Les chroniques de Koyangi

Bonjour et bienvenue sur mon blog, mon petit coin du web où je partage mes réflexions, découvertes, passions et tranches de vie. Cet espace est à la fois un carnet de bord personnel et un espace d’expression libre, sans filtre ni prétention. Ici, vous trouverez des billets sur des sujets qui me tiennent à cœur – qu’il s’agisse de voyages, de culture, de cuisine, de développement personnel, de coups de cœur ou de simples moments du quotidien. J’écris comme je pense, avec sincérité, curiosité et parfois une pointe d’humour. Merci de votre visite et à très bientôt sur le blog !

  • Le minimalisme, la simplicité volontaire, l’art de l’essentiel, de la simplicité, des listes, de la frugalité et de la volupté © Dominique Loreau, le Zero Waste Home © Béa Johnson, la vie sans impact © Colin Beavan, etc. n’ont plus autant d’attrait pour moi que par le passé. Non pas parce que je fais tout le contraire, bien entendu, mais parce que je n’ai plus envie d’appartenir à une mouvance quelconque dirigée par un « gourou » qui m’explique comment vivre.

    Pratiquer la pleine conscience, créer un bel environnement partout où je suis, accomplir des choses qui m’apportent de la joie et qui me rendent meilleure, explorer le monde et ouvrir mon esprit, me nourrir d’aliments qui me font plaisir (graines germées, tofu, chips au paprika ou côte de bœuf, même combat), prendre soin de mon corps et l’aimer, découvrir de charmantes adresses où je me sens bien (cafés, librairies, épiceries, boutiques…), continuer à m’éduquer et à mettre en place des structures pour m’amener à la réussite, voilà ce qui m’importe vraiment aujourd’hui.

    Pourquoi y a-t-il autant de variétés de formes, de couleurs et d’espèces d’animaux, d’oiseaux, de poissons, d’insectes, de plantes, de fruits et de légumes dans le monde pour se contenter d’un seul ? La nature, elle-même est abondante, généreuse, riche et variée. L’ascétisme est tout son contraire et je n’ai aucune envie de réprimer mon plaisir et de passer à côté de toutes ces merveilles.

    On pourrait arguer du fait que la planète va mal, que l’homme est un loup pour l’homme, que c’était mieux « avant » (avant quoi ou plutôt quand ? La 1ère et la 2ème Guerre Mondiale ? La guerre froide ? L’apartheid ?), que nous courrons tous à notre perte, que le sol est acide, que l’air est pollué, que l’eau est gaspillée, que les abeilles meurent, que Monsanto est un fléau, etc., mais je pense que nous avons le choix de nos actions, du moins dans les pays qui ne sont pas soumis à un régime totalitaire. Chaque jour, nous décidons de lire les atrocités dans la presse de caniveau qui relèvent du fait divers et non de l’information, de remplir le frigidaire de malbouffe, de suivre les diktats de la mode et de la beauté physique, de suivre des diètes fantaisistes, de relayer des images de tortures infligées aux humains et aux animaux, de se complaire dans une attitude négative, de s’endetter. Ou pas.

    Par défaut, je continue à intituler cette série d’articles « Une action minimaliste par semaine » même si je ne souhaite pas être confinée dans un mouvement précis avec des règles strictes que je suis incapable d’observer, comme expliqué plus haut.

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    Conduire moins, marcher plus

    Cela fait un moment que j’effectue plus de 10’000 pas par jour en moyenne même si, une fois de plus, on lit tout et son contraire sur le Net. Il est évident que ce chiffre de 10’000 est symbolique et je ne crois pas qu’une étude était nécessaire pour le démontrer. Cependant, cette recommandation aux origines nébuleuses m’a donné l’impulsion pour délaisser ma voiture au profit de la marche et de mes horribles chaussures thérapeutiques MBT et Kyboot. Je marche pratiquement en toute saison et par n’importe quel temps, sauf quand la chaussée est verglacée (Lausanne est située sur 3 collines, les routes sont donc escarpées. On dit d’ailleurs que les Lausannoises ont les plus belles jambes du pays, ce qui reste encore à prouver ;o)) et me fixe des objectifs pour me motiver : « monter en ville » pour chercher un hamburger ou un produit de beauté (aujourd’hui, c’était du démaquillant H20 Bioderma à la Pharmacie Plus du Flon) pendant la pause de midi, acheter des cerises au marché de Lausanne ou du jus d’orange pressé chez Manor le samedi, photographier les rues et les bâtiments de la ville, aller au travail à pied, rentrer à la maison en longeant le bord du lac, réfléchir à une question qui me turlupine, etc.

