebaptisée KGB par maman qui a participé à deux tournages :o)) nous interviewait mon Frangin et moi pour savoir « où étaient nos racines », je me souviens qu’on avait ri comme des baleines (la vache qui rit, rit, d’accord, mais les baleines ? Encore une expression cocasse de la langue française) en préparant les questions. Nous étions fatigués d’avoir cette équipe de tournage sur le dos 7/7 et H24 et nous nous amusions à inventer des réponses absurdes :

« Mes racines ? Elles sont dans un pot en terre cuite, bien sûr ! »

A 20 ans, je ne savais pas comment répondre à cette question. Je suis née et j’ai vécu à Séoul jusqu’à l’âge de 5 ans et demi puis à Lausanne et ses environs depuis mon adoption. A 20 ans, je voulais découvrir le monde, ce que j’ai fait par la suite en voyageant sur les cinq continents, mais je ne souhaitais en aucun cas m’enraciner quelque part.

Je crois que je n’ai toujours pas envie de m’enraciner quelque part, je préfère l’idée de déposer mes valises quelque part, une conséquence sans doute de mon adoption qui m’a appris que le monde peut s’écrouler en une fraction de seconde et que l’on peut perdre à jamais ses parents, sa famille, son pays, son identité, sa langue et même son nom. Le côté positif, c’est qu’une fois qu’on a tout perdu, on n’a plus peur de rien ou presque.

L’achat de mon appartement, qui me paraît toujours invraisemblable en raison de sa rapidité, est parti d’une réflexion consciente et pragmatique comme je vous l’expliquais dans mon article précédent : pourquoi dépenser CHF 1’850.- par mois pour un appartement qui ne m’appartient pas et que je veux changer pour le mettre à mon goût (cuisine, carrelage et salle de bain) alors que j’ai les moyens d’acheter beaucoup plus grand en payant moins de mensualités ?

L’équation étant assez simple à résoudre (et surtout parce que j’avais les fonds propres nécessaires, soyons réalistes), me voici propriétaire d’un appartement de 102,5 m2 comprenant une entrée avec la possibilité d’y mettre une salle d’eau, un dressing ou une buanderie (= mon choix. Je vais faire installer une colonne de lavage, même s’il y a deux buanderies communes dans l’immeuble et une penderie pour les chaussures et les vêtements d’extérieur), une salle de bain avec baignoire avec la possibilité de faire une deuxième salle de bain/douche (je vais utiliser la salle de bain pour commencer et je verrai par la suite si j’ai besoin d’une autre salle d’eau), 2 chambres, un dégagement pour un bureau (pas besoin, j’installe mon laptop partout du moment que j’ai la Wifi et une prise électrique), une cuisine avec un bar, un séjour/salle à manger de 47 m2 avec une sortie sur le grand balcon, une grande cave sur le même étage, ce qui est super pratique et surtout, ce que le dossier ne mentionne pas, une vision à 180 degrés sur le lac Léman sans aucun vis-à-vis !

Mon appartement se trouve à 5 minutes en voiture et à 15 minutes à pied du centre-ville de Montreux, la ville sur la Riviera réputée pour son microclimat doux et méditerranéen, le festival de jazz en été et le marché de Noël en hiver, sa statue de Freddie Mercury (6 albums de Queen ont été enregistrés à Montreux) et sa promenade le long du lac bordée de fleurs, de palmiers et de bâtiments de style Belle-Epoque !

Cela va me faire un grand changement de déménager de Lausanne et de la région lausannoise où j’ai toujours vécu mais il est certain que je ne vais pas regretter les rangées d’immeubles en béton (pour ça, je ne commettrais plus l’erreur de vivre dans un quartier au-dessus de la gare de Lausanne, j’aime trop le lac et sa proximité) rendus encore plus gris et tristes cet hiver par la pandémie qui tue à petit feu non seulement les personnes vulnérables mais aussi tous les commerces, les cafés, les restaurants et la vie culturelle. Je ne coupe pas non plus tous mes liens avec le chef-lieu du Canton de Vaud puisque je vais continuer à y aller 3 jours par semaine pour y travailler quand les autorités le permettront, ce qui me donnera l’occasion d’aller au cinéma (j’ai un abonnement annuel Pathé suspendu jusqu’à nouvel ordre) et dans les musées, de déjeuner sur le pouce au Café Nespresso ou au BG Café à Saint-François avec mes copines, d’acheter mon beurre de cacahuètes favori Koeze Company chez Globus, du chocolat chez Blondel et de l’excellente viande chez Hermida à Montchoisi, à la Bouche qui Rit et chez Maillefer au Mont-sur-Lausanne, de boire un latte chez Sleepy Bear et Ca passe crème et de retourner au Beau-Rivage Palace pour un Singapore Sling ou un Moscow Mule, mes deux cocktails préférés, au BAR, un menu shabu-shabu ou un teppanyaki de homard au Miyako, un plateau de fruits de mer au Café Beau-Rivage, des déjeuners d’affaires à l’Accademia, un brunch à la Terrasse, un repas gastronomique chez la chef étoilée Anne-Sophie Pic et un dîner croisière sur un bateau Belle-Epoque de la CGN sur le Léman !

Bien entendu, je resterai aussi fidèle à mes chères Danijela du Salon Red Room pour la coiffure et Jessica de Beauté Attitude pour la manucure ainsi qu’à mon dentiste et à mon médecin qui me suivent depuis des années et que je vois heureusement très peu (le dentiste et le médecin, pas Danijela et Jessica) !

Ce n’est pas parce que je travaille à Lausanne que je suis obligée d’y vivre et je me réjouis de découvrir bientôt les nouvelles adresses à Montreux où je sais d’ores et déjà qu’il y a une très bonne fromagerie et un salon de thé, une herboristerie, une chocolaterie, une parfumerie, des boulangeries, des cafés et des restaurants dont le Fouquet’s du Chef multi-étoilé Pierre Gagnaire, le Montreux Palace et un McDonald’s au Forum ;o)

Il y a également plein de belles balades à faire dans la région, ce qui est important pour moi parce que j’aime me promener dans la nature et parce que je dois m’entraîner pour faire le bisse du Levron avec ma cousine Mumu cet été ;o). Danijela m’a montré plein de photos de sentiers dans la forêt où elle va cueillir de l’ail des ours au printemps et des champignons en automne, organiser des pique-niques improvisés le long d’un ruisseau en été, etc., tout ce côté champêtre qui fait aussi partie de ma personnalité.

C’est un nouveau chapitre de ma vie qui commence et je sais qu’il sera riche et beau (on dirait que je parle d’un homme, là, haha ;o)) parce que je vais faire en sorte qu’il le soit !

