Investir

Moi à ma copine Madame : « J’ai envie d’acheter une bague en plastique. De toute façon, cela ne sert à rien de dépenser plus pour du toc. »

Ma copine Madame : « Tu sais, il faut savoir se faire plaisir ! »

Vous avez pu constater comme j’envoie du rêve ces temps sur Instagram mais aussi sur mon blog avec mes achats de la semaine : des verres à cocktails, des accessoires pour chat et bientôt des machines de nettoyage Kärcher que j’aime d’amour. Si, si, c’est sérieux :o)

Cela ne signifie pas que je ne craquerai plus jamais pour un sac ou des chaussures de luxe un jour ou l’autre (l’hiver passé, je voulais les bottes blanches Bottega Veneta que vous avez trouvées laides au possible, donc, pour envoyer du rêve, ce n’est toujours pas gagné ! ;o) Je ne les ai pas achetées finalement car ma copine Madame m’a convaincue que non seulement elles étaient moches mais qu’elles seraient aussi passées de mode l’hiver prochain. Elle est bien, ma copine Madame !) et j’ai d’autres priorités en ce moment, liées à mon emménagement dans mon appartement à Montreux.

Je souhaite, par exemple, créer un vestiaire dans l’alcôve située à côté de la porte d’entrée, installer un lave-linge même si la résidence abrite deux buanderies communes dont personne ne se sert (une colonne de lavage est-elle vraiment nécessaire dans ce cas ?), une nouvelle chatière et des parois de plexiglas pour sécuriser le balcon pour les chats, choisir des luminaires, une table basse légère, une essoreuse à salade, etc. Je voulais aussi remplacer la plaque de cuisson en vitrocéramique par de l’induction comme au chalet et le parquet mosaïque en damier par du carrelage ou un parquet en chevron, mais me suis ravisée quand j’ai appris que la plaque de cuisson était neuve et que le parquet en chêne massif, qui est de très grande qualité, venait d’être poncé et vitrifié.

Heureusement que j’ai des personnes autour de moi qui savent me raisonner. J’avais demandé à mon cousin Nico, ébéniste, prof de ski et de parapente (Nico sait tout faire !) s’il pouvait poncer le buffet Henri II de grand-maman pour le peindre en blanc ou en gris. Il m’a répondu que ce serait un sacrilège, le buffet étant réalisé avec beaucoup de talent dans du noyer, un bois noble extrêmement prisé en ébénisterie. Je suis contente de l’avoir écouté, il se fond merveilleusement bien dans le décor.

J’ai donc passablement de dépenses en vue, notamment la réfection totale du balcon dans deux-trois ans pour un coût de CHF 20’000.- (j’ai été informée avant l’achat, ce n’est pas une surprise). Après les centaines de milliers de francs suisses déjà versés pour construire le chalet et pour acquérir mon appartement et les factures à cinq chiffres qui s’accumulent dans ma boîte à lettres, j’en viens presque à considérer que tout objet en-dessous de CHF 1’000.- est « bon marché », oups -__-

Dépenser, c’est bien, mais il faut bien que l’argent rentre aussi !

Je vous ai parlé de la « confiture de pognon » de mon Frangin (trop sympa, j’ai vu qu’un contributeur a mentionné mon blog sur le site http://www.budget-serré.com), des méthodes « 52W Challenge » et « Boule de neige » pour épargner et/ou pour sortir des dettes, il est temps de passer à la phase supérieure avec l’acquisition d’un bien immobilier et la gestion de fortune, qui ne sont malheureusement pas à la portée de tout le monde, en tout cas en Suisse, même en travaillant dur et en se privant de tout, ce qui n’est pas le but non plus !