    Le plus, c’est qu’il s’agit d’une activité gratuite que tout le monde ou presque peut pratiquer.

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    Bacon Avocado Beef chez Holy Cow. Boeuf 100 % suisse, bacon, avocado mash, ketchup, confit d’oignons rouges, salade batavia

    Consulter des spécialistes et faire fi des idées reçues

    A en croire les naturopathes et les fitness gourous, il faudrait bannir à vie le lait, le gluten, le sucre, la caféine, l’alcool, la viande, etc., de son alimentation (il n’y a plus grand-chose à se mettre sous la dent, dis-donc) pour être en pleine forme et plein d’énergie. Afin d’en avoir le cœur net et ne souhaitant pas faire n’importe quoi avec ma santé, j’ai consulté mon médecin spécialisé en nutrition (et pas un/e diététicien/ne) qui, après plusieurs tests et analyses, m’a confirmé que je ne souffrais d’aucune allergie et que je pouvais consommer ce que je voulais sans que cela ne me porte préjudice. J’ai ainsi recommencé à manger des hamburgers que j’évitais bêtement,  influencée que j’étais par les campagnes de lutte contre l’obésité qui sont loin de me concerner. En revanche, je n’ai toujours pas réussi à boire du Coca-Cola normal.

    Attention, ce régime alimentaire n’est valable que pour moi et avec l’accord de mon médecin. Je ne fais pas l’apologie de la junkfood mais d’une alimentation équilibrée en fonction de son organisme et de son métabolisme. Ce qui est valable pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres !

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    Blue Jean et Blue Lagoon sur les pieds et Popcorn sur les mains – Vernis Akyado, Suisse

    Virer tous mes vernis et confier mes ongles à une manucure professionnelle

    Disons-le tout de suite, je n’ai jamais été une NPA (Nail Polish Addict) ni une collectionneuse de vernis. Je n’aime pas non plus changer de couleur tous les jours ni passer des heures à appliquer (très mal) un base coat, 2 à 3 couches de vernis et un top coat toutes les semaines, voire deux fois par semaine. Dominique Loreau est bien gentille de conseiller de faire tout par soi-même mais je doute qu’elle soit une experte en manucure quand elle écrit d’appliquer la laque directement sur l’ongle, sans aucune couche protectrice.

    Avant que la déferlante NPA débarque sur les blogs beauté, j’allais déjà chez Jessica d’Ongle Attitude pour la manucure au gel qui, après expérience personnelle, n’abime pas plus l’ongle qu’une manucure classique où quantité de produits pas toujours très nets à base de dissolvant et de sèche vite sont utilisés. Quand j’ai arrêté le gel, j’ai simplement attendu la repousse complète de mes ongles qui ont retrouvé leur qualité d’origine et qui n’ont jamais été mous ni cassants.

    Après, on peut aimer ou pas la manucure au gel, c’est selon, mais ce que j’apprécie, c’est que mes ongles sont renforcés (ils n’ont jamais été aussi longs et solides que maintenant), que leur forme est parfaite et que la tenue de 4-5 semaines environ est idéale pour mes nombreux déplacements privés et professionnels. Last but not least, j’adore papoter de tout et de rien avec Jessica qui a toujours le sourire. Puis, à l’exception de la crème Dior à l’abricot pour les cuticules, je me suis débarrassée de tout mon kit de manucure (deux vernis OPI, un base coat, un top coat, un repousse cuticules, un stylo correcteur, un dotting tool, une bouteille de dissolvant…) que je ne pouvais plus voir en peinture ! Une bonne chose en moins.

    Ongle Attitude / Avenue Villamont 17 / 1005 Lausanne / Suisse

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    Me préparer un petit-déjeuner royal

    Avec tout ce que j’aime. Des scones tout frais de chez Cuppin’s, une grosse cuillère de crème double de Gruyères pour remplacer le beurre et de la confiture de fraise de la ferme des Borboën à Denges. Rien que du local, du bio, du fait maison, de la qualité et de la gourmandise et pas un gramme de culpabilité !