La Riviera vaudoise et ses vignobles en terrasse de Lavaux, patrimoine mondial de l’UNESCO
Montreux a accueilli de nombreuses célébrités dont Freddie Mercury, le chanteur de Queen qui y a sa statue : les compositeurs Piotr-Ilych Tchaikovsky et Igor Stravinsky, le poète et le conteur danois Hans Christian Andersen, les écrivains Léon Tolstoï, Ernest Hemingway, Vladimir Nabokov, Francis Scott Fitzgerald, Rainer Maria Rilke, Lord Byron, Jean-Jacques Rousseau, Alphonse Daudet et Sissi, Impératrice d’Autriche.
Vue depuis mon appartement avec la Tour d’Ivoire à droite, le plus haut bâtiment de Montreux situé au centre-ville

Devenir propriétaire en Suisse

Cela fait une semaine tout juste que j’ai fait des offres pour deux appartements avec une demande de réduction de CHF 50’000.- pour l’un et CHF 20’000.- pour l’autre qui ont été acceptées, ce qui ne m’a pas aidée à prendre une décision :o)

Depuis, les événements se sont enchaînés à coups de téléphone et de courriels avec les courtiers, les banques (j’ai contacté trois banques dont une seule a réussi à me faire une offre ferme en 5 jours ouvrables dans un laps de temps aussi court ;o)) et le notaire chez qui je vais signer l’acte de vente jeudi prochain !

Ce ne sera pas mon premier bien immobilier puisque je possède déjà de la parcelle constructible ainsi que le chalet de grand-papa Louis en Valais, une résidence secondaire qui a été entièrement démolie (impossible de garder les fondations) et reconstruite en retrait de 8 mètres de la route selon les directives communales.

Cette fois, j’ajoute une résidence principale à mon patrimoine, un endroit où je vivrai la majeure partie de mon temps, quoique je peux faire ce que je veux et vivre où je veux, en fait, maintenant que j’y pense ! :o)

Les démarches pour acheter mon appartement ont été très rapides et je m’en étonne moi-même : L’idée d’acquérir ma résidence principale a trotté dans ma tête en décembre quand je suis montée un mois au chalet. J’étais tellement bien là-haut auprès de mes cousins, la vue était si belle, le paysage féerique et je soupirais à l’idée de retourner à Lausanne dans la grisaille hivernale ! Pour quoi faire, d’ailleurs ? J’étais en télétravail depuis le 13 mars, je n’avais plus aucune attache à Lausanne depuis la mort de mes parents à part ma tante que je voyais une fois par mois et je payais un loyer mensuel de CHF 1’850.- pour un 2,5 pièces de 60 m2 avec un jardin qui ne m’appartenait pas. Le choix d’habiter à Lausanne était celui de mes parents, pas le mien, et la pandémie a transformé durablement ma façon de travailler.

Le 1er janvier, j’ai donc décidé que l’année 2021 serait consacrée à l’achat d’un logement et que je prendrais le temps nécessaire pour éplucher les annonces ou plutôt pour surfer sur les sites spécialisés. Le mois de janvier a été bousculé par l’arrivée de Kaly, sa maladie et sa mort foudroyante (pauvre petite Kalypuce :o(). Le temps de me remettre de sa perte et le mois de février était passé ! Entretemps, j’ai reçu le dossier d’un bien avec un jardin sur plan au Mont-sur-Lausanne que j’ai refusé après avoir vu le lieu où le bâtiment devait être construit (il y a le joli Mont-sur-Lausanne et le moins joli Mont-sur-Lausanne à cheval avec les quartiers du haut de Lausanne).

Puis, il y a eu les deux annonces d’appartements à vendre dans deux lieux différents dont l’un parlait à ma raison et l’autre à mon cœur. J’ai passé quelques nuits sans sommeil (pas trop, puisque ça fait juste 8 jours tout ça ;o)) jusqu’à l’appel de mon banquier ce lundi qui a tout changé : je faisais une affaire en or en achetant le bien pour lequel j’avais eu un coup de cœur.

La raison rejoignant le cœur, il n’y avait plus aucune raison de douter !

Ecrit comme cela, ça a l’air très facile d’acheter un bien immobilier en Suisse mais c’est loin d’être le cas ! La Suisse est un peuple de locataires avec l’Espagne et la Lettonie en Europe : 9 habitants sur 10 sont locataires à Genève et à Lausanne. La faute à la rareté des logements à vendre dans ces deux villes où les prix flambent mais aussi aux restrictions à la propriété : Les acheteurs doivent disposer de fonds propres (= argent cash) à hauteur de 20 % du prix d’achat, ce qui devient compliqué pour les ménages de la classe moyenne.

Prenons par exemple l’achat d’une maison à CHF 1’000’000.-, un bien quasi illusoire à trouver à ce prix à Genève, à Lausanne ou à Zürich, les trois villes les plus chères de Suisse, sans prévoir de gros travaux de transformation/rénovation !

L’acheteur doit apporter 20 % de fonds propres, soit CHF 200’000.-, dont 10 % minimum de sa poche (= CHF 100’000.-) et CHF 100’000.- du 2ème pilier (assurance vieillesse) et prévoir du cash supplémentaire pour payer les frais de notaire qui s’élèvent à 5 % du prix d’achat environ, soit CHF 50’000.-.

Pour un bien de CHF 1’000’000.-, l’acheteur doit donc prévoir un budget de CHF 260’000.- cash minimum, si on compte les impôts qu’il devra payer sur le retrait des CHF 100’000.- de son assurance vieillesse, soit CHF 10’000.- (10 % environ).

Il reste ensuite à trouver une assurance ou une banque qui sera d’accord de faire une hypothèque pour CHF 800’000.-. L’acheteur sera alors confronté à une autre difficulté : son salaire qui doit respecter la règle d’or selon laquelle le coût du logement ne doit pas dépasser un tiers des revenus, le calcul devant être réalisé sur un taux élevé. Ainsi :

  • Taux bas de 1 % : CHF 8’000.- = CHF 666.- (le chiffre du diable ;o)) par mois + frais d’entretien de la maison à prévoir + amortissement ou pas selon les conditions.
  • Taux élevé de 5 % : CHF 40’000.- = CHF 3’333.- par mois + frais d’entretien de la maison + amortissement ou pas, ce qui signifie que l’acheteur doit gagner un salaire minimum de CHF 10’000.-/mois.

Le salaire moyen d’un Suisse étant de CHF 5669.- (EUR 5113.-), il est impossible pour un salarié suisse de la classe moyenne d’acheter un bien à CHF 1’000’000.- sauf s’il vit en couple, que les deux personnes travaillent et sont co-débiteurs, s’il apporte plus que 20 % de fonds propres et/ou s’il gagne plus de CHF 10’000.-/mois.

Dans mon cas, j’achète seule et j’ai la chance d’avoir les fonds propres et le salaire nécessaires pour pouvoir payer mon appartement ET le chalet si les taux hypothécaires devaient monter à 5 %. C’est pour ça qu’il n’y a aucune raison que les choses traînent si toutes les conditions sont réunies !

L’achat d’un logement est un acte raisonné qui répond à des calculs très précis : on peut ou on ne peut pas. Ce n’est certainement pas en « demandant à l’Univers », en « émettant des ondes positives » ou en « attendant que toutes les planètes soient alignées » ou je ne sais pas quelle théorie New Age qu’on va y arriver.