Comme je vous l’ai expliqué, j’ai toujours été plus fourmi que cigale et ne vis que sur mon salaire qui sert à couvrir mes frais mensuels plus les extras comme mes chaussures moches, mes voyages au bout du monde, mes meubles de designers qui font un tabac auprès des futurs locataires de mon appartement qui voulaient les reprendre en pensant sans doute qu’ils venaient de Conforama, etc. J’ai hérité du portefeuille de titres, composés de valeurs mobilières telles que des actions, obligations, etc., de papa et de maman mais n’ai pas fait n’importe quoi en le flambant dans une Lamborghini, dans des entrecôtes recouvertes d’or fin (oui, ça existe et ce n’est pas malin) ou dans des tanks qui tirent des bouteilles de champagne à Dubaï (oui, ça existe et ce n’est toujours pas malin). Au contraire, je l’ai laissé sagement entre les mains de leur gestionnaire de fortune et n’ai revendu qu’une petite partie des actions pour financer l’achat de mon appartement à Montreux, la grande majorité provenant de mes fonds personnels. Mon objectif est d’ailleurs de rembourser au plus vite ce que j’ai sorti des fonds de placement, ce qui devrait me prendre 5 ans environ.

Quand on parle d’actions cotées en bourse, on s’imagine des traders survoltés aux narines pleines de cocaïne qui hurlent dans tous les sens comme dans le « Loup de Wall Street. » Il y en a certainement mais moi, j’ai toujours eu affaire à un gentil Monsieur en costume-cravate qui m’explique l’évolution de mes actifs avec de nombreux graphiques à l’appui dans un salon feutré. On discute des risques que j’accepte de prendre (j’ai perdu CHF 30’000.- en 10 jours au début de la pandémie mais les ai récupérés depuis), de mes projets futurs (= l’achat d’une Lamborghini Reventón et d’une entrecôte à l’or fin arrosée d’une bouteille de champagne millésimée tirée par un tank à Dubaï ;o)) et des rendements de chaque titre. Je reçois également des documents à lire à la maison tout au long de l’année ainsi que des invitations à participer à des conférences données par des experts financiers. Rien que du sérieux, donc. On est plus proche de la stratégie à long terme de Warren Buffet que du pari insensé de Jérôme Kerviel.

(c) Chanel Cruise 2021. Une de mes connaissances possède une collection impressionnante de sacs Chanel et Louis Vuitton. Elle les achète en vendant quelques actions à la fin de l’année et ne touche ainsi jamais à son capital. C’est ce schéma économique qu’il faudrait viser si on arrive à mettre beaucoup d’argent de côté. Certaines banques, comme la BCV, acceptent de faire de la gestion de fortune à partir de CHF 250’000.- d’avoirs en cash, tandis que la firme du copain James et de sa famille n’accepte que les fortunes à partir de CHF 1’000’000.-.

C’est en découvrant cet aspect de la finance que j’ai compris l’intérêt de ne pas gaspiller l’argent dans des choses sans valeur. C’est également ce qui m’a décidé à acquérir mon logement à Montreux, grâce aux conseils de mon gestionnaire de fortune qui m’a contactée tous les jours pendant une semaine depuis que je lui ai envoyé le dossier de vente pour me dire que je faisais un excellent investissement. Je suis tombée sans le savoir sur une affaire en or : non seulement, j’ai fait une grosse plus-value en l’achetant mais je paierai un montant dérisoire pour rembourser ma dette hypothécaire par rapport aux prix des loyers en vigueur sur l’arc lémanique et je pourrai en plus déduire un montant conséquent de mes impôts. Par ailleurs, cet appartement est un des rares sur le sol suisse à pouvoir être vendu à des acheteurs habitant à l’étranger selon la Loi fédérale sur l’acquisition d’immeubles par des personnes à l’étranger (LFAIE).

Mon appartement est donc un coup de cœur mais surtout un investissement solide alors que les taux hypothécaires sont en train de remonter. Pour moi, il est important de prévoir le futur et de pouvoir le louer ou le revendre sans perte en tout temps. Je déconseillerai donc d’acheter un bien immobilier s’il est à la limite ou au-dessus de ses moyens juste parce qu’on « l’aime trop, on verra bien. » Investir est et doit rester une décision purement rationnelle. De toute façon, les banques veillent au grain et refusent tout financement s’ils estiment que les risques sont trop élevés.