  • IMG_1053Je reviens sur mon blog après une période de deuil due à la disparition d’un pilier important de ma famille. J’ai vécu un épisode douloureux de ma vie, certes, mais qui a été atténué par le soulagement d’avoir pu dire adieu à la personne aimée et de l’avoir vue relativement en bonne forme avant son départ rapide et sans souffrance selon le médecin qui a assisté, impuissant, à ses derniers instants.

    Il y a plusieurs façons de surmonter son chagrin. Certains écrivent leurs sentiments dans leur journal intime ou sur une lettre qu’ils brûlent ensuite, trouvent un réconfort dans la méditation et la prière, appellent les amis ou la famille pour leur demander du soutien ou consultent un thérapeute s’ils se sentent couler. Quant à moi, j’ai accepté que la mort fasse partie intégrante du miracle de la vie au même titre que la naissance (on ne sait pas d’où on vient ni où on va et même s’il n’y a rien, ce n’est pas grave car on ne s’en rendra pas compte), compris que l’on est plus attristé pour soi-même que pour la personne décédée qui n’apprécierait sans doute pas que l’on se mette dans un tel état pour elle (en tout cas, c’est ce que j’éprouverais) et pensé que cela aurait été nettement plus chouette pour tout le monde s’il y avait des téléphones portables au paradis (Dis, Steve Jobs, tu passes tes journées à faire quoi là-bas ?) !

    J’ai aussi :

    • Laissé les larmes couler, qui survenaient la plupart du temps quand j’étais seule et au moment où je m’y attendais le moins (pendant mes 10’000 pas quotidiens, derrière mon écran d’ordinateur au travail, à la piscine de l’EPIC SANA Algarve Hotel, lors d’un footing, sur le chemin de retour à la maison), sans les retenir
    • Fait face au deuil en réglant un maximum de tracas administratifs pour la cérémonie d’adieu, bien aidée il est vrai par l’employé des Pompes Funèbres : les fleurs, le faire-part de décès dans les journaux, la réception après la messe, les cartes de remerciement…
    • Gardé ma routine quotidienne même si le moral n’était pas toujours au beau fixe. Je suis ainsi allée travailler le lendemain de la terrible nouvelle. Je me réfugie toujours dans le travail en cas de problème ou de malheur, cela me permet d’oublier ma tristesse en m’occupant l’esprit
    • Marché le plus longtemps possible pour prendre du recul par rapport à la situation
    • Pris l’avion pour partir en vacances en Algarve, à Lisbonne et à Paço dos Arcos au Portugal. Changer d’endroit et de contexte est au final ce qu’il y avait de mieux pour moi
    • Pleuré encore et encore
    • Passé un weekend à Paris
    • Pris soin de ma santé en consultant mon médecin généraliste spécialiste en nutrition qui, après plusieurs tests et analyses, m’a conseillé d’intégrer plein de choses dans mon alimentation – déconseillées d’habitude mais nous avons tous un organisme et un métabolisme différents – que j’évitais comme la peste : le sel et la caféine, y compris le Coca-Cola normal que je peux boire sans conséquence pour mon poids, pour remonter ma toute petite pression et même un hamburger avec des frites si je veux ! ;o)
    • Prêté plus d’attention que d’habitude à la beauté autour de moi : la plage de São Rafael, les falaises de Ponta da Piedade, les forêts de pins parasol, les quartiers animés de Lisbonne, les rues de Paris, la très belle décoration d’intérieur de l’hôtel Thoumieux du Chef Jean-François Piège, les rayons du Bon Marché Rive Gauche, les roses d’Agave Fleurs à Lausanne, etc.
    • Eté entourée de personnes positives : mon Frangin qui m’a fait découvrir le Monaco (bière et sirop de grenadine) aux Brasseurs pendant le carnaval de Lausanne alors que nous venions de sortir, chamboulés, de la chambre funéraire, ma famille et mes amis avec une mention spéciale à Lobo qui a rédigé une très belle lettre pour nous qui étions dans la peine, mes collègues qui se sont montrés fantastiques avec moi avec une carte, une orchidée et un gâteau au chocolat maison, les belles et exquises Mélodie pour un déjeuner chez Paprika et Caroline pour un Odessa Pop au Café Odessa à Paris, Gwendy pour un hamburger chez Crazy Wolf à Fribourg, Cécile que je ne connais pas dans la vie réelle mais qui m’a envoyé une carte et à qui j’ai répondu hier et même ma prof de maths de mon école privée des bonnes soeurs qui est venue à l’enterrement !
    • Dormi de longues heures
    • Pleuré jusqu’à ce que je n’aie plus de larmes. Ca fait du bien !
    • Eté bonne avec moi-même et essayé d’être le plus souvent polie et aimable avec les autres qui me l’ont bien rendu : la gentille dame qui a placé sa valise entre les portes du métro à Paris pour me laisser entrer, le chauffeur de taxi qui s’est levé de son siège pour m’ouvrir la porte à Montparnasse, l’inconnu qui voulait me faire entrer gratuitement dans le métro, les vendeurs extrêmement attentifs et professionnels du Bon Marché et le serveur du Montreux Jazz Café à la Gare de Lyon
    • Eté fière de ne pas m’effondrer même s’il n’y avait aucun mal à ça. Je sais maintenant que je suis une vraie « barbare des steppes » ;o) et que je peux compter sur moi
    • Découvert que, loin du détachement prôné par le bouddhisme, je voulais plus que tout m’attacher aux êtres et aux choses, aimer avec fureur et passion même si ça doit faire mal
    • Pris le temps nécessaire pour me retrouver avant mon retour sur mon blog