En tout cas, moi, je n’ai rien demandé, j’ai trouvé et je vais signer ! :o)

L’amour est dans le pré, saison 16, les portraits 2/2

Alors là, on assiste à une année de vaches maigres : nous n’avons aucun candidat truculent de la trempe d’Eric le chevrier et sa petite Claudine ou de Didier en kilt à regarder cette saison. Ca ne va pas être l’éclate, quoique, attendons un peu avant de vendre la peau de l’ours qu’on n’a pas tué ! Les portraits sont toujours avantageux et on a souvent droit à quelques surprises lors des séjours à la ferme où la personnalité des uns et des autres se révèle. Puis, on ne va pas se plaindre, nous avons affaire pour une fois à des agriculteurs modernes qui s’expriment dans un langage châtié à mille lieues d’un blaireau de la téléréalité… ou presque parce que je suis désolée, il n’y a pas que des agriculteurs cette année mais du dresseur de chevaux, de la tenancière de buvette d’alpage et asinothérapeute, du bûcheron, du porteur funéraire et du maire-adjoint.

« C’est vrai que tu es un peu grosse » (c) Éric le chevrier

Franck le forestier est un personnage clivant. Les traumatisées de Bambi et les amies véganes ne vont pas aimer ! Sa présentation commence d’une manière bucolique : Franck fait du bateau tout seul dans 53 hectares de forêt et comme il est bûcheron, il porte une chemise de bûcheron. Normal. Dans cet océan d’arbres, on entendrait presque les copains de Sylvebarbe © Seigneur des anneaux pousser des cris « aoum, aoum » et les Hobbits chanter en cuisant des œufs au plat sur une poêle pour leur 3 heures. C’est joli. Karine Le Marchand et Franck se baladent un peu puis arrivent sur la maison de Franck qui ne se trouve sur aucun GPS. Les prétendantes vont galérer pour la localiser, moi, je dis. Et c’est là où on commence à flipper sérieusement : la maison est remplie de têtes de cerfs, de pattes d’animaux morts non identifiés, de bestioles empaillées à la mâchoire de travers et d’une belle-mère. Imagine-toi de nuit, tu es pris d’une envie pressante, l’orage fait rage, les éclairs sillonnent le ciel noir comme un trou, bah, noir, le bruit du tonnerre fait trembler les vitres, tu te lèves en te cognant l’orteil contre le pied du lit (aie), tu ouvres la porte qui grince, ta main tombe sur une belette blette (aaaaaahhh), soudain, résonne un cor de chasse joué par Franck qui sonne l’hallali ! So creepy O__O

Franck, le bûcheron jésuite défenseur de la cause animale et des vertus aristocratiques

Franck se présente comme le représentant de la morale et de la vertu selon la tradition jésuite, une congrégation catholique masculine dont le pape François est le premier pape jésuite, qui est toujours mieux que les jansénistes d’après ce que les bonnes sœurs me racontaient à l’école qui sont contre le pouvoir royal et qui ne rigolent pas beaucoup (j’en ai appris des trucs inutiles à l’école, dis-donc). Il explique qu’il est resté vierge jusqu’à 40 ans lorsqu’il a commis le péché de chair avec une femme hors des liens sacrés du mariage (doux Jésus) et tout ça devant sa maman qui l’écoute benoîtement et opine du chef alors que 5 minutes avant, il venait de dire qu’il avait reçu une éducation très stricte où coucher avant le mariage était interdit. Moi qui ai été élevée dans la religion, je peux te dire qu’il aurait fallu me passer à la question pour que je raconte ce que j’ai fait avec un homme devant maman !!! Sinon, il lit beaucoup : « La pêche à la mouche », « L’encyclopédie pratique de la chasse », « L’histoire de la chasse à courre », « La vénérie au XIIIe siècle », « Livre de coloriage de la chasse des hommes » (si, si, ça existe !), il cuisine et il fait des saucisses.

Prétendante idéale : « Hi Franckie, my name is Shirley, je aimer les guns, la NRA, Marie-Antouânette et les macaroons. XOXO »

Barbe taillée chaque semaine chez le barbier, tons neutres, ils ont la classe cette année, même avec un béret de berger !

Jean-François est l’archétype du berger traditionnel français comme on se l’imagine en Suisse, avec le béret, les échasses (je confonds un peu les régions), les moutons et un patou comme Belle dans « Belle et Sébastien » *__* En plus, il chante dans la montagne avec d’autres bergers coiffés d’un béret comme lui. C’est beau ! On se prend à rêver de pâtisser du Piquenchâgne (je vous ai dit que je confonds les régions) et d’être adoubée membre de la confrérie du même nom, de manger des petits-déjeuners composés de chocolatines, de pain et de roquefort que l’on trempe dans le café, de jouer aux quilles et aux boules (huhu), de tirer des quenouilles, chevillettes et bobinette cherra. Le seul hic, c’est la mère Michèle qui n’est pas chaude mais alors pas chaude du tout de perdre son fils de 48 ans (le chat, elle s’en f*ut) au profit d’une gourgandine qui risque de lui piquer sa place. Pensez-voir, lui qui vient déjeuner tous les midis chez elle ! Elle le vend d’ailleurs super bien : « Il fait rien à la maison. J’étais pas d’accord pour qu’il s’inscrive, je le vois pas avec quelqu’un ! ». Ambiance, ambiance. Bon, elle pourra toujours les surveiller depuis la fenêtre puisqu’elle habite à 20 mètres de Jean-François.

Prétendante idéale : « Cher Jean-François, mon papa, c’est le père Lustucru et j’aimerais vivre avec toi sur l’air du tra la la la, sur l’air du tra la la la, sur l’air du tra déridéra et tra la la. Par contre, chocolatine, ça va pas le faire, moi, c’est pain au chocolat »

« Mon type de femmes, c’est celles qui veulent » (c) Hervé le moustachu

Venons-en à présent à Saddam Mario Escobar aka Hervé le moustachu, ce qui n’est pas juste car contrairement à Vincent le Provençal et Hervé le Picard, lui, c’est Vincent le moustachu alors que la Moustache n’est pas un département français. Vincent achète d’adorables porcelets qu’il élève sur de la paille (rien que pour ça, c’est un gentil Monsieur, le Vincent) avant qu’ils finissent rôtis avec une pomme dans la bouche sur un plateau d’argent pour faire joli dans le livre de la grande cuisine française de Jean-François Piège. Vincent a plein d’amis qui l’encouragent et avec qui il joue aux boules. Rien de scabreux, tss, pas comme Karine Le Marchand qui sait comment mettre les gens à l’aise en leur posant des questions sur leur sexualité. Comme ça, à froid à la TV, sur une chaîne publique pendant une plage horaire à grande écoute. Elle veut savoir quoi, Karine, quand elle interroge Saddam Mario Escobar, 60 ans, séparé depuis trois ans de Princesse Peach, la mère de ses enfants sur sa vie intime ? S’il s’astique le poireau avec un champignon ?