Pour la petite histoire, j’ai trouvé mon appartement en sélectionnant les mots clés « appartement, Vaud, à partir de 3 pièces » (dans le canton de Vaud, la cuisine et les salles de bain ne sont pas considérées comme des pièces. Un 3 pièces en Suisse est donc un 5 pièces en France, je crois) sur le moteur de recherche d’Immostreet.ch parce que cela m’ennuyait de regarder une par une toutes les annonces à Lausanne et environs. Le hasard fait bien les choses, surtout quand on n’a pas d’attentes particulières ! :o)

Vue sur Montreux depuis la forêt au-dessus de chez moi. On peut y cueillir de l’ail des ours au printemps, organiser des barbecues en été et ramasser des châtaignes en automne.

Changer de compte Instagram : @koyangi2021

Edit du 5 mai 2021 : mon compte @koyangibacalhau a été rétabli et je vous invite à m’y rejoindre ! Il paraîtrait que quelqu’un l’aurait signalé à Instagram qui n’y a heureusement rien vu de licencieux… (?)

Samedi dernier, j’ai eu la désagréable surprise de voir mon compte @koyangibacalhau suspendu sur Instagram alors que j’étais en train de poster une Story avec les informations pour adopter un chat Devon Rex que j’avais vu chez ma vétérinaire. Un pop-up est apparu m’informant que mon compte a été désactivé et que je recevrai la raison dans les 24 heures, message que j’attends encore.

Instagram a pris différentes mesures pour détecter les abus graves, comme l’incitation à la haine, la publication de contenus illégaux ou d’images de nudité (j’ai entendu dire que certains comptes avec des photos de nus artistiques ont aussi été bloqués…), ce qui est tout à fait dans ma ligne éditoriale ;o) mais aussi pour des « infractions » mineures comme l’envoi de trop nombreux messages DM, de nombre de « like » trop important au cours des dernières 24 heures et l’utilisation de certains hashtags comme #todayimwearing, #valentinesday, #workflow, #gloves, #eggplant (pourquoi les mots gants et aubergines sont-ils bannis ? Mystère…), etc.

Quand c’est gratuit, c’est nous le produit ! Le contenu que nous publions sur Instagram/Facebook et autres réseaux sociaux ne nous appartient pas et c’est important que l’on s’en rappelle.

J’ai lu que c’était un peu la croix et la bannière pour récupérer son compte ou plutôt un jeu de patience. On peut contacter le service support au moyen de différents formulaires qu’on doit répéter si l’on ne reçoit aucune réponse après plusieurs jours. Certains ont même contacté des personnes travaillant chez Facebook ou chez Instagram sur LinkedIn pour recevoir de l’aide !

Autant je peux comprendre que récupérer son compte est primordial lorsqu’on a pris du temps à construire une communauté de plus de 20’000 followers et que l’on est rétribué par des marques pour faire la promotion de leurs produits, autant je ne vais pas trop me prendre la tête pour récupérer mon compte de 632 followers. Ceux qui apprécient vraiment mes posts me suivront sur mon nouveau compte @koyangi2021 et je me réjouis de leur consacrer davantage de temps pour renforcer les liens existants au sein de ma mini communauté.

« Mais enfin, Stéphanie, ce n’est pas fait pour ça les réseaux sociaux ! Tu dois faire du chiffre et produire du contenu gratuitement en laissant tous tes droits à une firme qui s’enrichit sur ton dos ! » (si après ça, je ne suis pas blacklistée, moi… Mais je ne suis pas une influenceuse, ouf ! ;o)).

Cette mésaventure me conforte dans l’idée qu’une page se tourne définitivement pour moi. Sans parler du déménagement dans un mois, j’ai réussi à me débarrasser du T-shirt de Lui que je portais depuis le début de notre rencontre et qui était en train de tomber en morceaux et j’ai reçu un appel de Monsieur le gestionnaire de fortune, qui s’occupait de mes parents et qui m’a énormément aidée pour l’achat de mon appartement à Montreux, m’informant très gentiment qu’il avait été promu à une fonction supérieure et qu’il me confiait aux bonnes mains de son successeur.