    La leçon que j’ai retenue de ce mois intense en émotions, c’est que mes jours sont comptés (un cliché que tout le monde connaît mais qu’on oublie trop vite jusqu’à ce que la mort d’un être cher agisse comme une piqûre de rappel et relègue toutes les préoccupations au second plan) et que je souhaite consacrer du temps pour définir qui je suis et ce qui est important pour moi, quitte à déplaire, pour aligner mon existence en fonction de ces deux interrogations. Sans oublier d’ajouter des éléments non-essentiels à ma vie de tous les jours, cela va de soi !

    Miss you. Love ❤

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    Le Cocktal Mai Tai de bienvenue à la Nirvana Villa à base de Cointreau, sucre, citron vert et sirop d’orgeat. Exquis !

    Je vous expliquais dans mon article post-minimalisme que j’ai vécu une illumination, au sens propre et figuré, dans la sublime Nirvana Villa à Koh Samui en Thaïlande en début d’année. Sans doute en raison de l’effet « kiss cool » de l’alcool des statues de Bouddha disséminées un peu partout dans la villa ;o)

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    Certaines personnes se retirent dans la solitude et dans le silence d’un monastère ou se mettent à arpenter le Pacific Crest Trail pour donner un sens à leur existence, moi, c’est dans un endroit paradisiaque que je l’ai trouvé ou plus exactement commencé à le trouver car il me faudra bien toute une vie pour y parvenir. Ou pas, mais ce n’est pas grave.

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    J’ai eu la chance de séjourner dans bien des établissements luxueux, comme The Ritz Carlton à Singapour, l’Aquapura dans la Vallée du Douro, The Shilla à Séoul ou encore The St Regis à Doha, mais je n’ai jamais ressenti un sentiment de bien-être et de paix avec moi-même aussi intense que dans la belle villa de DJ Igor B. (j’ai l’habitude de mettre des pseudos sur mon blog mais j’ai bien conscience que dans ce cas, c’est comme si j’écrivais la villa de DJ David G. ou de DJ Bob S. ;o) Je compte sur le Polonais pour voir avec DJ Igor B. sous quel nom il préfère que je le mentionne), perchée au sommet d’une jungle luxuriante sur l’île de Koh Samui.