Hervé ratisse large, il souhaite une femme brune, blonde ou rousse, rigolote, positive avec du caractère, un peu élégante et qui aime les moustaches.

Prétendante idéale : « Bonjour Hervé, t’es partant pour pour une partie de Donkey Kong ? »

J’aime voir une image moderne de l’agriculture

M6 est pour l’intégration et pour la reconnaissance du mouvement LGBT en la présence de Delphine qui a un profil complètement atypique : Elle est partie faire de l’humanitaire, a travaillé comme Postière puis s’est lancée dans l’arboriculture en autodidacte. J’admire ces personnes qui sont capables de tout faire et qui suivent leur chemin là où le vent et leur cœur les mènent. Delphine n’a pas besoin d’un homme pour bricoler, conduire une moto, faire du sport, tailler des arbres, ce qui est super motivant pour moi : je peux potentiellement le faire aussi ! Yay ! Je trouve terrible qu’elle ait eu à cacher son amour pour sa compagne Patricia, avec qui elle a vécu douze ans en la faisant passer pour sa cousine (mais bien sûr) avant de tomber amoureuse de sa voisine, une histoire qui n’a pas duré même si ça doit être drôlement pratique de trouver l’amour à côté de chez soi, comme Emily et Gabriel dans « Emily in Paris » (c’est toujours dans les films que le voisin est méga top canon de la mort qui tue ! Mes voisins sont tous retraités ou presque).

Je ne suis pas lesbienne mais j’aime l’image de femme forte, indépendante et fière que Delphine dégage et je pense que le monde a besoin de femmes comme elle. Je lui souhaite une merveilleuse histoire d’amour comme celle d’Alexandre et Mathieu l’année dernière qui m’a arraché des larmes tellement leur rencontre et leur couple étaient une évidence !

Prétendante idéale : « Chère Delphine, je te trouve belle et je veux vivre avec toi. Le regard des autres, on s’en fiche, à bientôt »

Un grand Viking et un pitit chat ❤

Passons à Valentin le Viking, le coup de coeur de cette saison, celui qui va recevoir une tonne de lettres parce qu’il est trop charmant du haut de ses 1,95 mètres avec son chat sur l’épaule ou sur ses genoux quand il conduit (dangereux, ça, il va perdre des points sur son permis, lui) ! Comme je vous l’expliquais dans mon post précédent, l’équation : grand gaillard tatoué + sensible + aimant les animaux et les petites fleurs, ça marche toujours ! Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi les hommes cherchent autant à nous séduire en mettant en avant leur profession et leur grosse voiture, là où une photo avec un petit chat trop chou sur l’épaule suffit largement pour nous faire craquer. Après, il faut être réaliste, la taille de l’épaule en question compte ainsi que ce qu’il y a dans le ciboulot. Sinon, il faut se lancer dans la politique et devenir président, ça marche avec certaines.

Valentin s’est lancé dans l’agriculture pointue : la culture des fleurs comestibles dont certaines ont le goût de l’huître, du curry ou du camembert, ce qui est intéressant pour les vegans. Je pense que c’est vachement malin de se lancer dans un marché de niche pour éviter la concurrence et fournir les restaurants gastronomiques et les bobos comme moi en produits rares, le risque étant que l’engouement passe aussi vite qu’il a pris en fonction des tendances alimentaires : la rucola était super urf chez les New Yorkais dans les années 80 et je pense qu’on va vite se lasser des baies d’açai, de chia, de goji, etc., la mode étant actuellement à la bistronomie et aux plats roots de nos grands-mères qui n’ont jamais entendu parler de moringa ou de poudre de maca de leur vie.

Vincent n’a connu qu’une seule histoire d’amour à 18 ans avec une Mademoiselle très volage et ne s’est pas remis depuis. Comme beaucoup, il se dit timide mais passe à la TV (il y a là comme une légère contradiction) et cherche une femme gentille et sincère (tiens, pas de gros nichons).

Prétendante idéale : « Bonjour Vincent, je suis la rose à peine éclose qui vient chercher la rosée du matin (huhuhu) »

Paulette très coquette fait de la savonnette

Je garde toujours la Suisse pour la fin ! Cette fois, j’ai encore plus de raison de me réjouir car Paulette est non seulement Suissesse mais Valaisanne comme moi ! Valais gravé dans nos coeurs, hiiiiiiiii ! Pour faire honneur à nos origines (non, pas coréennes ! ;o)), je vais écrire sa présentation en utilisant les expressions du cru. Allez, c’est parti !

 Je ne sais pas à qui Paulette est la fille ni où elle a le chalet (à Grône, je crois), mais je me rappelle l’avoir vue dans l’émission de la RTS « Cuisine de chez nous » qui ressemble à « Un dîner presque parfait » avec l’accent sauf qu’en Suisse, on est plus gentils et qu’on ne note pas plus bas que 8/10, m’as-tu comprise ? Karine Le Marchand reçoit Paulette qui est partie en bricole drute en bas à Paris et lui demande comment y va ici. Elle lui reproche de ne pas lui avoir apporté de chocolats et Paulette la regarde comme si elle voulait en attraper une derrière le cotson. Paulette, c’est la savonnette qu’elle produit avec le lait de ses ânesses et elle en offre une à l’animatrice qui n’a pas l’air d’avoir la lumière à tous les étages.

Paulette a eu une vie compliquée et difficile. Elle a vécu avec un homme qui la battait (encore une :o( Espèce de lâche !). J’ignore s’il partait en piste ou quoi et s’il la frappait quand il avait une de ces toquées de douze mais un jour, elle lui a dit « T’arreutes ou cht’astik » et elle est partie en haut dessus ou en bas dessous, ça, c’est pas précisé, en lui lançant « Va caca la chotte, je ne suis pas une bedoum ! »

Paulette tient une buvette où elle prépare des assiettes valaisannes, la spécialité du Canton du Valais, beau pays pas sec (je ne suis pas objective du tout, tu vois comment) avec le fameux pain de seigle valaisan AOP, la viande séchée, le jambon cru, le lard aux herbes, les saucisses sèches et les fromages valaisans que l’on boit avec un ballon de Fendant ou une Petite Arvine. Paulette est végétarienne mais par respect pour les clients et parce qu’elle sait aussi faire la pichte, elle leur sert de la viande parce que moi, je te dis que la planchette valaisanne avec du tofu, tu restes pas plus d’une heure de temps avec et tu pars direct outre-ença. Elle a aussi toute une floppée d’ânes avec qui elle fait de l’asinothérapie, a les ongles peints au gel, aime le rock’n’roll et Johnny (ouch, c’est quoi tous ces Suisses qui aiment Johnny ?).

Quand Karine Le Marchand se risque à une plaisanterie graveleuse sur les hommes montés comme des ânes, Paulette la dévisage comme si elle avait le courant d’air entre les deux oreilles et la fusille du regard, limite si elle ne va pas lui foutre une claque avec une pelle à neige. Regarde voir aller celle-ci ! Paulette, elle n’en a rien à branler, elle verra bien quand il finira en bas les tzasses chez elle dans la montagne. T’cheeeuuuu, elle est pas comme celle qu’y a plus que le trax qui lui est pas passé par-dessus ou bien ? Ca va le chalet, ou quoi ?!