Bien sûr que j’éprouve une certaine forme de résistances au changement comme tout primate qui se respecte (cf. théorème des singes sur la puissance du conditionnement), mais cela fait un moment que j’ai dépassé le déni, la tristesse et la peur pour me tourner vers le renouveau.

Merci à toute ma fidèle communauté sur les réseaux sociaux d’être là ! Vous êtes une richesse pour moi tous autant que vous êtes ! ❤

Un achat par semaine nos 5, 6, 7 et 8. Les accessoires pour chats

Comme je l’écrivais dans un de mes articles précédents, j’aime échanger avec ma petite communauté sur mon blog et sur Instagram qui peuvent servir à autre chose que de « montrer ses boobs » comme je plaisantais avec Andreia récemment et je profite d’une question qui m’a été posée sur la gamelle de Kumba en photo dans une mes Stories pour en faire le sujet de mon article du jour. Merci @sop_r !

Aujourd’hui, je vais donc vous parler des accessoires pour chats. Mine de rien, ces petites créatures pelucheuses de moins de 10 kilos ont besoin de pas mal de matériels quand on les garde à l’intérieur : un arbre à chat, un bac à litière par chat au minimum, un bac +1 par chat étant le must (non, je ne parle pas du baccalauréat français ;o)), une caisse de transport, des gamelles, quelques jouets même s’ils préféreront toujours un morceau de ficelle ou un bout de plastique – va comprendre ce qui se passe dans leur petite tête, soupir… – et de beaux meubles bien fragiles sur lesquels ils aiment faire leurs griffes : pour Kumba, un tapis est un griffoir géant… oui, mais non ! Bon, fais ce que tu veux.

J’essaie de m’entourer d’objets à mon goût et je dois dire que trouver un bac à litière pas trop moche est aussi compliqué que de dénicher une tenue de cycliste sobre sans inscriptions aux couleurs criardes dessus. Le bac à litière standard est un rectangle en plastique avec un couvercle rabattable, disponible en gris, en rose ou en bleu, point. De toute façon, le chat a une vue quasi-dichromatique et ne perçoit pratiquement que le jaune et le bleu, donc la couleur lui est complètement égal.

Après bien des recherches, j’ai commandé la maison de toilette Poopoopeedo, conçue par les Français de SinDesign et fabriquée en Europe dans du plastique durable, 100 % recyclable et traité anti-UV. Disponible en noir, blanc, rouge, orange et vert, elle est adaptée aux chats de grands gabarits type Maine Coon, Norvégien ou Ragdoll, ce qui est important avec Kumba, et comprend une pelle et un support pour pastilles anti-odeurs.

J’en suis très satisfaite et j’aime la poignée en forme de patte de chat sur le couvercle. Je compte également acheter la boîte à litière Mimi Show et/ou Eco-Friendly Curver quand je serai à Montreux (pour l’instant, j’ai la Poopoopeedo à l’intérieur et une caisse à litière résistante à la pluie dans le jardin) et/ou une litière automatique mais je ne sais pas ce que ça vaut.

Izzi adorait se faire brosser et Kumba aussi. Je me suis débarrassée de la Furminator qui n’a jamais fonctionné avec Izzi et que je trouvais lourde à manipuler et l’ai remplacée par la brosse Freezack en bambou pour chien. Kumba a une fourrure qui ne s’emmêle pas mais j’ai l’impression que nos séances de brossage fonctionnent comme un massage pour lui en plus d’enlever les poils morts.

Au rayon gamelles de nos chers amis les bêtes, ce n’est pas la joie non plus si on n’aime pas les matières plastiques ni les motifs et les couleurs pétantes. Ayant constaté que Kumba avait tendance à régurgiter ses croquettes, ce qui arrive aux chats de grande taille, j’ai choisi le set de bols Trixie surélevé en céramique et en bois. Depuis, Kumba ne vomit plus. Puis, c’est du dernier chic de lui servir la nourriture sur un plateau ! ;o)

Si rien ne me plaît dans les magasins spécialisés pour animaux, je détourne des articles pour les humains de leur fonction originelle. Ainsi, je stocke les croquettes de Kumba dans une bonbonnière en verre que j’ai achetée chez Coop (il y en a de très jolies chez Magasins du Monde si jamais). On me dira que je pourrais laisser les croquettes dans leur sachet mais j’attache beaucoup d’importance aux détails et j’aime que tout soit en harmonie chez moi.