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    Boire un cocktail avec une paille en plastique, tu n’as pas honte, Koyangi ? Pense à l’environnement et à l’air que tu ingères en sirotant ton verre ! Cela m’est égal, je pollue beaucoup plus en écrivant sur mon blog qu’en utilisant 1’000’0000 de pailles en plastique, cela n’excuse rien mais c’est quelque chose que je tolère très bien à présent d’autant plus quand cela reste exceptionnel

    Au départ, je ne voulais pas retourner en Thaïlande. J’ai aimé le premier voyage avec Lui à Phuket, adoré nos vacances avec Lobo et Moumoune à Cha-Am et détesté la troisième visite à Hua-Hin, où la grippe aviaire contractée à Hong-Kong ne m’avait pas aidée à apprécier cette station balnéaire à sa juste valeur. La quatrième fois à Koh Samui m’a réconciliée avec le Pays du Sourire et m’a permis de me libérer de certains principes absurdes érigés en dogmes par les Maîtres des prêts-à-porter de la pensée (Dominique Loreau, Bea Johnson, Inès de la Fressange, Colin Beavan, Kimberly Snyder, Nina Garcia, etc.) que je m’étais appropriés et que je suivais – plus ou moins à la lettre car je ne suis pas parfaite – sans arriver à m’en détacher :

    • Boire du Coca-Cola, c’est mal
    • Utiliser des pailles en plastique, c’est mal
    • Posséder plus d’un seul sac à main et deux paires de jeans, c’est mal
    • Avoir deux parapluies, c’est mal
    • Manger des Snickers, c’est mal
    • Respirer, c’est mal
    • Etc., c’est mal

    Attention, je ne dis pas que tous ces auteurs écrivent des inepties, n’est-ce pas ? Certains conseils sont bons à prendre mais pas tous, surtout quand ils ne sont pas adaptés à notre façon de voir les choses.

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    Cette assiette que May m’avait préparée pour mon déjeuner alors que j’avais décidé de rester seule à la Villa est symbolique : J’étais en train de verser quelques larmes en lisant les articles sur l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo tout en mangeant (c’est mal ;o)) quand May, inquiète, est venue me demander si elle avait mis trop de piment ;o) Les attentats à Paris m’ont soudain paru très lointains devant tant de bienveillance !

    Je dois à la gentillesse de May et du personnel thaïlandais, toujours souriants, prévenants et attentionnés avec nous, ainsi qu’à la beauté lumineuse de la Villa, d’avoir compris que j’étais parfaitement à ma place là où j’étais, qu’il s’agissait moins de « faire » des efforts pour m’améliorer selon la sacro-sainte devise : « Refuse, Reduce, Reuse, Recycle, Rot and only in that order » (Chef, oui, Chef !) de Madame Béa que d’ « être » tout simplement, que je préférais ressentir des émotions plutôt que d’avoir des objectifs ou des chiffres à atteindre, qu’il était en mon pouvoir de décider du monde dans lequel je souhaitais vivre et qu’il m’appartenait de le créer selon mes aspirations.

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    Et croyez-moi que j’étais très satisfaite du monde tel que je le voyais à la Nirvana Villa et que je n’aurais pas voulu l’échanger contre l’intérieur froid et aseptisé de Madame Béa plus proche d’une clinique que d’une maison !

    Chaque jour, ce n’était que luxe, calme et volupté :

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    De solides brunches le matin composés de toasts chauds beurrés, de fruits frais, de saucisses et de bacon grillés, de légumes savamment découpés, de pancakes à la banane (Aaaah, les pancakes de May, miam !) et de congee, la soupe de riz dont je raffole et que May préparait spécialement pour moi à ma demande. Cette femme est fantastique ! Je me rappellerais toujours comme elle m’a serrée avec tendresse dans ses bras au moment des adieux en nous disant que nous étions comme de la famille pour elle et pour le personnel.

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    Des massages, des soins esthétiques, des baignades dans le jacuzzi ou dans la piscine à débordement donnant sur une vue imprenable, de la lecture, du farniente au soleil sur les transats et sur les « sunbeds », des jus de fruits frais précédant le déjeuner que l’on sautait le plus souvent pour grignoter des club-sandwiches ou des brochettes de poulet satay en buvant des cocktails et des bières locales dans l’après-midi, quand on ne partait pas se balader.

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    De délicieux dîners très élaborés comprenant entrée, plats de résistance et dessert que nous prenions en contemplant le vol des chauve-souris géantes qui zébraient le ciel de leurs ailes de Batman (ou est-ce l’inverse ? ;o)) au son des tokay des geckos et des sifflements des lézards.