Paulette aime les ânes et est descendue en bas jusqu’à Paris pour tomber sur un homme. Ce n’est pas ça qui manque, des ânes, elle devrait trouver facilement :o)

Prétendant idéal : « Adjeu Paulette, t’as où les vignes ? Tu veux monter à Tchon 2000 avec moi ? On part en piste ou quoi ? Ciao bonne ! »

L’amour est dans le pré, saison 16, les portraits 1/2

OMG, cela fait 16 ans que je regarde l’amour est dans le pré ! Enfin, non, ce n’est pas vrai, je n’ai pas vu les premières saisons et j’ai loupé quelques émissions en cours de route.

« Il y a du level, dis-donc, cette année !», me suis-je dit en franglais en voyant la présentation des cinq candidats. Ils sont tous bien habillés, ont toutes leurs dents, s’expriment correctement et habitent tous dans des maisons rutilantes de propreté à la décoration moderne. Où sont passés les nappes en toile cirée à fleurs, les murs pas terminés en parpaing, les rubans attrape-mouches, la collection de vaches en peluche et les décorations en macramé ? Stéphane Plaza est passé faire du home staging ou quoi ? Wow !

Moi, je voulais du Didier en short !

Avant d’entamer les présentations, je tiens à souligner que je trouve tous les candidats très courageux ou très désespérés pour chercher l’amour à la TV et de s’exposer ainsi à nos regards. Je n’ose pas imaginer l’image que je pourrais donner avec ma maîtrise hasardeuse du français quand je dis, par exemple, à ma collègue en visioconférence : « Je cherche le mot français pour schedule, ah, oui, planning ! ». Euh, okay…

Jolies lunettes et joli polo rouge qui lui va bien au teint. Impeccable cette année !

Ca commence très fort avec Hervé le Picard. La production ne nous a pas gâtés cette année car il y a deux Hervé et deux Vincent. Déjà qu’on avait de la peine à se rappeler des prénoms d’une année à l’autre, je sens que ça va être galère cette saison. J’ai remarqué tout de suite le petit chien tout chou et trop mignon (= Kindschenschema, rappelez-vous) aux pieds d’Hervé et croyais qu’il lui appartenait, mais en fait, c’était la chienne de Karine Le Marchand qui s’appelait Rose et qui s’est fait renverser par une voiture, c’est trop affreux, pauvre petite boule de poils :o( Cela fait quand même un atout séduction de moins pour Hervé parce qu’un homme à torse nu qui tient dans ses bras un lapinou, un chiot, une loutre de mer ou un bébé phoque du Groenland, c’est tellement craquant ! Surtout si en plus, il est pompier ou rugbyman et qu’il pose pour un calendrier destiné à une association qui permet aux enfants malades de réaliser leur rêve ! *__*

Hervé est un homme qui semble très gentil, doux, affable et paraît socialement bien intégré puisqu’il est maire adjoint dans la jolie petite mairie dans la prairie de son village. Il parle de lui en utilisant le pronom indéfini neutre « on » et habite depuis 42 ans chez ses parents qui veulent se débarrasser au plus vite de leur Tanguy de fils :

Karine Le Marchand aux parents d’Hervé : Vous seriez tristes s’il devait partir un jour ?

Maman d’Hervé : Ah non, non, non ! On n’en peut plus

Papa d’Hervé : Ah non, surtout pas ! On est à bout

Sachant qu’Hervé n’a pas pipé mot pendant toute la longue discussion avec Karine Le Marchand et ses parents, je me dis que les déjeuners en famille du dimanche doivent être trop sympas.

Lors de ses confidences, Hervé explique qu’il est « blanc comme une feuille de papier ligné avec une marge à gauche avant la dictée » ou « neuf comme le canapé en cuir acheté en promo chez Ikéa » ou « intact comme un magasin de porcelaines où l’éléphant ne serait pas passé », bref, on est puceau, on assume et on en est fier. C’est tellement beau de se préserver ainsi pour celle qui sera la femme de sa vie, sa confiture sur la tartine et sa gourde dans le désert. A 42 ans, il est temps de lâcher la bête ! Hervé a bien connu quelques amourettes mais elles datent de l’école primaire…

Prétendante idéale : « Salut, je m’appelle Domina et j’aime le bondage et le latex ».

Le rose est tendance en 2021, Nathalie a donc tout juste… euh…

La deuxième candidate, c’est Rose Perle. Elle s’appelle Nathalie, dite « Nanou », a 49 ans et élève des veaux sous la mère avec sa fille Samantha. Elles mettent plein d’huiles essentielles dans l’étable pour que ça sente bon parce que tu vois les vaches et les veaux, ça fait caca quand même et ça fouette. Je n’ose pas trop plaisanter avec Nathalie parce qu’avant sa période rose comme Picasso (bah oui, lui aussi), elle a vécu comme Cosette sans Jean Valjean et ça, c’est très très triste. Imaginez, la pauvrette naît dans une fratrie de sept enfants, le pain est rare, l’argent aussi, elle se marie avec un Ténardier qui la bat pendant 18 ans, elle souffre mais l’aime quand même car elle a le cœur aussi rose que son corps est bleu (quel sale type de chez pauvre type !!!) jusqu’à ce que sa fille Samantha, n’en pouvant plus, la force à partir au plus vite dans un mobil-home sur un bout de terrain avec une poignée de vaches et quelques veaux. Rose Perle fait des ménages et nourrit ses enfants en faisant appel aux Restos du Cœur.

Cette femme a tout mon respect et elle mérite de vivre heureuse avec un homme qui saura l’aimer et qui aime le rose et les bottes blanches. Ce qui m’inquiète, c’est que sa fille Samantha semble protéger sa mère de la dépendance affective. C’est elle qui lui a dit de s’enfuir et c’est elle qui commente encore : « Ma mère est nulle en amour », ce qui ne présage rien de bon.

Prétendant idéal : « Chère Samantha, je m’appelle Sigmund F. et j’aimerais bien devenir votre beau-père avec votre autorisation ».

Si lui est agriculteur, moi, je suis oto-rhino-laryngologue (ça y est, je l’ai écrit !)

Poursuivons avec Vincent le Provençal, organisateur de spectacles équestres. Lui, c’est l’erreur de casting. On ne comprend pas trop pourquoi il participe à l’émission : il n’est pas agriculteur, possède une maison immense et un domaine gigantesque et sillonne toute l’Europe avec ses chevaux qui lui obéissent au doigt et à l’œil (comprendre qu’il n’est pas souvent là et que vous serez seules, Mesdames). C’est peut-être lui le beau gosse de la saison puisqu’il y en a toujours un – chacun ses goûts – ou alors, les spectacles étant annulés à cause de la pandémie, il a pointé chez Pole Emploi qui lui a proposé un stage dans l’amour est dans le pré. On ne s’étonnera donc pas de voir un candidat restaurateur, hôtelier ou stewart chez Air France la semaine prochaine. Tant qu’ils savent manier une fourche, c’est bon.