En plus du bac à litière supplémentaire pour Montreux, je vais acheter bientôt une nouvelle caisse de transport pour Kumba. J’avais pris la plus grande qui existait pour chat, mais il m’en faut une pour chien car Kumba ne peut déjà plus se tenir debout à l’intérieur. J’en aimerais une à roulettes si possible car j’arriverai difficilement à la porter quand Kumba pèsera 9-10 kilos en plus du poids de la caisse et en coque dure car il sait très bien ouvrir les fermetures éclair et ce, depuis tout petit.

No. 5 – Maison de toilette Poopoopeedo by SinDesign
No 6 – Brosse Freezack en bambou
No 7 – Set de bols Trixie en bois et en céramique
No 8 – Bonbonnière Coop

Un achat par semaine no 4. A Monk’s Guide to a Clean House and Mind

Les possibilités de se divertir étant limitées en période de pandémie comme je l’écrivais dans mon article précédent, je me suis retrouvée assez vite à court de choses à faire à la maison. J’avais déjà réduit bon nombre de mes achats (un achat par semaine) et de mes possessions, mes vêtements étaient triés et pliés au carré, mes komono étaient stockés dans des boîtes façon ©Konmari, j’avais brossé mon corps, bu du thé en regardant la pluie tomber ;o) et pris un bain chaud comme Dominique Loreau, dans quelle autre activité pouvais-je donc bien me lancer ?

« Stéphanie, tu pourrais peut-être arrêter de t’agiter et prendre le temps de profiter de la vie » me conseillait maman. Je suis sûre qu’elle avait raison mais je n’ai toujours pas compris ce qu’elle entendait par « profiter de la vie. » J’ai l’impression que je profite de la vie tous les jours en m’accordant mes petits et mes grands plaisirs. Apprendre, expérimenter et avancer font partie de mon ADN, je crois.

Après le tri, le rangement et le brossage du corps, il était temps que je découvre les « joies » du nettoyage, une activité que j’ai longtemps sous-traitée à la femme de ménage quand j’habitais à Pully. Je me suis demandé s’il était possible d’aimer exécuter les tâches ménagères comme de faire du sport et de courir un marathon, synonymes pour moi de nécessité (sauf pour le marathon) et de beaucoup de souffrance.

J’ai donc acheté le livre « A Monk’s Guide to a Clean House and Mind” (en anglais uniquement. Je lis indifféremment en français ou en anglais) du moine bouddhiste Shin japonais Shoukei Matsumoto (je n’ai pas trouvé de titre similaire écrit par une mère au foyer ou un moine trappiste de l’Ordre des Cisterciens). Les moines japonais passent environ 2h chaque jour à nettoyer, ce qui garantit une sacrée expérience dans le domaine. Ce qui m’a intéressée, c’est leur rituel de nettoyage et le lien entre la concentration nécessaire pour effectuer la plus infime de leur tâche – la plus importante étant le nettoyage des toilettes – afin d’arriver à une purification de l’âme et à une tranquillité de l’esprit. Autrement dit, plus tu manies ta panosse (= serpillière en vf), plus ton intérieur reluit et plus tu es content !

Il y a des éléments que je ne vais pas retenir comme par exemple, l’achat d’un costume Samue en coton, d’une serviette Tenugui à nouer sur la tête et des sandales Setta fabriquées en iguesa, matière utilisée pour la confection des tatamis, parce que je ne suis ni nonne ni japonaise. Je ne vais pas me raser la tête non plus ni me nourrir dans un set de six bols Orioky. Je vais également garder mon armée de petits robots et continuer à utiliser mes produits d’entretien habituels (Jemako, mon amour) même si les moines bouddhistes n’utilisent que de l’eau, du bicarbonate de soude et un peu de savon pour nettoyer leurs temples.