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    Quelques pas de danse la nuit avec Lui au bord de la piscine sur les super compilations d’albums remixés par DJ Igor B, des parties de billard, des films dans la salle de cinéma vautrés avec les amis sur les matelas des canapés qui rappelaient le monde de l’enfance, tellement nous étions petits dans cet espace immense.

    La Nirvana Villa m’a ouvert les yeux sur qui j’étais, sur ce que je souhaitais devenir et sur ce qui était vraiment important pour moi. J’ai découvert que je voulais une vie riche remplie de joie, de beauté et de non essentiel et que j’avais déjà tout ce qu’il faut pour me construire et m’épanouir au plus près de mes valeurs et de mes envies.

    Nirvana Villa / Au sommet de la colline près de la Snake Farm / Koh Samui / Thaïlande

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    Minimalist Architecture by (c) Christopher Domakis

    Le fait d’avoir sciemment raté mon Carême 2015 a été non seulement libérateur mais également révélateur pour moi. Le fait de débuter l’année dans la sublime Nirvana Villa à Koh Samui en Thaïlande aussi. D’ailleurs, il faut que je vous en parle très vite.

    Cela a commencé par plein de prises de conscience : la beauté des chambres de la Villa richement décorées, pleines de vie et de couleurs ; les délicieux cocktails que May nous préparaient et que je sirotais en pensant à Madame Béa qui aurait exigé qu’elle retire sur le champ la paille en plastique et l’ombrelle en papier ; l’éloignement géographique et médiatique des attentats de Charlie Hebdo qui n’avaient pas plus de répercussion en Thaïlande que leur crise politique chez nous.

    Le concept de Zero Waste Home est super mais il faut mettre les choses en perspective quand on sait que : « L’envoi d’un simple e-mail assorti d’une petite pièce jointe consomme autant d’énergie qu’une ampoule économique de forte puissance allumée pendant une heure, soit environ 24 watts/heure. Or, des e-mails, il s’en échange 50 milliards chaque heure à travers le monde. Ce qui signifie que, chaque heure, le simple trafic de courrier électronique, qui semble pourtant être le mode de communication le plus écologique qui soit, consomme l’équivalent de la production de 15 centrales nucléaires, ou de 400 allers-retours Paris-New York en avion ! Quant à Google, son utilisation équivaut en permanence à la consommation d’une ville de la taille de Bordeaux » (texte tiré d’un article consacré à une émission de France 5 sur la réalité d’Internet). Et je ne parle pas de l’envoi des textos ni de la maintenance des blogs comme le mien qui réclame une quantité astronomique de serveurs qui tournent 24h/24 et 7j/7 pour que Madame Béa, vous et moi puissions y avoir accès afin de parler de minimalisme, de simplicité et d’environnement…

    J’ai repensé au mouvement minimaliste, qui pour certains consiste à vivre avec 2 slips et 1 paire de chaussettes ou à compter les objets en se promettant de ne pas dépasser le chiffre fatidique de 33, de 99 ou de 100. Je caricature mais je compte aussi mes affaires ;o) et je suis toujours grosso modo les préceptes de Dominique Loreau.

    Minimalism is not defined by what is not there but the rightness of what is and the richness with which it is experienced – John Pawson

    Bien entendu, ne pas surconsommer et se débarrasser du superflu est une bonne chose mais je pense qu’il est fondamental d’apprécier la vie telle qu’elle est sans se prendre la tête ni s’encombrer de cette fichue culpabilité judéo-chrétienne qui imprègne notre culture occidentale qu’on le veuille ou non. On va tous mourir au bout du compte, alors pourquoi se figer dans un mode de fonctionnement impossible à tenir (que se passera-t-il le jour où Madame Béa achètera un beau tube de rouge à lèvres, ce que je lui souhaite, ou un sachet de chips ?), pourquoi suivre aveuglément des tendances de pays riches – le minimalisme en est une et s’est même transformé en business – qui ne savent bientôt plus quoi inventer pour compliquer le quotidien ? Quelle est la finalité d’avoir une garde-robe parfaite, une maison parfaite, une alimentation parfaite, une peau parfaite, une silhouette parfaite ? Quelles peurs se cachent derrière ce besoin de tout contrôler ?