Vincent Gomina, divorcé depuis une année, est le profil type du quadra qui cherche une jeunette de 25 ans. Il est « un peu macho, un peu dominateur, un peu jaloux » et souhaite une femme féminine (comprendre avec une mini jupe et des gros seins, Mesdames) qui se maquille avant d’aller à l’écurie à 6h du matin. Après les prétendantes qui désinfectent les pis des vaches en talons de 12, voilà le candidat qui veut de la Nabilla avec une bouche effet kiss lips qui claque, un look nude soft glam et un regard charbonneux intense, preuve qu’il n’est pas plus agriculteur que moi !

Tout le monde a droit à l’amour, même un homme qui raconte que quand il est amoureux, il « fond comme du beurre au soleil » et qui se le met ensuite dans les cheveux, miam.

Prétendante idéale : « Salou, Vincent lé millionnairrrre, yé m’apelle Claudia, yé souis étoudiante, yé oun bo countouring et yé cherche oun Sugar Daddy por boucoup amor toua ».

Couleurs sobres, vêtements seyants, rien à redire !

Sébastien, lui, cultive de la lavande après avoir construit des machines à glaces (moi je dis que la glace à la lavande, c’est pas mal). Il est le gentil nounours de cette saison avec l’accent chantant de Maïté, la cuisinière qui fracassait la tête des anguilles vivantes avant que PETA existe, sensible, serviable qui participe aux tâches domestiques en faisant semblant de nettoyer la cuisine qui n’a jamais servi et en passant l’aspirateur tout juste sorti de son emballage sur un sol immaculé (pourquoi le cordon n’est pas branché ?). Il est papa d’un petit garçon de 10 ans qui l’a fait pleurer pendant trois semaines après sa naissance tellement il était ému (rrroooooh, homme costaud qui pleure + bébé + pull lavande = keur) et ne veut plus être papa (comprendre que non, il ne changera pas d’avis, Mesdames) parce que les Kleenex en plus des Pampers, ça coûte cher.

Sébastien a pris conscience qu’il n’y avait pas que le travail dans la vie et aimerait une femme cultivée, calme, tendre, grande, avec des gros nichons. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui quand il répond à Karine Le Marchand ce qu’il entend par « pulpeuse ».

Prétendante idéale : « Bonjour Sébastien, je suis basketteuse et je fais un bonnet D ».

Je vous ai dit qu’ils avaient du style les agriculteurs cette année !

Après Vincent le millionnaire, il y a Vincent le vigneron qui, on le sent, recevra un peu moins de courrier que Vincent Gomina. D’ailleurs, Karine Le Marchand avertit les téléspectatrices de ne pas se tromper de Vincent quand elles écrivent à M6, histoire de taper un peu plus sur le clou d’une vie qu’on imagine déjà pas facile. Et c’est le cas, hélas : une rupture d’anévrisme l’a plongé six semaines dans le coma, il fumait trop, pesait 162 kg et en a perdu 50 grâce à un bypass. On se croirait presque dans un spin-off de l’émission « Opération Renaissance ».    

Vincent le vigneron, c’est quand même l’homme qui réussit à dire que « quand il n’est pas joyeux, il y a un problème ». C’est un peu le concept, Vincent.

Sinon, il a vécu deux longues histoires avec une femme qui a fini par le quitter après 13 ans de vie commune et avec une mère de deux enfants, qui a connu elle-aussi des problèmes de santé. Je lui souhaite vivement de rencontrer une compagne qui saura mettre un peu de gaîté dans la maison de son grand-père où il vit avec sa maman qui semble être aussi enjouée que lui (« Je ne serai pas toujours là ») mais on ne peut pas dire qu’il sait très bien se vendre : Il recherche une femme sociable, joyeuse, indépendante, etc., et « pas pénible » comme lui (comprendre qu’il est vraiment pénible, Mesdames).  

Prétendante idéale : « Salou, Vincent lé millionnairrrre, yé m’apelle Claudia, ah zout, yé mé souis trrrrompée dou Vincent ! »

Jean-Daniel et Pacotte

J’ai gardé le meilleur pour la fin, hopp Schwiiiiz, hissez le drapeau rouge à croix blanche, sortez le chocolat, les cloches et les billets de banque, M6 a trouvé Jean-Daniel, un Helvète Underground ! (ceux qui ne connaissent pas Lou Reed, je ne peux rien faire pour vous). C’est la première fois que « l’amour est dans le pré » pose ses caméras en Suisse, d’ailleurs, les producteurs de l’émission n’y connaissent tellement rien à la Suisse qu’il n’y a pas d’autre mention que « Suisse » sur la carte, pas de cantons, pas de villes, juste la Suisse, quoi.

Jean-Daniel, qui vient de la Neuveville, située dans le canton de Berne entre les lacs de Bienne, de Neuchâtel et de Morat pour un cours de géographie accéléré de notre beau pays, débarque à Paris et fait un bisou du coude à Karine Le Marchand qui lui demande :

Karine Le Marchand : Tu es Suisse ? (comme si elle ne le savait pas, tiens !)

Jean-Da : Oui. Je suis viticulteur.

Karine Le Marchand : Ah, tu fais du vin !

Jean-Da, dépité, se met à chanter du Johnny et du Mike Brandt… Pour qu’un Suisse commence à chanter du Johnny et du Mike Brandt comme ça, sans raison, c’est parce qu’il est au fond du bac.

Après l’image désastreuse de la Suisse à l’étranger laissée par l’ancien Président Johann Schneider-Amman qui s’exprimait sur le « rire qui est bon pour la santé », j’avoue que j’ai frémi en voyant le portrait de Jean-Da. Il faut l’entendre philosopher dans ses vignes en chantant du Johnny et du Michel Sardou :

« Les femmes, c’est comme la vigne ou les bêtes, il faut leur parler » (on a dit parler, pas chanter)

« Je travaille beaucoup avec la sensibilité et le tactile, il faut être sensuel et doux, comme avec les bêtes » (voilà, voilà)

On assiste ensuite à un remake de « la vache et le prisonnier » dans les rues de La Neuveville avec Jean-Da ému aux larmes de promener sa vache Pacotte qui « le suit comme ça » (peut-être aussi parce qu’il tient la corde). Jean-Da souhaite échanger sa vache contre une femme pour se balader avec parce que « ça ne vit pas très longtemps une vache de compagnie » et se met à sangloter. Bah, dis-donc, s’il pleure en promenant une vache, imagine quand il trouvera l’amour ! Le physique n’est pas important pour lui mais il ne veut pas d’une taille supérieure à 42 (comprendre la taille des vêtements, pas des chaussures, Mesdames) et il aime la lingerie (« J’ai toujours aimé la lingerie, mais pas pour moi ». Ouf, on est rassuré !). Jean-Da, il est à fond dans la dentelle tandis que « Coquin de sort », c’était le léopard. La mode change.