En revanche, il y a plein de conseils qui me parlent, comme par exemple :

  • Nettoyer et ranger chaque jour ce que j’ai utilisé dans la journée (bon, maman me disait ça aussi).
  • Garder les jours contenant les chiffres 4 et 9, appelés Shikunichi, pour réparer ce qui est cassé et ceux finissant en 3 ou en 8 pour nettoyer les endroits auxquels on ne pense pas ou qui sont difficiles d’accès comme les lampes ou le haut des armoires. Pourquoi ces chiffres, je l’ignore.
  • Ouvrir les fenêtres avant de commencer chaque session de nettoyage qui est un bon moyen pour se connecter à la nature. Les jours de pluie, on nettoie l’intérieur de la maison et on s’occupe de l’extérieur (balcon, terrasse, jardin, allées) quand la météo le permet, ce qui est d’une logique imparable.
  • Célébrer les saisons en changeant de garde-robe deux fois par année le 1er juin et le 1er octobre, le mot garde-robe n’étant pas tout à fait approprié pour un moine puisqu’ils reçoivent trois tenues en tout et pour tout, une d’été et une d’hiver : une pour le ménage, une pour la vie de tous les jours et une pour les cérémonies. Je peux me plier à cette coutume en observant la date des soldes en Suisse, par exemple, solde d’été (23 juin – 20 juillet) et solde d’hiver (12 janvier – 8 février) :o) Oui, je suis bassement matérialiste.
  • Porter des vêtements blancs par-dessus des sous-vêtements blancs pour une sensation de fraîcheur et de netteté comme si « le vent frais soufflait sur le corps » (sic), ce qui oblige les moines à faire la lessive tous les jours, ce qui ne sera pas mon cas (vive les machines à laver le linge !). Je n’exclus pas la possibilité de porter des sous-vêtements en dentelle noire ou colorée pour élever mon degré de sexytude mais il est évident que les moines n’en portent pas.
  • Pratiquer la pleine conscience quand je me brosse les dents et fais ma toilette, prépare mes repas en lavant et en rangeant les ustensiles au fur et à mesure que je les utilise, fais pipi-caca en m’émerveillant sur les extraordinaires fonctionnalités de la machine merveilleuse qu’est mon corps qui s’auto-nettoie tout seul (je ne plaisante pas, il y a un chapitre sur le sujet ;o)).
  • Dédier une place pour chaque objet que je possède. Le moine Shoukei Matsumoto préconise aussi « d’écouter les objets » comme Mari Kondo « parce qu’ils savent ce qui est bon pour eux » (oui, oui, l’étincelle de la joie, tout ça). L’animisme doit être un concept très japonais. Je pense que si on doit communiquer avec les objets après la communication avec les humains, les esprits et les animaux, on n’est pas rendu ! ;o)
  • Être plus attentive à la nature et à mon environnement en humant l’air qui change en fonction des saisons, en écoutant le chant des insectes et des oiseaux qui nous indiquent quelle heure il est dans la journée (attendez, il est rouge-gorge moins le quart), en ressentant sur ma peau les bienfaits du froid et de la chaleur, en me nourrissant en fonction de ce que la terre veut bien nous donner et en ne gaspillant pas les ressources.
  • Procéder à un nettoyage de printemps une fois par année (les moines japonais le font en décembre). Pour cela, j’aime beaucoup le rituel du grand nettoyage de la maison avant Pessah, la Pâque juive, où on met tout sens dessus dessous, rien ne reste à sa place, on vide tous les placards de la cuisine de tous les aliments et on nettoie tout jusqu’à la moindre petite poussière !

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce petit guide, joliment illustré, qui expose la vie quotidienne dans un monastère bouddhiste avec simplicité et humilité. J’ai aussi enfin compris pourquoi ma mère coréenne versait de l’eau dans son bol de riz avant de le boire après avoir terminé son repas, ce que je trouvais déroutant ! Cela vient d’un rituel bouddhiste qui consiste à gratter avec une spatule les miettes des récipients qui ont servi à se nourrir, du plus grand contenant au plus petit contenant, pour les boire ensuite en y versant de l’eau ou du thé. Rien n’est gaspillé et on peut ensuite essuyer le bol avec un linge propre avant de le ranger.