    J’ai toujours été minimaliste. Quand je suis partie de chez mes parents, j’ai vécu 6 mois avec un matelas par terre et une ampoule au plafond avant que maman, effrayée, décide avec papa de m’envoyer de l’argent pour me meubler alors que je n’en avais pas besoin. Je me suis aussi incrustée dans la vie de Lui (au sens propre, car j’avais résilié mon appartement et qu’il n’a pas vraiment eu le choix ;o)) en débarquant chez lui avec Kimchi le chat et deux valises sous les bras en tout et pour tout.

    Cependant, contrairement à celles et à ceux qui réfléchissent au contenu de leur armoire à grand renfort de schémas et de fichiers Excel, je préfère une approche plus spontanée où la notion de plaisir est présente. Le minimalisme n’est en effet pour moi qu’un moyen de faire de l’ordre dans ma vie et non un credo.

    Il faut savoir, parfois, dépasser ses propres limites pour retrouver une certaine légèreté, poser un regard bienveillant sur le monde, faire de la place à ce qui est important pour soi, quitte à déplaire, commettre des erreurs et s’autoriser quelques folies. Résolument.

    Sinon, ça ne reste que du vide.

  • La télévision, souvent décriée, à tort à mon avis, étant donné que rien ne nous oblige à la regarder, a ceci de bien qu’elle permet de connaître des personnalités ou des adresses que l’on n’aurait pas connues autrement. Grâce à Fred Chesneau, alias le Globe-Cooker, j’ai goûté aux meilleurs raviolis du monde chez Din Tai Fung à Kuala Lumpur et si j’ai réservé une table chez Pierre Sang in Oberkampf en mars et au Thoumieux du Chef Jean-François Piège en juin, c’est à M6 et à son émission Top Chef que je le dois.

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    Il n’y a évidemment pas de Tour Eiffel ni de bateaux mouches à Oberkampf mais Paris ne serait pas Paris sans la vieille Dame de Fer

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    En 2011, Pierre Sang Boyer avait retenu toute mon attention et celle de mes parents suisses en tant que « modèle d’exportation », comme j’aime à le dire pour expliquer que nous avons été adoptés ;o) A part nos origines coréennes et la langue française que nous avons en commun, la comparaison s’arrête là car si je sais préparer des soupes et des salades ainsi que quelques plats asiatiques dont les « Prawns Vanilla Sauce », le plat signature du Chef Alain Nguyen de l’hôtel Anantara à Mui-Ne au Vietnam (ça a l’air pointu comme ça mais il n’y a aucun mystère, j’ai suivi un cours de cuisine avec lui), cela représente bien peu de choses par rapport à notre star des fourneaux.

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    Oberkampf, c’est plutôt comme ça mais ça ne parle pas à grand monde en Suisse…

    J’ai profité d’une mission professionnelle à Paris pour déjeuner chez Pierre Sang où j’ai été accueillie chaleureusement par une équipe efficace et très sympathique. A ce propos, je ne sais pas si je faisais pitié avec mon air de « touriste japonaise esseulée sans son groupe » ;o) mais je tiens à souligner que les Parisiens que j’ai rencontrés tout au long du weekend ont été charmants avec moi, ce qui ne correspond pas tout à fait à l’image que l’on se fait, à tort ou à raison, en Helvétie.

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    Le comptoir de Pierre Sang in Oberkampf

    A peine arrivée, on m’a proposé de m’installer au bar pour regarder les Chefs à l’œuvre ou dans une salle plus classique au sous-sol. J’ai choisi le comptoir, même si Pierre Sang était absent, ayant préféré passer son dimanche en famille ce qui est compréhensible. Il va de soi que je n’étais pas venue que pour lui mais aussi pour sa cuisine et j’ai eu le plaisir de faire la connaissance du Chef coréen Lee/Yi/I/Rhi (? Le Chef m’a écrit son nom en Hangeul, alphabet coréen, qui peut être retranscrit de différentes manières) No-Son qui le remplaçait avantageusement.

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    Chef Lee No-Son en plein travail. Je n’ai malheureusement pas retenu le nom de la deuxième Cheffe coréenne :o(

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    Il n’y a aucune carte chez Pierre Sang, on choisit un menu de 2 à 6 plats, on indique ses allergies ou ses aversions alimentaires et on s’abandonne aux bons vouloirs du Chef. Une formule efficace et astucieuse qui permet sans doute de valoriser les produits frais du jour.