Il confie ensuite à Karine Le Marchand que cela fait quatre ans qu’il n’a pas montré son coucou et quatre ans sans sortir le coucou pour un Suisse, c’est long.

Prétendante idéale : « Adjeu, Jean-Da, j’aime les vaches et la dentelle de Saint-Gall !»

Aimer ou pas

J’ai une toute petite communauté sur Instagram qui me suit mais elle est parfaite : on échange beaucoup sur plein de sujets, même sur les bottes Balenciaga blanches que je voulais acheter et que tout le monde trouve moches :o), je n’ai pas de Troll et je sens qu’il n’y a que des bonnes personnes derrière mes 620 followers. Merci à vous de me suivre dans ma vie de tous les jours !

J’ai perdu petite Kaly vendredi passé après seulement 30 jours. Elle était une chatonne Ragdoll super douce, gentille et sensible, dotée d’une frimousse adorable et d’un corps aussi léger et duveteux qu’une plume, qui ronronnait très fort quand je la caressais sur le canapé avant qu’elle s’endorme pelotonnée contre moi dans sa couverture fétiche.

Alors, oui, ce n’est pas de chance de perdre Kalypuce à l’âge de 4 mois et Izzi à l’âge de 5 ans l’année passée mais je dirais aussi que Kimchi a vécu 19 ans et demi et que Kumba est toujours là. Je vis un peu les extrêmes avec mes chats mais d’un certain côté, je suis soulagée qu’aucun ne se soit fait écraser par une voiture, l’espérance de vie n’étant que de 4 ans quand ils sortent.

Entre larmes et sourires (j’ai passé un beau dimanche avec ma tante M.), je me suis posé plein de questions ce week-end que je vais vous livrer en vrac :

Pourquoi j’aime les animaux ?

J’ai le cœur troué en pensant à la petite Kaly et à tous les moments heureux que j’aurais pu avoir avec elle. Je me suis dit qu’elle avait vécu de belles heures chez l’éleveuse puis avec Kumba et moi et qu’elle n’a pas souffert de maltraitance ni d’abandon, donc, c’est un chaton qui a été aimé parmi des millions d’autres qui n’ont pas cette chance. Autant je peux comprendre qu’on n’aime pas les animaux et qu’on n’en a pas (pas envie de s’en occuper, désintérêt voire dégoût, peur des griffes et des morsures, etc.), autant je ne comprendrais jamais ceux qui frappent ou abandonnent ces créatures conscientes et sensibles domestiquées et apprivoisées par la main de l’homme.  

Je n’ai pas grandi avec des animaux, enfin si, avec trois poissons rouges qui ont fini plus tard dans le ventre de tritons, papa les ayant laissés dans l’aquarium d’un ami biologiste pour les vacances sans savoir que les tritons se nourrissaient de poissons… Maman aurait voulu un chien mais ne voulait pas les responsabilités qui vont avec (l’éduquer, le sortir plusieurs fois par jour par tous les temps…), quant à papa, il adorait les animaux. Il a vécu avec des chats, des vaches, des cochons, des chèvres et des cabris qu’il amenait à l’abattoir dans ses bras (les cabris, pas les vaches !). Cela peut sembler cruel mais il a grandi en sachant depuis tout petit que certains animaux étaient engraissés pour la nourriture et qu’il ne devait pas s’attacher. Il jouait avec eux et il les mangeait parce que c’était comme ça et qu’on ne pouvait pas tous les garder. A quelque part, je trouve que c’est une approche plus saine du rapport à l’animal quand on mange de la viande et des produits laitiers que d’en acheter dans des barquettes en cellophane au supermarché. Il était aussi heureux de s’occuper de Kimchi en mon absence. Mon Frangin n’a pas d’animal et ne veut pas en avoir, cela ne fait pas de lui une mauvaise personne pour autant :o)

J’ai toujours aimé les animaux et j’en ai aussi tués malheureusement (ma mère coréenne m’a raconté que quand j’avais trois ans, j’ai ramassé les poussins d’un voisin que je trouvais trop mignons et je les ai serrés fort, fort, fort contre mon cœur… Ils sont mort étouffés les pauvres petits et mes parents coréens ont dû les rembourser :o(). J’aime tous les animaux, y compris les araignées et un peu plus les serpents que je commence à apprécier, j’aime leur contact, les interactions que l’on peut avoir avec certains, la présence, la confiance, l’affection et l’amour qu’ils nous donnent et je réponds positivement à tous les stimuli du Kindschenschema, la très sérieuse science du mignon amorcée par l’ethnologue autrichien Konrad Lorenz, qui active une réaction des adultes humains envers tout ce qui est chou et petit les amenant à en prendre soin : de grands yeux, des joues bombées, des membres épais et courts, des gestes gauches, un crâne disproportionné et des formes potelées. Je suis aussi pleine de « Kama Muta », le sentiment qui nous permet d’être émus et de ressentir de l’empathie quand on voit quelque chose d’attendrissant.  

Pourquoi j’achète mes chats dans des élevages et pourquoi je n’adopte pas un chat dans un refuge ?

Après Izzi, Sacrée de Birmanie, j’ai demandé à la vétérinaire si elle avait un chat à placer (nope) et à Danijela, patronne du salon de coiffure The Red Room à Lausanne, s’il lui restait des chatons à placer (nope). Je n’ai pas contacté les SPA ni les refuges : les conditions pour adopter un chat sont draconiennes (ma Danoise s’est vu refuser un chat car sa maison était trop proche de la route) et ce n’est pas si évident que ça de trouver un chat qui nous convienne : ma copine Madame a perdu sa chatte Frida d’un cancer à l’âge de 9 ans l’année passée et est toujours à la recherche d’une petite femelle à chérir.

Il est évident que si je tombais sur un chat famélique et visiblement sans foyer dans la rue, je le recueillerai tout de suite ! Or, il se trouve qu’à Lausanne, en plein centre ville, ils ne courent pas les rues (je n’en ai jamais vus et c’est tant mieux), puis il faut faire très attention à ne pas « kidnapper » un chat sous prétexte qu’il est seul en train de se balader dans un champ. Ma copine Madame m’a dit que ses voisins en ont marre de chercher leur chat à la SPA car cela fait trois fois que des « bonnes âmes » l’ont ramassé en pensant qu’il était abandonné…

Si j’achète mes chats dans un élevage, c’est par sécurité et par confort. Je choisis des chats d’intérieur (Kimchi la persane chinchilla, Izzi la Sacrée de Birmanie, Kumba et Kaly les Ragdolls), calmes et pas trop énergiques comme les Bengals ou les Orientaux, doux et affectueux, à poils longs parce que j’aime les grosses fourrures et, dans le cas des Ragdolls, parce qu’ils sont très sociables avec les humains et les animaux (Kimchi et Izzi étaient adorables avec moi mais très distantes avec les amis et la famille) et supportent les déplacements en voiture sans stresser puisque j’habite en ville et que j’ai un chalet à la montagne.