Se divertir

A partir du 19 avril, la Suisse assouplit ses mesures contre le coronavirus et autorise la réouverture des terrasses des bars et des restaurants jusqu’à 23h (il faudra s’habiller chaudement, sortir ses moon boots et commander de la fondue car les températures annoncées la nuit à Lausanne sont comprises entre 4 à 6 degrés), les établissements de loisir et de culture (les musées et les magasins sont ouverts depuis le 1er mars), les salles de sport et de fitness, les cinémas, etc., avec des restrictions concernant le nombre de personnes au cas par cas.

Depuis le 13 mars 2020, hormis quelques repas sur les terrasses des restaurants l’été passé, je n’ai pas voyagé ni ne suis allée dans aucun de ces espaces récréatifs. J’attends que la situation retourne à la normale. On peut se plaindre légitimement des privations et des restrictions à la liberté individuelle (un concept qui n’existe pas en Asie), mais j’ai profité de ce moment historique pour réfléchir sur les activités que j’aimais faire pour me distraire à la maison.

Pour commencer, j’ai peut-être moins souffert du confinement que bon nombre de personnes car j’avoue qu’avant la pandémie, je n’en pouvais plus de la fréquence de mes voyages autour du monde, que ce soit pour le travail ou pour les vacances. Mon rêve était de passer mes vacances chez moi, un vœu qui a été largement exaucé ! :o)

J’ai enfin pu prendre le temps de me poser – quoique ce n’est pas tout à fait exact, puisque je prépare mon deuxième déménagement en moins d’une année – pour profiter de mon « petit » Kumba que j’ai vu grandir de 1,2 kg à 5,5 kg et pour découvrir que j’aimais tricoter en regardant des films et des séries à la TV, cuisiner pour moi et pour mes proches, m’inventer n’importe quel prétexte pour marcher et me balader même dans le froid, discuter pendant des heures à deux, être plus complice avec ma famille et mes amis en passant des instants privilégiés avec eux, faire des grasses matinées, mettre de la musique et danser sans me préoccuper de savoir si je suis en rythme ou pas (surtout ou pas), écouter des podcasts dont je ne me rappelle jamais avant de m’endormir parce que je suis trop fatiguée, manger des gâteaux et boire des bulles de champagne ou de Coca Zéro.

En revanche, je n’arrive toujours pas à me concentrer suffisamment pour lire et je n’ai pas repris mes jeux vidéos.

J’aime aussi me préparer un chocolat chaud et un jus de fruits frais le matin, prendre un long bain en pensant à rien, rêvasser en me disant que je n’ai plus rien à jeter, ni à ranger ni à acheter, réaliser des tutos de maquillage et rigoler, déjeuner et bruncher dans le jardin quand le temps le permet.

Je ne serais pas tout à fait moi si je ne m’inventais pas toute sorte de projets mais j’ai réalisé que je pouvais être profondément heureuse toute seule. Je ressens parfois ce que j’appelle des shoots de bonheur pur : je suis assise tranquillement à ne rien faire et je suis envahie tout à coup d’un sentiment profond de bien-être et de gratitude, qui ne dépend ni des circonstances ni de l’endroit où je vis (oui, c’est de la bonne ! ;o)).

Ce qui est bien, c’est que toutes ces activités sont gratuites ou presque. Je me réjouis bien sûr de pouvoir faire la fête en troupeau et « de me lâcher » bientôt mais je sais aussi que ces moments de joie simple et de tranquillité d’esprit sont importants pour moi.

Pour ma première sortie, j’ai envie d’aller à Plateforme 10, le nouvel espace artistique de la ville de Lausanne rassemblant le MUDAC, le musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, les fondations Félix Vallotton et Toms Pauli et le musée de la photographie de l’Elysée. J’en parlerai à ma Danoise que je dois appeler cet après-midi.