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    Dans l’ensemble, je dirais que la cuisine du Chef Sang est plus française que coréenne. La panière, le beurre, les services et le dressage esthétique des assiettes sont là pour rappeler qu’on est à Paris et non dans un « sikdang » (= restaurant en coréen) à Séoul. Par ailleurs, les saveurs d’une très grande subtilité, parfois excessive quand il manque juste un peu d’assaisonnement, tempèrent les ardeurs contrastées de la cuisine coréenne. Ce qu’il faut retenir cependant, c’est l’extrême fraîcheur des ingrédients utilisés. On a affaire ici à des assiettes élégantes et sophistiquées qui tranchent avec le côté « roots » des ardoises, des verres à eau de cantine et des serviettes en papier.

    J’ai opté pour la formule freestyle à 5 plats à 35 EUR, un prix imbattable du point de vue rapport qualité-prix en Suisse, où l’on vous facture même l’eau du robinet !

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    AMUSE-BOUCHE. Crabe à l’estragon, chou rouge, salicorne et jus de griotte. Comme il n’y a pas de carte, j’ai noté à l’arrache ce que le Chef Lee me décrivait (en anglais) chaque fois que je finissais mon assiette. Une association terre-mer intéressante combinant le goût affirmé du chou rouge croquant à la finesse de la chair de crabe fondante.

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    ENTREE. Saint-Jacques rôtie, saladine, raisins secs, pesto, sauce au sésame et sauce aux anchois. La noix de Saint-Jacques était nacrée à la perfection et j’ai apprécié les raisins secs de la garniture même si je n’en suis pas très fan en temps normal. J’ai été impressionnée par la rapidité d’exécution du Chef Lee. Un aller-retour dans la poêle et on envoie !

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    PLAT PRINCIPAL. Filet mignon de porc, purée de pommes de terre, maïs, raisin frais, petits pois, poireaux, jus de viande corsé, ssamjang. Ce plat est celui qui m’a le plus enthousiasmée ! La première bouchée de viande m’a expédiée directement en Corée avec son goût de sauce soja et d’huile de sésame si caractéristique. Il faut être un vrai équilibriste pour marier sur le fil du rasoir de la purée de pomme de terre à la pâte de piment coréenne, du filet mignon d’inspiration asiatique à un jus de viande bien bourgeois.

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    FROMAGE. Cantal, confit de yuzu, pamplemousse et miel. Pourquoi en faire des tonnes quand on a un excellent fromage ? Je suis pour ce parti pris carré et radical qui va à l’essentiel.

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    DESSERT. Dés d’ananas, éclats de sablé breton, glace au yuzu pamplemousse, noisettes caramélisées, jus de griotte. J’ai souri en dégustant mon dessert car j’avais l’impression d’entendre tout ce que le Jury de Top Chef exige des candidats quand ils notent les plats, à savoir du « croquant, du fondant, de la texture, de la couleur, de l’acidité pour apporter du peps, etc. » Contrat largement rempli donc ;o)

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    Sur les étagères, des bouteilles d’alcool européen et de bokbunja ju, un vin coréen traditionnel fabriqué à base de framboises noires. Les toilettes (= hwajangsil) sont écrites en Hangeul ;o)

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    J’ai été emballée par le restaurant du Chef Pierre Sang où je me suis sentie comme à la maison quand on invite du monde et qu’on discute à la cuisine autour d’une casserole sur le feu. Loin du comportement dédaigneux des serveurs qui jettent littéralement les assiettes à la figure des clients dans certains établissements pour touristes de la capitale française, le personnel est aux petits soins et prend le temps de discuter dans une atmosphère conviviale.

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    Le boulevard périphérique vers la Porte d’Orléans. A bientôt, Paris !

    Je ne sais plus qui a dit que « la cuisine, c’est de faire plaisir aux gens » (Xavier Koenig, vainqueur de Top Chef 2015 ? ;o)) mais en sortant de Pierre Sang in Oberkampf, j’avais la chanson « Sous le ciel de Paris » d’Edith Piaf qui tournait en boucle dans ma tête. Et c’était bien. Merci Chef !

    Pierre Sang in Oberkampf / 55 Rue Oberkampf / 75011 Paris / France