Cela ne signifie pas que je n’aurai jamais de chat sans pedigree ni même de chien (j’aimerais beaucoup avoir un chien mais j’en aurai un quand je serai à la retraite pour avoir le temps de m’en occuper pleinement) ni même d’ânes, de poules ou que sais-je ? J’ai prévu de recueillir des vieux chats quand je serai moi aussi très vieille pour ne pas les laisser après moi. Je refuse cependant de céder aux accusations basées sur la culpabilité qui consistent à critiquer les personnes qui achètent des animaux dans des élevages alors qu’il « y a tant d’animaux seuls et malheureux » car j’estime que ce n’est pas l’acte d’acheter un animal qui est à blâmer mais l’attitude des irresponsables, pour ne pas dire plus, qui a conduit l’animal à se retrouver seul et malheureux derrière les grilles d’une cage !

De quoi est morte Kaly ? C’est quoi la PIF ? Est-ce que Kumba est aussi infecté et risque-t-il de mourir lui-aussi de la PIF ?

La péritonite infectieuse féline (PIF) est une mutation du coronavirus entérique félin (FECV, FeCoV bénin). 95 % à 100 % des chats sont atteints ou sont porteurs du FeCoV et peuvent très bien vivre avec sans qu’il mute. Les chats les plus impactés par la PIF, qui est un virus à ARN rare, sont les chatons et les chats âgés. Kaly a souffert de la PIF humide, c’est-à-dire qu’elle avait une grosse toux, de la fièvre qui ne partait pas malgré les anti-inflammatoires, elle maigrissait à vue d’œil alors que son ventre gonflé se remplissait chaque jour de liquide jaune paille visqueux jusqu’à envahir ses poumons (Kaly serait morte noyée si je ne l’avais pas fait euthanasier. La vétérinaire m’a dit que j’étais arrivée à temps avant qu’elle agonise). Une fois le diagnostic de la PIF posé, le chat meurt dans les 7-9 jours ou en quelques semaines. Il n’y a pas de médicament contre la PIF sauf un traitement expérimental aux USA, le GS-441524, un analogue du Remdesivir humain, qui coûte environ CHF 2’500 mais qui est illégal en Suisse. J’ai cependant l’espoir que les recherches faites actuellement sur la COVID-19 bénéficieront également à la médecine vétérinaire.

Kumba est probablement atteint par le Coronavirus félin puisqu’il n’a pas cessé de lécher Kaly jusqu’au dernier moment et qu’ils partageaient tout, les gamelles (jamais réussi à leur faire comprendre qu’ils devaient manger dans leur propre gamelle) comme la litière. Il a subi un test sanguin quand il avait 4 mois qui s’était révélé négatif au Coronavirus félin. Aujourd’hui, je ne sais pas ce qu’il en est et je vais le faire tester à nouveau, mais le test ne permettra pas de dire s’il est atteint de la forme bénigne du Coronavirus félin ou s’il a le Coronavirus responsable de la PIF. Par ailleurs, il existe aussi des faux négatifs et son corps peut très bien évacuer le Coronavirus en quelques mois. Donc, c’est à suivre mais cela ne sert à rien que je me fasse du sang d’encre à l’avance, même si je je suis un peu inquiète quand je l’entends éternuer alors qu’il va bien. A savoir que le Coronavirus félin ne se transmet pas à l’homme.

Quant à l’éleveuse de Ragdolls de Darling Show, elle est irréprochable. Elle a fait tester génétiquement tous ces reproducteurs contre différentes maladies dont le HCM qui touche tous les chats sans exceptions, l’hypertrophie cardiomyopathique, PKD, RdAc-PRA, SMA, etc.

Kumba est-il triste d’avoir perdu Kaly ?

Pour l’instant, je ne sais pas quoi dire. Il a cherché Kaly quand je suis rentrée des urgences vétérinaires, a reniflé sa caisse de transport et a roucoulé pour l’appeler toute la nuit. Je l’ai surpris hier soir à respirer la couverture de Kaly mais il continue à boire, à manger, à sortir dans le jardin et à défendre son territoire à grands renforts de miaulements sonores quand il voit passer le chat tigré à travers le filet de sécurité. Il ne montre pas vraiment de signes d’abattement. Au contraire, j’ai « retrouvé » mon chat car quand Kaly était là, il venait rarement se coucher sur mes genoux pour réclamer des caresses ce qu’il fait beaucoup plus depuis la mort de la petite. J’ai l’impression qu’il a compris qu’elle était partie car son odeur s’efface peu à peu mais quant à dire qu’il a conscience qu’elle est morte, je ne le pense pas.

Comment je me sens après toutes ses pertes (papa, maman, Izzi, Kaly…) ?

Même si j’ai connu Kaly que pendant 4 semaines dont 2 à faire des aller-retours chez la vétérinaire, la tristesse n’est pas moins grande que lorsque j’ai perdu Kimchi ou Izzi. J’ai pleuré comme une madeleine (je me demande d’où vient cette expression ?) quand j’ai assisté à son dernier souffle (pas question pour moi de la laisser seule pendant l’euthanasie), j’ai embrassé son petit corps une dernière fois (elle était si mignonne ma petite puce), je me souviens avoir eu très froid en me couchant et n’avoir pas réussi à fermer l’oeil de la nuit.

J’étais sous le choc. On a beau s’y attendre et se préparer mais la mort est toujours un événement brutal. On se demande si on a tout fait (oui, je ne regrette rien pour Kaly. Si j’avais dû aller au Tierspital à Berne ou même à Zürich chercher un traitement, je l’aurais fait), on cherche constamment des yeux la présence de l’être disparu, humain comme animal, mais il faut se rendre à l’évidence, il ne sera plus jamais là.

Avec tous ces drames, j’ai constaté une chose étonnante et importante sur moi-même dont je n’avais pas conscience. Au lieu de me fracasser et de me plonger dans le chagrin, la dépression, « le chocolat, l’héroïne et la vodka » © Les trois copains de Constance Verluca, ces épreuves me permettent d’aimer et d’aimer encore plus fort et de mieux en mieux ! Je considère à présent la séparation et la mort comme une manière pour moi de faire un pied de nez à la vie en me disant que non, elle peut me prendre tous les êtres qui me sont chers, je continuerai à aimer quoiqu’il arrive et je continuerai à aimer de toutes mes forces tous les humains, animaux et espèces vivantes (on ne sait jamais si je croise E.T :o)) qui sont et seront sur mon chemin, sans retenue, avec tout mon cœur et toute mon âme parce que c’est ma raison d’être et la chose que je sais faire le mieux au monde !

Certaines personnes sont à ce point détruites par une rupture amoureuse ou amicale ou par le décès d’une personne ou d’un animal qu’elles ne veulent plus jamais aimer, moi pas ! Je veux aimer comme au premier jour, avec confiance, bonheur et gratitude. Toujours.

Quitte à souffrir un jour parce que rien n’est permanent, autant que tout ce qui se passe avant soit grand, beau, lumineux et porteur de sens !

Merci à tous pour vos appels et vos messages qui m’ont apporté beaucoup de joie ! La vie continue et elle est belle ! ❤  

Je t’aime ma petite Kalypuce ❤️