Neemic. Made in China

La mode est un domaine dans lequel je n’ai aucune expertise et que j’observe de loin. Bien que les apparences semblent parfois trompeuses (cf. Marciano/Guess), je prête plus d’attention aux détails de la confection et aux conditions dans lesquelles mes vêtements sont produits qu’à la marque, qu’elle soit prestigieuse comme Hermès (non, je n’achèterai pas de sacs ni d’accessoires en python ou en crocodile, de toute façon, je n’aime pas le cuir de reptile) ou bon marché comme H&M chez qui je ne vais toujours pas sans savoir pourquoi.

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Je passe ainsi pas mal de temps à me documenter en étant consciente toutefois que l’information est fragmentaire et qu’il est illusoire de vouloir consommer 100 % local, bio et éthique à moins de produire soi-même tout ce dont on a besoin. Mon collègue me disait l’autre jour avec humour que oui, sa pizza était « maison » si l’on considérait qu’il n’avait pas récolté le sel, ni fait pousser les tomates, ni élevé la bufflonne pour fabriquer de la mozzarella, ni moissonné le blé pour le réduire en farine, etc.

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J’aime aussi tordre le cou à mes préjugés de bobo bourge cagole gâtée et il n’y a pas mieux que les voyages pour appréhender la vie d’une manière différente et apprendre que « l’autre » n’est pas toujours le monstre que l’on veut nous faire croire.

Cette digression (habituelle, soupir) pour vous parler du « Made in China » que tout le monde associe trop souvent à du toc, du bon marché, de la mauvaise qualité, etc. En 2015, c’est oublier trop vite que ce n’est ni le savoir-faire chinois ni la qualification de la main d’œuvre qui sont en cause, comme le démontre le projet Made in China Diary mené par les designers suisses d’Anaïde Gregory Studio mais bien la volonté de certains chefs d’entreprise occidentaux de chercher à faire des économies sur la production de masse. Il est à noter également qu’aucun Asiatique qui en a les moyens n’achètera de contrefaçons ; au contraire, il est prêt à payer plus cher qu’un Européen pour obtenir des objets de luxe et sait les apprécier à leur juste valeur.

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Ceci n’occulte pas le fait qu’il y a de graves abus en Chine, comme partout ailleurs dans le monde, mais la violence de certaines vidéos à charge, volontaire ou non, ne doit pas faire oublier que la Chine est un pays immense d’une richesse culturelle millénaire phénoménale qui prend des mesures pour protéger la faune et la flore du pays en créant des zones naturelles protégées afin de sauver de l’extinction des espèces rares comme le panda géant, le rhinopithèque doré, le yak sauvage, le tigre de Mandchourie ou le cerf de Thorold, qu’ils ont adopté le principe du recyclage des déchets et des ordures ménagères et que le cliché du Chinois mangeur de chien ne s’applique pas à toute la Chine (des associations locales ont également critiqué l’abattage massif des chiens au festival de Yulin, puis, qui sommes-nous pour condamner ce massacre alors que nous tolérons que des chiens et des chats soient euthanasiés tous les jours dans nos chenils et nos refuges surpeuplés ? Par ailleurs, il est tout à fait légal en Suisse de manger son chien ou son chat et personne ne trouve rien à redire).

Au lieu de pointer du doigt des saloperies de psychopathes qui ne sont malheureusement pas l’apanage des seuls Chinois, je reconnais que je n’ai aucune supériorité morale pour dénoncer les autres sans prendre en considération mes propres agissements et je préfère de loin mettre en avant les belles réalisations humaines, sources d’échanges, de collaboration et de compréhension mutuelle.

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Dans cet état d’esprit, on obtient le meilleur quand deux designers suisses, Amihan Zemp et Hans Martin Galliker, s’installent à Beijing pour créer la marque Neemic, dont les vêtements sont de purs joyaux réalisés à partir d’étoffes recyclées de l’industrie du textile naturel et biologique chinois ou de tissus produits dans le respect de l’environnement, à savoir sans engrais chimiques, ni pesticides, ni insecticides sous les labels The Hong Kong Organic Textile Association et AgraChina.

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Je sais que la saison ne se prête guère à vous montrer des images de gros manteaux en laine et de pulls oversize en mohair (ne me remerciez pas ;o)) mais je suis tombée sur ce site en cherchant des modèles de tricot que je suis en train de réaliser pour cet hiver. Je ne sais pas pour vous mais moi, je suis conquise !

Neemic / Beijing / People’s Republic of China / E-shop : http://neemic.asia/shop

Copyright All Photos (c) Neemic.com

Neemic. Made in China

6 réflexions sur “Neemic. Made in China

  1. Je me disais en lisant ton article que ces pulls étaient magnifique. Tu sais le patronage au tricot ce n’est pas trop compliqué. On devrait s’en inspirer pour faire une version « maison » 🙂

    1. Tu as amplement raison ! Ce n’est pas des modèles trop compliqués à reproduire et c’est ce que je suis en train de faire en ce moment même si le modèle ne sera pas tout à fait le même : un pullover gris en lapin angora tout simple pour l’hiver. Bisous.

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